Accueil du site > Des mots importants > Laïcité > Contre l’exclusion des élèves voilées. Éléments pour un argumentaire. > Argument 3 : l’exemple iranien

Argument 3 : l’exemple iranien

par Collectif Les mots sont importants
2 octobre 2003

3. " En Iran, les femmes ont porté le voile comme signe de protestation contre le régime du Shah, et elles ont voté oui au projet de constitution islamique de Khomeiny ; aujourd’hui, elles regrettent ce manque de vigilance sur le danger islamiste, et elles nous appellent à ne pas commettre la même erreur "

Réponse :

Cet appel doit effectivement nous interpeller : effectivement, il ne faut jamais sous-estimer le danger qu’il y a à soutenir, voire à s’identifier à des idées, des symboles ou des forces politiques " intégristes ", sous prétexte d’union contre un adversaire commun. Mais l’enjeu est totalement différent dans la France de 2003 : aucun islamisme, qu’il soit modéré ou radical, fondamentaliste ou réformiste, n’est actuellement en train de prétendre au pouvoir d’état ; il n’est donc pas question d’apporter son soutien à ces groupes, à leurs idées ni même aux symboles qu’ils peuvent mettre en avant (comme le foulard), non seulement parce que telle n’est pas la position des signataires de l’appel (une des premières phrases de cet appel est " nous ne sommes pas des " partisans du voile "), mais aussi, plus simplement, parce que la question ne se pose de toute façon pas : nous ne sommes pas du tout dans cette configuration historique où un groupe islamique ou islamiste pourrait nous sommer de nous prononcer sur son programme. Il n’est donc pas question, il n’en a jamais été question, ni dans la pétition, ni ailleurs, d’inviter les femmes à porter le foulard en signe de protestation contre telle ou telle injustice (par exemple celle qui est faite aux personnes issues de l’immigration post-coloniale), ni de voter un quelconque commencement de loi qui islamiserait la constitution française. Il s’agit simplement de dire : non au vote d’une nouvelle loi qui exclurait certaines jeunes filles du droit à l’éducation. L’exemple iranien n’a donc rien à voir avec notre situation, et il ne nous est d’aucun secours pour la penser.