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L’histoire aux historiens ?

Critique de la rhétorique « anti-mémorielle »

par Pierre Tevanian
20 octobre 2008

« Le passé c’est le passé ! », « Laissons l’histoire aux historiens ! »… Derrière ces remontrances, aussi tautologiques que contestables, pointe la même arrogance, la même surdité volontaire, les mêmes implicites et les mêmes effets politiques : un verrouillage du débat public sur l’héritage colonial et esclavagiste de l’Europe, qui permet de réaffirmer une hiérarchie des mémoires – et, par métonymie, une hiérarchie des races et des peuples.

Depuis le mois de janvier 2005, « la mémoire » et « l’histoire » occupent périodiquement le devant de la scène médiatique française. De l’« affaire Dieudonné » aux polémiques qui ont accompagné la sortie du film Indigènes et des livres La tyrannie de la pénitence, Pour en finir avec la repentance coloniale ou encore Fier d’être français [1], en passant par « l’affaire Pétré-Grenouilleau », la constitution du CRAN (Conseil représentatif des associations noires), le lancement des collectifs « Devoirs de Mémoire », l’hystérie médiatique et politique qui a accueilli l’ « Appel des Indigènes de la République » ou encore les manifestations antillaises contre une loi célébrant le « rôle positif » de la colonisation, c’est en grande partie autour du rapport entre passé, présent, mémoire, histoire et politique que s’est cristallisé le débat public.

Une nouvelle vulgate s’est à cette occasion installée, à grands renforts de déclarations politiques et de publications journalistiques ou livresques, à propos des rapports entre passé et présent, mémoire et histoire – et plus précisément à propos du passé colonial et esclavagiste de la France, et de ses effets sur les formes contemporaines du racisme et sur la condition des descendants d’esclaves ou de colonisés.

Ce discours dominant n’est pas ouvertement raciste, mais il assume en revanche une posture professorale ou paternelle, en « rappelant à l’ordre » les personnes et en « remettant les choses en place ». À la confusion « mortifère » entre passé et présent, il oppose cette vérité apparemment frappée au coin du bon sens : « Le passé, c’est le passé ! ». Et à l’impertinente confusion entre mémoire et histoire, il oppose un rappel à l’ordre tout aussi tautologique : « C’est aux historiens de dire l’histoire ! ».

« Le passé, c’est le passé » ! »

L’unité et la cohésion nationale sont sans cesse invoquées, face à une menace d’« éclatement » incarnée par la « guerre des mémoires » et la « concurrence des victimes » [2]. Mais ce qu’on prétend défendre, c’est aussi, plus fondamentalement, un rapport positif, sain et dynamique de la collectivité nationale à elle-même, au présent dans lequel elle vit et au futur qui reste à construire. Un rapport au temps qui « ne laisse pas les morts enterrer les vivants », qui ne s’enferme pas dans les « passions tristes », le ressassement et la commémoration mélancolique des « pages sombres » de notre histoire : celle des offenses subies par les uns et commises par d’autres. Ainsi parle Nicolas Sarkozy :

« À tous les peuples de la Méditerranée qui passent leur temps à ressasser le passé et les vieilles haines de jadis, je veux dire que le temps est venu de regarder vers l’avenir » [3].

Mais ainsi parle aussi Daniel Bensaïd, figure historique de la Ligue Communiste Révolutionnaire, lorsque, réagissant à l’ « Appel des Indigènes de la république », il souligne « l’impossibilité de vivre sans oubli » et met en garde « nos sociétés » contre une mort par « overdose mémorielle ».

Ce qui pose problème, c’est que ce discours d’inspiration nietzschéenne sur la nécessité de l’oubli des offenses subies et le caractère mortifère du « ressentiment » [4] ne vaut en général que pour le passé colonial et esclavagiste. Nul n’ose en France, nul ne songe même à appeler les Juifs (et à un degré moindre) les Arméniens [5] à l’oubli de ce qu’ont vécu leurs grands-parents ou leurs arrière-grands-parents. Nul ne leur reproche de s’enfermer dans le passé – du moins ceux qui le font sont-ils assez vite identifiés comme des extrémistes, des négationnistes voire des racistes. Une éloquence rare est même mobilisée dans leur cas pour rappeler – à juste titre – l’importance du passé, le caractère inoubliable des offenses subies, le caractère moralement coupable et politiquement irresponsable de l’oubli, et la nécessité impérieuse de la reconnaissance du tort commis pour que soient possibles le pardon et la réconciliation.

Lorsque, par exemple, Nicolas Sarkozy ordonne qu’on « laisse les historiens faire le travail de mémoire » qui s’impose sur le passé esclavagiste et colonial [6], les journalistes qui l’interrogent n’ont pas l’à-propos de lui demander s’il préconise la même retenue et le même silence des non-historiens en ce qui concerne la Shoah. Et lorsqu’il dénonce le fait de juger le passé « à l’aune des idées politiques d’aujourd’hui », les journalistes ne lui demandent pas non plus s’il préconise le même relativisme moral à l’égard de l’antisémitisme, s’il reproche par exemple aux associations communautaires juives et aux associations antiracistes de juger la politique anti-juive de Vichy « à l’aune des idées politiques d’aujourd’hui ».

Ce qui pose problème, ce n’est donc pas de critiquer l’hypothèse abstraite d’un « enfermement mémoriel », c’est plutôt l’inégalité de traitement des différentes « communautés » et de leurs différentes « mémoires ». C’est le fait que ce qui est nommé « enfermement mémoriel », « victimisation » ou « manie de la repentance », et à ce titre refusé aux descendants d’esclaves ou de colonisés, n’est rien d’autre que ce qui est désormais reconnu aux Juifs et à un degré bien moindre aux Arméniens de France, érigé même en « devoir de mémoire ».

Car si l’on fait preuve d’honnêteté, si l’on écoute et si l’on entend bien les « revendications mémorielles » qui émergent depuis plusieurs années, elles ne sont rien d’autre que cela : une reconnaissance officielle des faits, le déblocage de moyens pour la recherche historique, une place conséquente dans les manuels scolaires et les documentaires télévisés, une inscription matérielle – sous forme de monuments, de noms de rue ou de jours fériés – des événements, de leur réprobation par la « Nation française » et des « grands hommes » noirs, arabes ou asiatiques qui ont été les héros et martyrs de cette histoire.

Tout cela, qui est refusé aux descendants d’esclaves et de colonisés, est ce à quoi les Juifs et les Arméniens ont fini par avoir plus ou moins droit [7]. Sans parler des Français « ordinaires », ceux qui ne sont ni juifs, ni arméniens, ni noirs ni arabes, ni descendants d’« Indochinois », et qui croulent sous le poids d’un « patrimoine » glorifié et de « grands hommes » idéalisés, de Clovis et Jeanne d’Arc à de Gaulle, en passant par Voltaire, Danton, Napoléon ou Jules Ferry – même François Mitterrand a été célébré, dix ans à peine après sa mort.

Il y a là une violence symbolique inouïe : c’est toute une population qui se retrouve exclue en dehors de la « commune humanité », puisque désignée implicitement comme indigne de figurer dans l’Histoire avec un grand H, celle qui prétend retracer les bonheurs et les malheurs de l’Humanité. L’espèce humaine se définissant par son historicité, l’exclusion ou la relégation de l’histoire des Noirs, des Arabes ou des Asiatiques reproduit métaphoriquement l’exclusion (« ils ne sont pas humains, ils n’ont pas d’âme ») et la relégation (« ce sont des races humaines, mais des races inférieures ») qui ont servi dans le passé à justifier leur oppression. La dénégation des torts passés et l’injonction à l’oubli faite aux descendants de victimes constitue pour cette raison une violence symbolique qu’aucun bon républicain blanc n’accepterait pour lui-même.

« La culpabilité n’est pas héréditaire ! »

La séparation radicale entre le passé et le présent se décline aussi sous la forme d’un discours sur la non-hérédité des fautes : ni les Français blancs en général, ni même les descendants directs des esclavagistes, des colonisateurs ou des colons, ne sauraient être tenus responsables des fautes de leurs parents, grands-parents ou arrière grands parents. De Nicolas Sarkozy à Daniel Bensaïd là encore, en passant par Daniel Lefeuvre, Max Gallo et Pascal Bruckner, de nombreux acteurs, de toutes tendances politiques, ont adressé la même leçon aux Indigènes de la république – ou plus largement aux descendants d’esclaves ou de colonisés qui posaient la question de « l’héritage colonial » :

« Il n’y a pas plus de transmission du statut de victime qu’il n’y a de transmission du statut de bourreau. »

« [Selon les Indigènes], Il y aurait une sorte d’héritage héréditaire de l’oppression subie (et par contrecoup de la culpabilité des oppresseurs). Cette invocation du “nom du père” introduit une sorte de droit du sang dans le combat contre les discriminations et rejoint une quête à la mode des origines, qui tend à ethniciser ou confessionnaliser les conflits politiques. »

« De quel droit demandez vous aux fils de se repentir des fautes de leurs pères ? » [8]

Ainsi, par un retournement incroyable, et au fond assez odieux, le jeune noir ou arabe qui hérite, de par sa couleur de peau ou son patronyme, d’un stigmate qui sera pour lui synonyme d’humiliations et de discriminations, se retrouve mis sur le même plan que le dominant qui hérite, par le sang, d’un droit ou d’un privilège ; et c’est lui – le stigmatisé – qui, lorsqu’il s’élève contre la stigmatisation qu’il subit du fait de son origine ethnique, devient le responsable de l’ethnicisation !

Le sophisme est d’autant plus retors qu’il a l’apparence de l’évidence et de l’orthodoxie progressiste et antiraciste. Qui en effet irait contester que les enfants ne sont pas comptables des fautes de leurs parents ? N’est-ce pas précisément le propre du racisme que d’instaurer une responsabilité collective et héréditaire ? Pourtant, cet énoncé, bien qu’incontestable hors contexte (les enfants ne sont effectivement pas responsables de ce qu’ont fait les parents), perd toute pertinence lorsqu’on le rapporte à son contexte d’énonciation. D’abord parce que l’objection est hors de propos : aucun « activiste de la mémoire » ne pose la question en termes de culpabilité héréditaire, de honte ou d’excuses à présenter. Ce n’est pas la population dans sa globalité qui est visée mais avant tout l’État et les institutions, et ce n’est pas un sentiment de honte qui est demandé mais une reconnaissance, s’enracinant dans un regard lucide sur le passé et s’incarnant dans des actes – et notamment une autre politique éducative, permettant de mener à l’école un travail plus exhaustif, moins superficiel et moins complaisant sur l’esclavage, le système colonial, et les représentations qu’ils ont produites.

D’autre part, plus profondément et plus gravement, la caricature est un moyen de disqualifier, faire taire, et ainsi occulter la véritable question que posent les Indigènes de la République et quelques autres : non pas la question morale de l’hérédité individuelle du statut de victime ou de bourreau, mais la question sociale et politique de l’héritage colonial, de la transmission des représentations racistes et de la reproduction des mécanismes discriminatoires.

Car s’il est vrai que le couple bourreau / victime n’est pas héréditaire, en revanche, les relations dominants / dominés, notamment celles qui sont fondées sur l’inégalité des ressources économiques et celles qui sont fondées sur un stigmate raciste, se transmettent et se reproduisent bel et bien de manière héréditaire, sans grande déperdition : de même que les pauvres font des enfants qui naissent pauvres, et le restent pour la plupart, les Noirs font des enfants noirs et les Arabes des enfants arabes, qui à leur tour subissent en tant que tels le racisme – à moins de supposer que celui-ci ait miraculeusement disparu « avec le temps », comme essaient de nous le faire croire certains discours iréniques.

Le racisme subi par les enfants n’est certes pas nécessairement identique à celui qu’ont vécu les parents ou les grands-parents : il peut être un peu moins radical, brutal et généralisé, comme il peut s’être aggravé – tout dépend de l’évolution des rapports sociaux. Mais ces évolutions se dessinent sur un fond de permanence et de reproduction des inégalités. Et ce qui est certain, c’est que pour qu’il y ait baisse d’intensité du racisme, l’écoulement du temps n’a jamais suffi : il faut que des acquis aient été gagnés par des luttes [9]. Bref : il faut que des descendants d’esclaves ou de colonisés aient commencé par dire et faire entendre qu’ils subissent le racisme – au risque de se voir répondre que « le statut de victime n’est pas plus héréditaire que le statut de bourreau »… Le discours contre « l’hérédité du statut de victime et de bourreau » apparaît dès lors sous un jour peu reluisant : il a pour fonction, ou en tout cas pour effet objectif, d’intimider, de disqualifier, et d’empêcher toute conscientisation, énonciation et émancipation des personnes « racisées ».

Aux antipodes de cette attitude hautaine, il existe une alternative : la pleine reconnaissance de l’oppression passée et de ses conséquences présentes, et la volonté de changer les choses. Il y a donc bien une « responsabilité blanche » : non pas à l’égard du passé, qui ne dépend pas de nous, mais à l’égard du présent. Les Français blancs ne sauraient être tenus responsables de ce qu’ont fait leurs ancêtres ou leurs dirigeants dans le passé, mais ils sont responsables de ce qu’ils font ou laissent faire au présent : choisissent-ils d’admettre l’évidence d’une transmission des stéréotypes esclavagistes et coloniaux, de la permanence des pratiques discriminatoires, et de l’ordre social injuste qui en découle, ou bien préfèrent-ils faire comme si de rien n’était, remiser « la colonisation » au rayon des « épisodes passés » – et par là même abandonner à leur sort leurs contemporains noirs et arabes, en leur laissant implicitement l’entière responsabilité de leur situation de relégation ? De ce choix présent nous avons tous à répondre – et de son second terme il y a bel et bien lieu d’avoir honte et de se repentir…

« Laissez l’histoire aux historiens ! »

À cette violence de la séparation passé / présent (« le passé c’est le passé », « ne laissons pas le passé hanter notre présent ») vient s’ajouter une seconde violence : celle de l’opposition mémoire / histoire. Il n’y a certes rien de violent ou d’illégitime dans le fait de distinguer la mémoire et l’histoire, l’une étant par nature subjective et sélective là où l’autre vise l’objectivité et l’exhaustivité. Ce qui est violent à l’égard des « discriminés de la mémoire » (c’est-à-dire de ceux dont la mémoire est reléguée dans les bas-fonds de la « mémoire collective » officielle), c’est d’opposer de manière absolue l’histoire à la mémoire comme le bien au mal, et de dénier aux mémoires minoritaires – en l’occurrence arabes, afro-antillaises ou asiatiques – toute contribution à la production du savoir historique. Ce qui est violent, c’est la manière dont « les historiens » sont purement et simplement identifiés à « l’histoire », comme si tous les historiens de métier étaient toujours à la hauteur de l’idéal d’impartialité et d’objectivité sur lequel est fondée leur discipline, comme si le champ institué de la recherche et de l’enseignement de l’histoire n’était pas déterminé, dans ses choix d’objets d’étude, par une mémoire particulière : celle des dominants, et comme si des non-professionnels ou des non-diplômés ne pouvaient jamais faire preuve d’impartialité et de rigueur historique.

Ce qui est violent, c’est en d’autres termes la monopolisation du discours légitime sur le passé par une corporation. Une corporation qui est très majoritairement blanche et qui – faut-il y voir un lien ? – n’a jamais brillé par sa curiosité pour l’esclavage et la colonisation, du moins pour ces processus historiques tels qu’ils ont été vécus par les esclaves et les colonisés.

Cette monopolisation du discours légitime sur le passé est d’autant plus malvenue que le militantisme « mémoriel » des opprimés – qu’il s’agisse des Noirs, des Arabes, des Juifs, des Arméniens, des femmes, des homosexuels, des ouvriers – a toujours produit des effets de vérité et fait avancer la recherche historique, en posant à l’histoire académique des questions qu’elle avait omis de se poser, en ouvrant des champs d’investigation qui avaient été délaissés, en permettant un rééquilibrage des points de vue et un gain d’objectivité, parfois même en fournissant un véritable travail de recherche et d’archive  [10].

Au bout du compte, derrière cette double dichotomie explicite, passé / présent et mémoire / histoire, c’est une autre dichotomie, implicite, qui surdétermine tout le « débat » : la dichotomie bien connue entre eux et nous. Il y a « nous », Français « de souche », qui incarnons l’objectivité et donc « l’histoire », et il y a « eux », Noirs, Arabes, musulmans et autres descendants de colonisés, qui ne dépassent pas le stade de la « mémoire », avec tout ce que celle-ci a de subjectif et d’auto-centré, bref : d’insuffisant. Il y a « nous » qui avons un passé objectivement glorieux et des malheurs objectivement dignes d’être racontés, et « eux » dont la moindre revendication « mémorielle » ne peut apparaître que comme excessive, outrancière ou « pleurnicharde ». Une telle opposition entre « eux » et « nous », débouchant sur une inégalité de traitement, porte un nom : le racisme.

P.-S.

Cet article est paru en septembre 2008 dans L’agenda interculturel, Mensuel du Centre Bruxellois d’Action Interculturelle. Une version précédente du texte est parue dans La république du mépris. Les métamorphoses du racisme dans la France des années Sarkozy, Editions La Découverte, 2007. Pierre Tevanian vient de publier La mécanique raciste, aux Éditions Dilecta.

Notes

[1] Indigènes est un film de Rachid Bouchareb. Les trois livres sont respectivement signés Pascal Bruckner, Daniel Lefeuvre et Max Gallo.

[2] « Au bout du chemin de la repentance et de la détestation de soi, il y a, ne nous trompons pas, le communautarisme et la loi des tribus. » (Nicolas Sarkozy, Discours du 14 janvier 2007)

[3] Nicolas SARKOZY, Discours de Toulon, 7 février 2007

[4] Cf. Friedrich NIETZSCHE, Seconde considération intempestive. De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie, Garnier Flammarion, Paris, 1998 ; et Généalogie de la morale, II, « Culpabilité, mauvaise conscience et ressentiment », Garnier Flammarion, Paris, 2000. Cf. aussi Gilles DELEUZE, Nietzsche et la philosophie, P.U.F., Paris, 2005

[5] Même si, dans les faits, rien n’est fait pour permettre, visibilité, reconnaitre pleinement cette mémoire.

[6] Nicolas SARKOZY, France 3, 7 décembre 2005

[7] Il n’en a pas toujours été ainsi, loin s’en faut, aussi bien pour les Juifs que pour les Arméniens

[8] Pascal BRUCKNER, La tyrannie de la pénitence, Grasset, Paris, 2006 ; Daniel Bensaïd, Samy Joshua, Roselyne Vacchetta : « Quand la raison s’affole », Libération, 21 mars 2004 ; Nicolas Sarkozy, Discours de Toulon, 7 février 2007.

[9] Contre « le mythe du temps qui travaille pour nous », cf. Martin LUTHER-KING, « Lettre de la geôle de Birmingham », Autobiographie, Editions Bayard, Paris, 2000

[10] Cf. Colette GUILLAUMIN, « Les effets heuristiques de la “colère des opprimés” », Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de Nature, Indigo et Côté-Femmes, Paris, 1992