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De Chevènement à Sarkozy (Cinquième partie : 2003-2004)

Généalogie du consensus sécuritaire


3 septembre 2004

La chronologie ci-dessous, qui est loin d’être exhaustive, se veut un outil de travail et une machine de guerre contre l’amnésie collective qu’entretiennent les grands médias quant à la genèse du consensus sécuritaire que nous vivons aujourd’hui. Comme le rappelle l’introduction qui figure dans cette rubrique, ce n’est pas une "demande de sécurité" émanant spontanément de la "France d’en bas" qui a amené les grands médias et la classe politique à se préoccuper des "violences urbaines" et à mener des politiques sécuritaires. C’est au contraire une décision politique qui a précèdé la "demande" populaire, et qui l’a produite.

Quatrième partie : 2002

Janvier 2003. Parution et médiatisation du livre de Mara Goyet, Collèges de France.

Ce livre bénéficie d’une très importante couverture médiatique, qui débute par une pleine page de "bonnes feuilles" dans Le Monde le jour même de sa sortie. Il s’élève rapidement au premier rang des best-sellers.

L’auteure, ancienne élève d’un prestigieux lycée parisien, y relate les trois années qu’elle vient de passer comme professeure de lettres dans un établissement de Seine Saint Denis. De manière étonnemment candide, elle y décrit ses élèves comme des bêtes curieuses et exotiques, en manifestant, sans aucune précaution, un profond ethnocentrisme de classe, qui confine souvent au pur et simple mépris. Elle écrit notamment ceci :

"Les élèves de sixième n’ont pas d’accent. Pardon, les élèves de sixième ont un accent parisien. Cela ne dure pas. En trois quatre mois, ils prennent l’accent du "neuf-trois"... Leur vocabulaire et leur intonation n’ont rien de véritablement inventif ni de désopilant. Osons dire qu’aplatir tous les mots, et sembler prêt d’exploser d’agressivité dès qu’on ouvre la bouche, n’est digne de personne. Il faudrait aussi se demander si l’on peut avoir des pensées profondes et subtiles avec vingt mots de vocabulaire."  [1]

Sur ce livre, cf. la critique de Stéphane Beaud : "Une prof d’en haut dans un collège d’en bas", en ligne sur lmsi.net, dans la rubrique "Etudes de cas".

Janvier 2003. Forte médiatisation du livre collectif “ Les Territoires perdus de la République ”

Coordonné par Emmanuel Brenner, il rassemble des contributions d’enseignants qui dressent un tableau apocalyptique des "banlieues". Les "arabo-musulmans" apparaissent dans ce livre comme les sources principales des problèmes qui se posent dans les écoles des quartiers populaires.

À propos de ce livre, cf. A. Gresh, "Noblesse des principes et bassesse des pratiques" (en ligne sur ce site, www.lmsi.net, dans la rubrique Études de cas).

Janvier 2003 Jean Pierre Raffarin s’illustre dans un discours au cours d’un dîner du C.R.I.F. dans lequel il développe son inquiétude sur la “ montée des communautarismes ”.

RDe son côté, Roger Cukierman, président du C.R.I.F. dénonce l’existence d’une alliance antisémite “ rouge-brun-vert ” et accuse nommément Gilles Lemaire, secrétaire national des Verts, et Olivier Besancenot, porte parole de la L.C.R. Une première vague de déclarations et de débats médiatiques s’en suivent portant sur la montée de l’antisémitisme, sur le danger de l’intégrisme musulman et posant la problématique d’une similitude entre antisémitisme et antisionisme d’une part et entre antisémitisme et jeunes issus de la colonisation d’autre part.

Février 2003. Publication du livre de Daniel Vaillant, La sécurité. Priorité à gauche.

Dans ce livre préfacé par son ami Pierre Perret, l’ancien ministre de l’intérieur reprend à son compte l’ensemble du discours dominant sur "l’augmentation de la violence", la "perte" générale des "repères", la nécessité de réprimer plus durement et de transmettre les "valeurs" de la "République".

Les facteurs sociaux de la délinquance sont survolés, la délinquance patronale totalement occultée. La situation en Corse est à peine évoquée, alors que la petite délinquance de rue occupe les trois quarts du livre. Pas un mot non plus n’est consacré aux violences sexistes et conjugales.

Dans un bref paragraphe consacré aux "bavures policières", l’ancien ministre se prononce pour un renforcement de l’aide juridique aux policiers attaqués pour abus, afin de mieux les défendre face à des tribunaux qui donnent plutôt l’avantage aux voyous... Et il conclut qu’avant les droits de la défense, il y a celui des "honnêtes gens", que la Justice doit protéger prioritairement.

Daniel Vaillant dénonce également les professeurs qui s’habillent comme leurs élèves, parlent leur langue et se laissent tutoyer afin de se faire accepter... Il fait enfin l’éloge de la politique sécuritaire qu’il a menée au sein du gouvernement Jospin, en se vantant notamment d’avoir réduit le nombre de "zones de non-droit".

Février 2003. Les ministres de l’éducation nationale lancent un plan de lutte contre "le racisme et l’antisémitisme" en stigmatisant la jeunesse issue de l’immigration maghrébine.

Dans un entretien accordé au Figaro le 14 février 2003, Xavier Darcos dénonce "un communautarisme souvent lié à l’islamisme qui s’installe dans les établissements scolaires", et il ajoute que "le problème s’envenime avec la réapparition d’insultes racistes et antisémites". Il conclut qu’il faudrait "que le drapeau français flotte au-dessus de l’entrée de chaque école".

Quant à Luc Ferry, lors d’une réunion consacrée au racisme et à l’antisémitisme, il met en cause l’idéologie du "droit à la différence", qu’il qualifie de "calamité" (le 27 février 2003).

Février-mars 2003. Médiatisation de la Marche "Ni putes ni soumises", "pour l’égalité et contre les ghettos".

Cette marche, organisée par la "Maison des potes", une filiale de SOS Racisme, soulève le problème de la condition des femmes en banlieue, sans jamais relier ce problème à celui du sexisme dans l’ensemble de la société française. Le manifeste "Ni putes ni soumises", et les déclarations de son initiatrice Fadela Amara, rattachent au contraire la permanence du sexisme aux seuls "hommes de nos quartiers", à la "tradition" (et plus précisément à la religion musulmane) et (à nouveau) aux tenants du "droit à la différence" ...

Les organisateurs du mouvement sont par ailleurs très elliptiques sur la question de la discrimination raciste, et plus encore sur celle des violences policières. Malek Boutih, qui parraine le mouvement, déclare même que, dans le cadre de la lutte contre les "caïds", "on ne fait pas d’omelettes sans casser des œufs".

Enfin, le texte du manifeste revendique le droit pour les femmes de vivre leur "féminité", mais pas un mot n’est prononcé sur l’homosexualité et l’homophobie.

Chose inhabituelle pour un mouvement qui est loin d’être un mouvement de masse, la mobilisation bénéficie d’une très importante couverture médiatique, et reçoit le soutien de tous les principaux dirigeants socialistes, ainsi que celui de plusieurs ministres du gouvernement de droite.

Mars 2003. Retour des expulsions par "vol groupé" : à trois reprises en un mois, plusieurs dizaines de sans-papiers sont expulsés par charter, notamment vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Certains des expulsés sont des réfugiés tout juste arrivés, qui n’ont pas eu le temps de déposer une demande d’asile politique. Par ailleurs, la Côte d’Ivoire est alors en pleine guerre civile, ce qui n’empêche pas le ministre de l’Intérieur de faire "reconduire" des Ivoiriens à Abidjan.

Le ministre annonce que ces "vols groupés" seront désormais hebdomadaires, sans susciter la moindre protestation dans l’opposition parlementaire de gauche. Il reçoit même le soutien du socialiste Julien Dray, qui déclare que les expulsions par "vols groupés" sont " normales" et "naturelles".

Quelques semaines auparavant, un rapport publié par l’Anafé (association d’aide aux étrangers retenus aux frontières) dénonce les violences policières qui se multiplient dans les "zones d’attente" (injures, sévices, privation de nourriture ou de soins), attestées par des témoignages multiples (celui des militants associatifs, mais aussi celui des passagers, des employés des compagnies aériennes, des médecins, des services sociaux), et l’on a appris la mort de deux personnes, dans des circonstances suspectes, lors de leur expulsion : un Argentin et un Somalien. Ces événements ont lieu dans une indifférence quasi-générale de la classe politique.

7 mars 2003. Le quotidien Libération fait sa une sur la "violence scolaire".

À partir d’incidents épars, le quotidien présente, sur trois pleines pages, une image apocalyptique des établissements de banlieue. Les titres, sous-titres et intertitres évoquent des " élèves hors-contrôle", des "profs sous tension permanente" et une " violence " qui " s’installe dans la routine".

L’éditorialiste Jean-Michel Helvig parle de "territoires perdus" de "l’école républicaine" et d’élèves "paralysés par la loi des plus violents". Il conclut toutefois son éditorial par des considérations plus proprement "scolaires", en préconisant une solution que son journal s’était plutôt attaché à railler, sinon disqualifier, lorsque la gauche était aux Affaires : l’embauche de davantage de professeurs.

Une semaine plus tard, la "violence à l’école" est cette fois-ci à la une de L’express, qui souligne, en sous-titre, "le courage d’être prof".

11 mars 2003. Le ministre délégué à la famille, Christian Jacob, se déclare favorable à des amendes contre les parents des élèves absentéistes.

12 mars 2003. Le ministre de l’éducation nationale, Xavier Darcos, invoque la violence sexuelle pour remettre en cause publiquement le principe de la mixité garçons-filles à l’école.

Le ministre se fonde sur un chiffre annuel de "1400 actes graves de violences sexuelles", sans préciser ni la nature de ces actes graves, ni les chiffres des années précédentes, ni le chiffre global de 12,5 millions d’élèves. Sa remise en cause vient en fait à la suite d’une campagne d’opinion menée entre autres par des organisations catholiques, et relayée par la revue Le Monde de l’éducation, puis par le quotidien Le Monde.

Dans l’édition du 12 mars 2003 de ce quotidien, on peut lire que "depuis quelques mois, les comportements sexistes semblent se multiplier en milieu scolaire, comme en attestent des témoignages concordants d’infirmières, de travailleurs sociaux et d’enseignants".

L’idée que le sexisme est simplement plus visible, parce que les filles osent davantage se plaindre et que les médias attirent davantage l’attention des enseignants sur lui, n’apparaît à aucun moment dans l’article, pas même à titre d’hypothèse.

13 Mars 2003 : dans un lycée de Lyon, une lycéenne de 16 ans qui refuse d’enlever son “ bandana ” déclanche une grève suivie par 80 % des enseignants, fortemet médiatisée

Dans les semaines qui ont précédé, les médias se sont illustrés par la mise en premier plan de toute une série de thème ayant pour point commun apparent : l’islam. La tonalité générale des émissions est l’aspect problématique ( l’Islam pose problème en France) et fréquemment alarmiste : montée des actes antisémites et proposition par Luc Ferry d’un plan de lutte contre l’antisémitisme ; refus d’une supérette d’Evry de vendre de la viande non halal, polémique autour de la décision de Martine Aubry d’accepter des séances de piscines réservée aux seules femmes, débat sur l’exigence de certains jeunes de pouvoir porter des “ caleçons ” lors des séances de piscine par refus des slips de bain jugés trop moulant, etc.

Tous ces débats médiatiques se déroulent alors que les manifestations contre la guerre en Irak ou en soutien au peuple palestinien réunissent de plus en plus de jeunes issus de la colonisation. Le ton alarmiste des débats contribue à banaliser l’idée d’une présence massive des idées intégristes au sein des quartiers populaires et des jeunes issus de la colonisation.

21 mars 2003. À l’occasion de l’entrée en guerre des Etats-Unis contre l’Irak, le gouvernement français relance le plan "Vigipirate renforcé".

28 mars 2003. Le groupe de rap La Rumeur est appelé à comparaître devant la Justice pour "diffamation publique envers la police nationale".

Les propos jugés diffamatoires sont notamment ces phrases, extraites d’une brochure publiée par le groupe :

"Les rapports du ministère de l’intérieur ne feront jamais état des centaines de nos frères abattus par les forces de police sans qu’aucun des assassins n’ait été inquiété."

"La réalité est que vivre aujourd’hui dans nos quartiers, c’est avoir plus de chances de vivre des situations d’abandon économique, de fragilisation psychologique, d’humiliations policières régulières..."

1er avril 2003. La commission de déontologie publie un rapport accablant sur les "violences illégitimes" commises par la police.

Présidée par le magistrat Pierre Truche, la commission dénonce notamment les "conditions d’exercice de la police en région parisienne la nuit", le "manque d’encadrement des jeunes policiers" et le traitement de certains mineurs.

Avril 2003. Ouverture du premier centre fermé pour jeunes mineures délinquantes à Lusigny.

Le règlement intérieur de ce centre fixe comme objectif la " rectification " des jeunes filles enfermées, et il leur impose un test de grossesse et une mesure du tour de poitrine. Les détenues sont également incitées à " s’identifier " à des modèles " féminins " dans leur habillement et leurs activités. Il leur est enfin interdit de parler une langue étrangère et d’écouter de la musique individuellement. Plusieurs associations (parmi lesquelles le Syndicat de la Magistrature) se mobilisent pour la suppression de ces orientations rétrogrades.
Quelques mois plus tard, le directeur de ce centre sera mis en cause pour harcèlement sexuel sur les détenues.

Avril 2003. Le journal Libération rend public le Projet de loi Sarkozy sur l’immigration.

Le droit au mariage est remis en cause : il est prévu que ce droit soit conditionné par la régularité la possession d’un titre de séjour.

Il est également prévu de donner aux Préfets et aux procureurs la possibilité de suspendre un mariage lorsqu’existent des soupçons de "mariage de complaisance".

Le Projet de loi prévoit enfin de rallonger d’un an le délais qui sépare le mariage du plein droit à une carte de résident de dix ans ; et un nouveau délit apparaît : la "simulation" de mariage "en vue d’obtenir ou de faire obtenir un titre de séjour". Ce nouveau délit de solidarité serait passible de cinq ans d’emprisonnement.

L’accès à la carte de résident de dix ans est également remis en cause. Il ne devient possible qu’au bout de cinq ans (au lieu de trois), et des conditions supplémentaires sont introduites, notamment des "conditions d’intégration", laissées à l’appréciation de l’administration...

Le projet de loi prévoit également un quintuplement de la durée légale de "rétention administrative" : un étranger sans papiers peut déjà être détenu sans jugement pendant douze jours ; il est question de passer à soixante jours.

Quant à la double peine, elle est maintenue, quasiment telle quelle.

Mai-juin 2003 : tandis qu’un important mouvement de grève a lieu contre la réforme des retraites et la décentralisation du service public d’éducation, le gouvernement relance le " débat " sur l’interdiction du foulard islamique à l’école.

Le parti socialiste décide de s’emparer de la question du “ foulard ” : Jack Lang dépose une proposition de loi visant à interdire le port du “ foulard ” à l’école, et Laurent Fabius exige devant le congrès du P.S. à Dijon le 18 mai l’interdiction législative des “ signes religieux ostentatoires ” à l’école bien sur mais plus largement dans l’espace public. De nouveaux ces événements sont l’occasion de polémiques et de débats médiatiques ayant toujours le même implicite : l’école est menacé par la montée du “ communautarisme ” et de l’intégrisme musulman.

Juin 2003 : une télé-enquétrice “ voilée ” est licenciée puis réintégrée après décision de la cour d’appel le 17 juin ; une fonctionnaire refusant d’ôter son “ voile ” voit son recours rejeté ; enfin, le débat est relancé à propos des séances féminines de la piscine de Lille.

Ces exemples marginaux quantitativement sont à chaque fois l’objet d’une forte médiatisation et de reportages alarmants. Fin Juin Chirac annonce la mise en place de la commission Stasi avec de nouveau prises de paroles multiples et débats médiatiques.

Octobre 2003 : L’association “ Ni putes, ni Soumises ” organise son “ université des femmes des quartiers en présence de nombreuses personnalités politiques de la majorité et du parti socialiste.

Cette Université est un moment de consécration pour cette association qui voit ses propositions reprises par le gouvernement et une médiatisation exceptionnelle. Cette fois-ci l’implicite des discours et émissions est l’existence d’une régression machiste et violente dans les quartiers populaires et chez les jeunes hommes issus de la colonisation. Les explications avancées sont de types culturalistes et le champ du débat est limité aux “ quartiers ”.

18 octobre 2003 : Deux jeunes filles renvoyées pour “ port de voile ” d’un Lycée d’Aubervilliers depuis plusieurs semaines sont invitées à l’émission de Thierry Ardisson , “ Tout le monde en parle ”.

Cette simple présence déclenche une nouvelle série de positions “ fermes ” de défense de la laïcité, avec une surenchère grandissant chaque jour entre le parti socialiste et la majorité. Les débats télévisés et les reportages alarmistes se multiplient.

Octobre 2003-février 2004 : matraquage sans précédent sur le " péril islamiste " et son incarnation la plus diabolique : l’écolière portant un foulard sur la tête.

Selon une enquête de PLPL ;

- en 2003, les hebdomadaires Paris Match, Le Figaro magazine, Le Nouvel Observateur, L’Express, Le Point, Valeurs actuelles et Marianne ont consacré vingt six couvertures à ce thème

- Le Monde, Aujourd’hui, Le Figaro et Libération y ont consacré plus d’une centaine de unes

- au total, ce sont 1284 articles qui ont envahi les pages des trois principaux quotidiens (Le Monde, Libération, Le Figaro), soit une moyenne de deux articles par jour et par journal pendant six mois. En comparaison, le projet de "réforme" de la sécurité sociale n’est apparu que 478 fois dans les colonnes de ces trois quotidiens, soit presque trois fois moins.

Précisons également que mis à part Le Monde, dont le traitement journalistique a été équilibré, et qui a pris position dans ses éditoriaux contre la l’exclusion et contre la loi, toute la presse écrite et tous les grands médias audiovisuels ont produit une vision caricaturale et apocalyptique, en donnant la parole quasi-exclusivement aux plus radicaux des partisans de l’exclusion (les Ni putes ni soumises, soudainement converties à la nécessité d’une loi qu’elles rejettaient encore en octobre 2003 ; l’écrivain Chadortt Djavann, personnalité la plus invitée sur les plateaux de radio et de télévision pendant l’ automne 2003 ; Rachid Kaci...). Les élèves (les voilées et les autre) sont resté-e-s quasi absent-e-s des débats, jamais consulté-e-s, pas même sondés alors qu’ils étaient massivement opposés à l’exclusion et à l’interdiction (cf. "L’interdiction du voile ; qu’en pensent les élèves ?" ; en ligne sur ce site dans la rubrique "Des mots importants", sous-rubrique "Le débat et ses conditions"). Comme ont été quasi-absentes des grands médias toutes les forces laïques et féministes opposées à l’interdiction : la LDH, le MRAP, la FSU, la FCPE, etc.

(Sur la sélection des acteurs du "débat", cf. "Campus ou champ de bataille ?", en ligne sur ce site dans la rubrique "Des mots importants", sous-rubrique "Le débat et ses conditions").

Rappelons enfin qu’
une loi en est sortie, qui permet d’exclure des adolescentes au seul motif qu’elles ne sont pas prêtes à se découvrir la tête ...

Juillet 2004 : " Affaire du RER D ".

Sur la seule base du récit d’une jeune femme qui s’avèrera mensonger de bout en bout, toute la presse et toute la classe politique dénoncera une "agression antisémite" commise par des "jeunes arabes et noirs" dans un RER de banlieue.

Sur cette "bavure médiatique", sur les innombrables commentaires culturalistes, ethnicistes et racistes qu’elle a occasionnée, et sur l’absence quasi-totale de remise en question de la part des grands médias, cf. les analyses du site Acrimed, et la recension minutieuse effectuée par PLPL

Cf. aussi, sur lmsi, le manifeste "Marie n’est pas coupable".

À suivre, malheureusement...

P.-S.

Cette chronologie est composées d’extraits de :

- Pierre Tevanian, Le ministère de la peur. Réflexions sur le nouvel ordre sécuritaire, paru aux éditions L’esprit frappeur en novembre 2003.

- Saïd Bouamama, L’Affaire du voile islamique. La production d’un racisme respectable, paru aux éditions du Geai Bleu en mai 2004

Notes

[1] Il faudrait aussi se demander, manifestement, si l’on peut avoir un regard respectueux et une analyse pertinente au bout de trois ans d’enseignement en banlieue