Derniers articles

La banalité du mâle

Louis Althusser a tué sa conjointe, Hélène Rytmann-Legotien, qui voulait le quitter (Première partie)
par Francis Dupuis-Déri
18 octobre 2017

La lamentable Une offerte la semaine passée par Les Inrockuptibles à Bertrand Cantat n’a rien d’une anomalie : elle s’inscrit au contraire dans une longue tradition française de complaisance face à la violence sexiste, jusque dans ses formes les plus extrêmes, en particulier quand elle est le fait d’un « grand artiste » ou d’un « grand penseur ». Une longue tradition d’occultation, de dénégation, de relativisation et d’hyper-euphémisation notamment du viol ou du meurtre, dont a déjà pu bénéficier un autre « (...)

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  • Chapeau !

    Remarques sur un discours de Nicolas Sarkozy

    par Laurent Lévy 15 janvier 2007

    Quand Ségolène Royal s’adresse à ses troupes, et - via la télévision, toujours présente - à l’ensemble des Français , rien de tel pour se donner une image féministe que de compatir, trémolos dans la voix, avec les « femmes mutilées, femmes excisées, femmes violées, femmes écrasées », sans oublier, en tête de liste, les « femmes voilées » . Quand Nicolas Sarkozy s’adresse à ses propres troupes, rien de tel pour resserrer les rangs que d’en appeler à la restauration de l’Autorité avec un grand A, laquelle se (...)

  • « À mes chers parents gaulois... »

    La France vue du Sénégal... par un Sénégalais

    par Fadel Dia 11 janvier 2007

    C’est une vérité connue, mais que nous avons souvent tendance à oublier : les rapports du pouvoir s’expriment sur le plan linguistique autant que sur le plan politique, économique ou social. Le dominant est, entre autres choses, celui qui a la parole, tandis que le dominé doit sans cesse la conquérir. Quand le second doit se battre non seulement pour avoir la parole mais aussi et surtout pour être écouté (c’est-à-dire pris au sérieux) et entendu (c’est-à-dire au moins compris, à défaut d’être approuvé), (...)

  • Je veux parler ici de ces maladies qui affectent l’esprit passionné, qui se répandent dans les mots en les chargeant de connotations, marquant parfois durablement les esprits et ruinant toutes possibilités d’expression rationnelle. Dans certains cas, des gens bien informés mais manifestement malintentionnés infusent volontairement leur poison en vue d’aliéner leurs semblables ou de s’assurer des revenus confortables. « La France a décidé... » ; « Le Pouvoir pense... » ; « L’Amérique a intérêt... » ; (...)

  • Le cambouis sous les ongles

    Le Nouvel Observateur et la classe ouvrière

    par Le Plan B 18 décembre 2006

    Attaquant Laurent Fabius, en campagne pour l’investiture socialiste, le magazine alors dirigé par Laurent Joffrin explique : « Cramponné au projet socialiste comme un syndicaliste au Code du Travail, le député de Seine-Maritime a déroulé sans surprise son argumentaire. Pouvoir d’achat, nationalisations, services publics... Ça sent la fédé ouvrière et le cambouis sous les ongles. » [1] Le journaliste voulait écrire : « les ouvriers qui puent », mais Joffrin lui a rappelé qu’il travaillait dans un (...)

  • Guet-apens médiatique

    À propos des « agressions contre les forces de l’ordre, à l’automne »

    par Sylvie Tissot 10 décembre 2006

    La loi, dite de « prévention de la délinquance », qui vient d’être votée en première lecture à l’Assemblée nationale, prévoit la création d’une nouvelle infraction : le « guet-apens » ou « embuscade » contre les forces de l’ordre. Il s’agirait, selon Le Monde du 6 décembre 2006, d’« une mesure réclamée par le ministre de l’intérieur [Nicolas Sarkozy] après plusieurs agressions contre les forces de l’ordre, à l’automne ». Ce n’est qu’un petit bout de phrase, dans un article qui certes n’oublie pas d’évoquer les (...)

  • À propos de « l’Affaire Bruguière »

    Communiqué

    par Survie 30 novembre 2006

    Nous publions ci dessous un comuniqué de l’association Survie, commentant le récent rapport Bruguière, son traitement médiatique et ses conséquences diplomatiques et politiques. Le coeur du litige est l’attentat de 1994 ayant coûté la vie du président rwandais Habyarimana, et servi de prétexte au déclenchement du génocide anti-tutsi. L’association Survie revient sur cet épisode et dénonce son traitement actuel : faux scoops, enquête unilatérale, et surtout contre-feu médiatique occultant, derrière la (...)

  • Billy Wilder et la domination masculine

    Une interprétation du film Ariane (Love in the afternoon), de Billy Wilder, 1957

    par Faysal Riad 27 novembre 2006

    Gangsters, flics, agents secrets, cow-boys, shérifs... nombreuses sont les figures viriles mises en scène et valorisées par le cinéma en général et les films américains en particulier. Beaucoup de grands classiques réalisés par Ford, Walsh ou Wyler, de gros succès commerciaux dans les genres westerns, aventure et autres ont participé à l’élaboration de ce que l’on pourrait considérer comme une figure archétypale structurant l’art cinématographique en général : le héros masculin dominant. Toujours blanc, (...)

  • La faute à Voltaire ?

    Quelques conclusions sur le racisme et la liberté d’expression, à l’issue de « l’affaire des caricatures » et de « l’affaire Redeker »

    par Pierre Tevanian 23 novembre 2006

    Après l’affaire des « caricatures » de Mahomet, l’affaire Redeker est venue reposer la question des rapports entre critique de la religion, racisme et liberté d’expression. J’ai expliqué dans un premier texte (« Dix remarques sur un “collègue” ») ce qui permettait de distinguer le registre de la critique antireligieuse, auquel Robert Redeker est rattaché par ses défenseurs, du registre raciste, auquel se rattachent en réalité ses prises de position. Ceci étant posé, j’aimerais aller plus loin et souligner (...)

  • La « blanche fureur » de Pierre Péan

    À propos du livre de Pierre Péan : Noirs fureurs, blancs menteurs

    Le titre du livre consacré par Pierre Péan au génocide rwandais est à lui seul tout un programme : « Noirs fureurs blancs menteurs ». En quatre mots, ce sont des siècles de vulgate raciste qui sont convoqués au service des thèses révisionnistes de son auteur : un génocide ne saurait être, lorsqu’il se produit en Afrique noire, le résultat de processus sociaux, idéologiques et politiques commandés par un État tout-puissant, armé et soutenu notamment par la France. Il s’explique plutôt par la congénitale « (...)

  • Comme présenté dans l’interview de Jean-François Planchet, Tariq est un être rejeté car inadapté au système Institution Scolaire. Ce livre, édité aux éditions à même le monde reçoit un accueil ému. Bien au-delà du cadre de l’enfance ou de celui de l’institution visée par cet ouvrage. Si l’histoire de Tariq le chameau peut être lue selon une multitude d’angles, celui de l’inadaptation intellectuelle au monde de l’entreprise, ou d’une institution en tant que système, mérite qu’on s’y arrête. Dans l’interview, (...)

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