Accueil du site > Études de cas > Le voile et ce qu’il dévoile > Va te faire voiler ! > Dialogue entre une voilée et une affreuse

Dialogue entre une voilée et une affreuse

Chroniques d’une voilée désabusée (18)

par La Voilée
13 août 2009

Au cours de l’année 2008, un blog aussi éphémère que mémorable a présenté pendant quelques mois les « chroniques d’une voilée désabusée », mêlant avec bonheur, intelligence, drôlerie et colère des anecdotes, analyses et coups de gueule autour d’un même sujet : le quotidien éprouvant pour les nerfs d’une étudiante de vingt ans qui a eu la mauvaise idée, « au pays de Voltaire », d’être musulmane et de couvrir ses cheveux d’un foulard… Interrompu en septembre 2008 et rapidement fermé, ce blog intitulé « Va te faire voiler ! » méritait une nouvelle vie. C’est chose faite, avec l’amical accord de l’auteure qui, retournant le stigmate, a choisi de se nommer, tout simplement, « la voilée ». Nous publierons donc, quotidiennement jusqu’à la fin de l’été, une large sélection de ce que nous estimons être, dans la France de 2009, des mots importants.

Chronique précédente

Vous avez aimé le Dialogue entre un prêtre et un moribond de Sade ? (alleeeez, même moi ça m’a fait rire). Vous allez adorer le Dialogue entre une voilée et une affreuse, sauf que c’est un dialogue 100% féminin (les femmes sont toujours plus virulentes que les hommes avec les voilées... mégères !) et c’est la religieuse qui prend le dessus à la fin (ouais, avec des vannes et pas des femmes...).

Tout commence ici.

Un jour, une affreuse madame sans- gêne vint importuner une jeune et délicieuse voilée (ben quoi ? C’est mon histoire !) qui vivait à Va-te-faire-voiler, une ville virtuelle située entre Bougnouls city et Barbupolis.

L’affreuse : Vous arrive-t-il d’aller vous promener dans la nature, à la mer ou à la campagne, pour sentir le vent dans vos cheveux ou sur votre peau, ou vivez-vous couverte en toute circonstances ?

La voilée désabusée, avec ingénuité et sympathie : connaissez-vous les Barbapapa ?

Altruiste comme Mère Teresa, avec qui elle partage cette passion qu’est le "voilage" ta3 la chevelure, la voilée désabusée donna à l’affreuse le lien internet qui lui permettrait, si elle le souhaitait, de découvrir l’excellent générique des Barbapapa : cliquer ici !

Puis, elle poursuivit.

La voilée désabusée d’un air désabusé (hihihi) : je vis dans un donjon... mon geôlier n’est pas un dragon, mais un barbu ! :s

L’affreuse dame nature, indulgente car ayant à faire à une écervelée : Je parlais de "plaisir", pas de dessins animés pour plaisants à regarder qu’ils puissent etre, ce n’est pas une promenade dans la nature. Je parlais du plaisir d’une ballade dans la nature. du plaisir de sentir le vent iodé dans les cheveux, sur la peau. Du plaisir de se baigner dans la mer, dans un lac ou une rivière, ce qui est en outre excellent pour la santé.

La voilée désabusée, avec innocence et tristesse : je vous l’ai dit, je vis dans un donjon... avec une pneumonie... je n’ai donc jamais vécu toutes ces belles choses que vous décrivez :s

Mais subitement, elle changea de ton :

La voilée désabusée : Question bête... réponse bête ! Sinon, j’ai une jardin, ça compte ? Et le vent sur une balançoire, ça compte aussi ?

L’insolente ! Depuis le début, elle se moquait de son interlocutrice. Cette attitude lui aurait valu à Mollahland coups de fouet (aïe ! aïe ! aïe !) et lapidation (ouille ! aïe ! aïe ! aïe ! ;p).

L’affreuse, indignée par l’effronterie d’une effrontée cachant son front : Ce n’est pas une question stupide et votre réponse mal aimable n’avait pas lieu d’etre. Il suffisait de dire que vous aviez un jardin et une escarpolette. Vos lecteurs ne lisent pas nécessairement dans le marc de café. Je suis tout à fait désolée que vous ayez une pneumonie (si tant est que ce soit vrai personne ne peut le deviner non plus) et vous souhaite en tel cas un bon rétablissement. Comme je suppose que vous n’avez pas passé toute votre vie avec une pneumonie et puisqu’apparamment vous sortez de votre tour d’ivoire pour aller en fac et en vacances (vous ne deviez pas avoir une pneumonie ), je me permets de vous reposer la meme question, parce qu’un jardin, c’est tout de meme un espace restreint qui limite la marche, on en a vite fait le tour et je suppose que vous n’avez tout de meme pas 2 hectares autour de votre donjon.

La voilée désabusée : Tant de sollicitude ! Vous êtes trop bonne. Mais Dieu merci je n’ai pas de pneumonie. Pour le jardin, nan ça va, avec mes nièces et neveux ont fait des batailles d’eau :) Sinon, pour la balançoire, c’est trop cool d’en faire, de s’envoler vers les cieux, burka au vent... parfois, j’ai envie de lâcher les cordes, parce que je crois que le tissu que je porte est une cape...

I Believe i can flyyyyyyyyy

I Believe i can touch the skyyyyyyy

Nanananananananananananaaaaaaaaaaaa…

Nananananananananananananaaaaaaaaaa !!!

Je veux déployer mon voile et m’envoler vers d’autres horizons, loin de cet horizon barbuvélique... vole petite voilée, vole, vole, vooooooooooole...

Mais la voilée désabusée perdit vite patience.

La voilée désabusée : Bon, trêve de plaisanteries, oust ! Je ne fais pas dans le social !

L’affreuse ne revint plus... Elle n’avait pas réussi à dévoiler les secrets de la voilée, ni à la convaincre de retirer sa bâche pour profiter des paysages qu’offre la nature. Une information de très grande importance lui avait échappée : la voilée désabusée est allergique au pollen et se drogue au virlix.

L’affreuse fut remplacée par d’autres affreux car comme le dit l’adage : un affreux de perdu... dix (encore plus tordus) de retrouvés !

The End

Chronique suivante

P.-S.

Ce texte est paru pour la première fois sur le blog « Va te faire voiler ! » le 16 mai 2008