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La violence est-elle politique ?

Partie 3 : Why She Doesn’t Give a Fuck About Your Insurrection.

par Francis Dupuis-Déri
3 juillet 2018

Comme les réactions aux interventions des Black Blocs à la manifestation du 1er mai à Paris l’ont montré, la violence militante semble susciter – presqu’autant que la violence d’Etat, y compris dans les rangs militants – une réprobation généralisée. Cette réprobation va-t-elle de soi ? Dans la préface au livre de Peter Gelderloos récemment paru en français Comment la non violence protège l’Etat : Essai sur l’inefficacité des mouvements sociaux, Francis Dupuis-Deri (auteur du livre Les Black Blocs : quand la liberté et l’égalité se manifestent, éditions Lux) interroge cette évidence. Il revient sur les critiques d’autoritarisme, de virilisme et de sexisme qui sont adressées aux groupes comme les Black Blocs, et rappelle les apports d’une tradition nord-américaine bien différente des postures insurrectionalistes que l’on peut connaître en France. Loin de ce qui peut vite se résumer, justement, à des postures, l’auteur de la préface se réfère à des mouvements et des courants de pensée prônant le non dogmatisme et la reconnaissance de la diversité des tactiques.

Partie 2 : L’apport de Peter Gelderloos.

La traduction du livre de Peter Gelderloos en France offrira peut-être une occasion pour les réseaux militants d’Europe de découvrir d’autres réalités politiques et d’autres manières de conceptualiser et de pratiquer l’insurrectionnalisme, mais aussi l’anarchisme.

Ainsi, le Comité invisible, dont les écrits stimulent le courant insurrectionnaliste, a tendance à mépriser les assemblées et leurs procédures, se moquant même « du mythe de l’assemblée générale », pour mieux déclarer que « l’insurrection ne respecte aucun des formalismes, aucune des procédures démocratiques [1]]] ». À en croire le Comité, les procédures d’assemblée sont des formes disciplinaires qui tuent le conflit entre nous et empêchent l’expression de la parole vraie [2].

Aux yeux de Peter Gelderloos, un tel mépris représente assurément une grave erreur politique. Ce n’est pas parce que la violence politique peut être légitime face à nos ennemis que nous n’avons pas besoin de règles pour nous aider à discuter et à prendre nos décisions entre nous et pour nous, de la manière la plus égalitaire et solidaire possible. Se passer de procédures délibératives a pour effet de consolider les hiérarchies et les inégalités entre nous, avec comme d’habitude les hommes qui tendent à parler plus souvent, plus longtemps et plus fort que les femmes (il s’agit d’une tendance observable à peu près partout, même s’il y a des exceptions) [3]. Ce n’est alors pas tant la parole vraie qui s’impose que le machisme ordinaire.

Peter Gelderloos est à ce point convaincu de l’importance des procédures qu’il a signé en 2006 un livre intitulé Consensus, véritable manuel pour faciliter la prise de décision collective. Il y explique comment préparer un ordre du jour et l’amender, comment pratiquer le blocage responsable d’une décision (véto), l’importance de l’alternance des tours de parole (entre hommes et femmes, ou première et deuxième intervention, etc.), quelles tâches doivent être effectuées en assemblée pour rendre le processus plus égalitaire (l’animation, la gardienne du senti ou vibes watcher, la gardienne du temps, etc.), les langages des signes, les pauses de réflexion, etc. Il discute aussi des attitudes aidantes et des attitudes nuisibles à la prise de décision consensuelle. Là encore, sa démarche s’inspire d’une pratique concrète, d’une expérience militante dans les réseaux anarchistes nord-américains.

Ce qui ne veut pas dire que le conflit est nié dans la tradition anarchiste non américaine, souvent présentée de l’autre côté de l’Atlantique comme trop consensuelle. Aux États-Unis, ces réflexions s’inscrivent dans la logique anti-oppression et intersectionnelle qui porte une grande attention aux hiérarchies et aux rapports de domination entre camarades, en raison d’inégalités entre les classes, les sexes, les races, les âges, etc. [4] Il ne s’agit pas seulement d’une réflexion abstraite, mais de luttes réelles menées par des féministes, des queers et des « anarchistes de couleur », pour reprendre une expression ayant cours en Amérique du Nord.

À ce sujet, la lecture du pamphlet anonyme Why She Doesn’t Give a Fuck About Your Insurrection (Pourquoi elle se fout totalement de ton insurrection) est pour le moins instructive. Le texte commence en évoquant une discussion dans un bar à New York. On répond à une voyageuse qui s’informe de ce qui se passe en ville, que « [t]out le monde est obsédé par les livres français L’Appel et L’Insurrection qui vient. C’est énervant, parce que c’est comme s’ils avaient oublié tout le féminisme et l’antiracisme que nous leur avons fourrés dans le crâne depuis les cinq dernières années ou plus [5]. » Il est donc possible d’être insurrectionaliste et par ailleurs sexiste et raciste envers des camarades, une situation trop connue et qui peut nécessiter une forme de violence légitime, par exemple l’exclusion des hommes blancs pour constituer un espace autonome sécuritaire, ou safe space : « Peut-être devrions-nous considérer un “safe space” défendu avec violence comme aussi libérateur qu’une émeute – à tout le moins en ce qui concerne le rejet de l’oppression d’un système de manipulations sociopolitiques et la lutte pour notre liberté collective face aux exigences et aux oppressions de la société moderne [6] » (je souligne).

Enfin, Peter Gelderloos se distingue aussi d’une certaine posture insurrectionaliste qui consiste à ne pas penser à un modèle de société pour le futur, puisqu’il a aussi publié un livre intitulé Anarchy Works : Examples of Anarchist Ideas in Practice (L’anarchie fonctionne : exemples d’idées anarchistes mises en pratique). Il y revient sur les processus collectifs de prise de décision par consensus, mais discute surtout de l’organisation de l’économie, y compris dans les grandes villes, des « crimes », de la défense contre les communautés extérieures, etc. Là encore, son travail est bien plus empirique que théorique, puisqu’il se réfère toujours à des exemples concrets, soit d’expériences militantes anarchistes, féministes ou écologistes, ou encore historiques et anthropologiques (à la manière d’un Pierre Clastres ou d’un David Graeber, des anthropologues qui voient l’anarchie chez des peuples « sans État »).

La lutte n’est donc pas, pour Peter Gelderloos, l’objectif en soi et pour soi. Il croit sincèrement que « [n]ous pouvons vivre dans une société sans patrons, maîtres, politiciens ou bureaucrates ; une société sans juges, policiers et criminels, sans riches ou pauvres ; une société débarrassée du sexisme, de l’homophobie et de la transphobie ; une société dans laquelle les blessures de siècles d’esclavage, de colonialisme et de génocide ont enfin la possibilité de guérir [7]. »

Le contexte actuel permet-il réellement un tel optimisme ?

En fait, la violence « révolutionnaire » dont il est question dans les mouvements sociaux et populaires où milite Peter Gelderloos reste d’une faible amplitude pour le moins étonnante, considérant l’histoire du mouvement anarchiste. En Occident depuis les années 1960, les anarchistes ont abandonné la lutte armée, sauf à de très rares exceptions. Les anarchistes n’ont pas, comme au XIXe siècle et au début du XXe siècle, des caches d’armes, du matériel pour produire des bombes, des plans de révolution. Le débat entretenu par les adeptes dogmatiques de la non-violence apparaît donc encore plus surréaliste, dans ce contexte. Le niveau de « violence » est si bas même chez les insurrectionnalistes que l’universitaire brésilien Pablo Ortellado considère que la tactique du Black Bloc s’inscrit dans la tradition de la désobéissance civile non violente, puisqu’elle consiste à transgresser publiquement la loi pour attirer l’attention des médias et du public, mais sans recours à des armes et sans chercher à tuer l’ennemi [8].

Il rejoint le militant et politologue mohawk Gerald Taiaiake Alfred, qui a développé la notion d’« anarcho-indigénisme » et qui défend un « militantisme non violent » dans son livre Wasáse : Indigenous Pathways of Action and Freeedom (Wasáse : Les Voies indigènes de l’action et de la liberté), qui traite des luttes de résistance autochtones en Amérique du Nord. Quand on lui demande de qualifier la non-violence, il précise qu’il « y a violence quand vous causez une blessure à une autre personne. Il ne s’agit pas seulement de violence physique, puisque la violence psychologique peut être blessante. Cela dit, je ne considère pas que bloquer une route soit violent. Fracasser une vitrine n’est pas violent. C’est de la destruction, mais pas de la violence. En conséquence, la non-violence signifie pour moi de ne pas chercher intentionnellement à causer une blessure à une autre personne, ou à d’autres êtres, car je ne veux pas limiter le débat aux êtres humains. Il existe aussi une violence envers les animaux et le monde naturel [9]. »

Un autre écrivain considère que la « violence » politique des insurrectionnalistes s’inscrit en fait dans la tradition de la non-violence, et n’a finalement pas plus d’impact sur le réel que la désobéissance civile non violente. Il s’agit du très dépressif Günther Anders (1902-1992), obsédé par la fin de l’humanité selon lui inévitable depuis l’invention de l’énergie atomique. En 1987, à l’âge de 85 ans, il déplorait la futilité des moyens de lutte contre le nucléaire et contre la destruction de la planète. Il s’en prenait alors aux adaptes de la non-violence : « Contre les monstres menaçants qui, tandis que les forêts disparaissent, s’élèvent dans le ciel pour, demain, faire de la Terre un enfer, une “résistance non violente” n’a aucun effet […] il faut maintenant attaquer physiquement et rendre systématiquement inutilisable ces monstres ».

Il ridiculisait ensuite « le caractère primitif (regardez-moi ça !) de nos armes : de nos scies manuelles, de nos cisailles et de nos clés. Si je m’exclame “regardez-moi ça !”, c’est parce qu’aux yeux des hommes qui détiennent le pouvoir et disposent de la violence, le caractère primitif de ces armes est déjà déshonorant, il est si ridicule qu’il en devient vexant. »

La suite de ses propos mérite d’être citée longuement, tant elle jette un éclairage particulier sur le débat entre camarades au sujet de la violence et de la non-violence :

« La différence de technicité est tellement grande entre, d’un côté, les armes colossales de l’ennemi (ainsi que celles hautement modernes de la police qui les protège [10]) et, de l’autre, les armes utilisées par les manifestants pour se défendre (c’est à peine si on peut les qualifier d’“armes”, il s’agit plutôt d’appels au secours sous forme d’objets), qu’on peut comprendre le défaitisme de ceux pour qui l’affrontement physique est tout simplement sans espoir. De fait, ce décalage est comparable à celui qui existait au siècle dernier entre, d’un côté, les armes à feu utilisées par les forces coloniales et, de l’autre, les flèches de bambou à l’aide desquelles les Congolais tentèrent désespérément, mais en vain, de leur résister. De la même manière, notre usage de la violence, dirigée exclusivement contre des objets inanimés, ne serait ou n’est guère plus qu’une action symbolique comparé aux instruments dont dispose notre ennemi et à la violence qu’il peut exercer. »

Et il concluait par un appel à tuer : « C’est pourquoi je déclare avec douleur mais détermination que nous n’hésiterons pas à tuer les hommes qui, par manque d’imagination ou de cœur, n’hésitent pas à mettre l’humanité en danger et à se rendre ainsi coupables d’un crime contre elle [11]. » Cet appel, totalement excentrique dans le contexte actuel, n’a pas d’échos chez les insurrectionnalistes d’aujourd’hui qui ne prônent pas la lutte armée comme les marxistes léninistes de tendance maoïste ou guévariste qui se gargarisent du mot « révolution », même s’ils n’en ont pas les moyens [12].

D’ailleurs, dans The Failure of Nonviolence, Peter Gelderloos déplore que des critiques de How Nonviolence Protects the State aient prétendu qu’il cautionnait le terrorisme islamiste. Certes, il avait souligné que les bombes qui ont explosé dans des trains à Madrid en 2004 avaient influencé l’élection qui se déroulait quelques jours plus tard en favorisant la chute du gouvernement, puis le retrait de l’Espagne de la guerre contre l’Irak (des liens de cause à effet également évoqués à l’époque par de grands médias, dont ABC, CNN, The Guardian, etc.). Or il précise que même si une telle action peut avoir un effet politique réel, il s’y oppose par principe car il s’agit de tuer des victimes innocentes, ce qui est fondamentalement autoritaire.

La situation aujourd’hui en Amérique du Nord : l’antifascisme

Malheureusement, le débat entre non-violence et violence semble devoir reprendre à chaque nouvelle mobilisation. En ce moment en Amérique du Nord, le débat porte sur la « violence » des antifascistes qui perturbent des événements organisés par des supporteurs du président Donald Trump, aux États-Unis, ou qui cherchent à se confronter à des rassemblements de groupes racistes, comme au Québec. Les autorités et les journalistes se sont bien évidemment élevés contre la « violence » des antifas. Des progressistes leur ont fait écho, comme Chris Hedge qui avait déjà qualifié le Black Bloc de « cancer » du mouvement Occupy.

L’humoriste Aamer Rahman a proposé un sketch intitulé « Is it really ok to punch nazis [13] ? » (Est-ce vraiment acceptable de frapper un nazi ?), pour ridiculiser les arguments des Blancs progressistes contre la violence. Évoquant l’argument de la pente fatale selon lequel on ne pourra pas s’arrêter si on frappe un nazi, l’humoriste répond : « Pourquoi voudriez-vous n’en frapper qu’un seul ? Cela ne me semble pas correct de s’arrêter au premier… » Plus sérieusement, Mark Bray, l’auteur du livre Antifa : The Anti-Fascist Handbook, consacre deux chapitres à répondre aux arguments des progressistes adeptes de la non-violence et qui défendent la liberté d’expression même pour les nazis. Ces progressistes prétendent de plus que la violence antifasciste est similaire à la violence fasciste et suggèrent que le fascisme peut être vaincu par la force du meilleur argument lors d’un débat public. Mark Bray explique de manière très pédagogique, comme Peter Gelderloos, que l’histoire regorge d’exemples de perturbation et de recours à la force efficaces pour faire reculer le fascisme.

Comme Peter Gelderloos au sujet des adeptes dogmatiques de la non-violence, Mark Bray s’étonne que les progressistes défendent de manière dogmatique la liberté d’expression comme s’il s’agissait du principe le plus important de tous (une attitude « absolutiste », selon Mark Bray). Mark Bray soupçonne que ces adeptes dogmatiques de la liberté d’expression acceptent sans doute, pour la plupart, des limitations à la liberté d’expression quand il s’agit de matériel pornographique à l’attention d’enfants ou mettant en scène des enfants, de droits d’auteur, de mise en garde par des compagnies vendant des produits toxiques (cigarettes, par exemple), etc.

Mark Bray s’étonne que ces progressistes soient si prompts à défendre publiquement et de manière dogmatique la liberté d’expression pour les fascistes, alors que cette liberté d’expression est bafouée au quotidien pour des millions de personnes employées par l’État et des entreprises privées et pour les millions de personnes incarcérées. Mark Bray rappelle enfin qu’un fasciste qui prend la parole pour exprimer ses idées est en soi un acte de violence dominatrice, car dirigée vers des personnes déjà victimes de racisme, de sexisme, d’homophobie et de transphobie. Cette violence mérite réponse. Et un événement fasciste est un lieu où se rassemblent des personnes racistes, sexistes, homophobes et transphobes, ce qui signifie qu’il y a un risque réel de violence physique pour les personnes concernées.

Que ce soit dans le mouvement altermondialiste ou dans l’antifascisme, la défense dogmatique de la non-violence est trop souvent une manière de se présenter comme politiquement et moralement supérieur aux yeux des autres, y compris des autorités politiques, de la police et des médias publics et privés. Défendre le dogme de la non-violence est aussi une manière d’attaquer des camarades qui luttent, et donc de briser la cohésion et la solidarité dans des mouvements sociaux et populaires. Prôner la non-violence à tout prix, c’est adopter une approche autoritaire des luttes sociales et des mobilisations populaires. Voilà les conclusions auxquelles Peter Gelderloos

P.-S.

Le livre Comment la non-violence protège l’État : Essai sur l’inefficacité des mouvements sociaux (éditions LIBRE), de l’anarchiste Peter Gelderloos (déjà paru aux États-Unis en 2005, sous le titre How Nonviolence Protects the State) est sorti en français le 12 juin. Cette préface, en grande partie un texte inédit, reprend néanmoins quelques éléments du livre La Peur du peuple : Agoraphobie et agoraphilie politiques (Lux, 2016). Nous la reproduisons avec l’amicale autorisation de son auteur.

Francis Dupuis-Deri est professeur de science politique (Université du Québec à Montréal – UQAM) et auteur de plusieurs livres, dont Les Black Blocs : La Liberté et l’égalité se manifestent (Lux, 2016 – 4e éd.) et L’Anarchie expliquée à mon père (Lux, 2014, avec Thomas Déri).

Notes

[1] [[Comité invisible, À nos amis, Paris, La Fabrique, 2014, p. 58 et p. 53.

[2] J’ai présenté la relation antinomique entre l’assembléïsme et l’insurrectionalisme dans La Peur du peuple : Agopraphobie et agopraphilie politiques (Lux, 2016), ainsi que des propositions pour transcender cette opposition dans la pratique et l’action.

[4] Il s’agit, évidemment, de catégories constituées socialement et culturellement, et non pas de catégories biologiques : elles sont constituées par des rapports de domination, d’oppression, d’appropriation (extorsion, exploitation) et d’exclusion. L’anarchiste française Irène Pereira propose une très intéressante introduction de l’intersectionnalité dans son texte « Intersectionnalité : Le féminisme au croisement des luttes », Réfractions, n° 39, 2017.

[5] Anonyme, Why She Doesn’t Give a Fuck About Your Insurrection, New York, brochure sans édition, 2009 [anti-copyright].

[6] Idem.

[7] Peter Gelderloos, Anarchy Works : Examples of Anarchist Ideas in Practice, Londres-Zagreb, Sto Citas, 2010, p. 8.

[8] Pablo Ortellado, « Posfacio : O Black Bloce a violência », dont Esther Solano, Bruno Paes Manso et Willian Novaes (dir.), Mascarados : A verdadeira historia dos adeptos da tatica Black Bloc, São Paulo, Geração, 2014, p. 284-286 (merci à Denis Valiquette pour la traduction du portugais).

[9] « L’anarcho-indigénisme : Entrevue avec Gerald Taiaiake Alfred », réalisée par Francis Dupuis-Déri et Benjamin Pillet, et parue dans la revue Possibles (2016) : http://redtac.org/possibles/2016/03/23/
lanarcho-indigenisme/

[10] Günther Anders note : « Si l’on peut encore parler de police, tant les forces de police déployées aujourd’hui contre les manifestants semblent plutôt jouer le rôle d’une armée contre-révolutionnaire dans une guerre civile. »

[11] Günther Anders, La Violence : Oui ou non – Une Discussion nécessaire, Paris, Fario, 2014, p. 158-161 (ce livre propose plusieurs interventions d’Anders sur le sujet, et des répliques à ses propos).

[12] Outre quelques groupes anarchistes en Grèce, dont les membres sont en prison, et les Kurdes qui disent s’inspirer du municipalisme libertaire, et qui luttent les armes à la main contre les islamistes et les troupes des gouvernements syriens et turcs.