Accueil du site > Études de cas > Impostures esthétiques et intellectuelles > Mise au point

Mise au point

Communiqué du Collectif Les mots sont importants, à propos de la publication d’un de ses textes sur le site de l’UOIF, et de l’utilisation qui en a été faite dans les débats publics sur l’exclusion des élèves voilées

par Collectif Les mots sont importants
2 octobre 2003

Nous avons découvert récemment que le site de l’UOIF (Union des Organisations Islamiques de France) avait repris, sur son site, un article signé par le collectif Les mots sont importants intitulé "Un féminisme à visage inhumain".

Depuis, nous avons, à deux reprises, adressé un message à destination des animateurs du site UOIF. Nous leur avons signalé que cette publication s’était faite sans que nous soyons consultés, et nous avons demandé que notre texte soit retiré. Dans notre second message, nous avons indiqué qu’en l’absence d’une réponse rapide, un communiqué serait diffusé par le collectif pour faire savoir que la publication sur ce site s’était faite sans son accord. Dont acte.

Nous n’avons à ce jour reçu aucune réponse de l’UOIF, qui s’est contentée de retirer notre texte de sa page d’accueil, mais pour le reprendre à l’intérieur d’une rubrique sur le foulard islamique.

Nous ne pouvons évidemment pas empêcher que nos textes circulent et soient cités par d’autres que nous. Mais ce qui nous gêne, c’est que la provenance du texte n’apparaisse pas clairement et que par conséquent notre texte puisse être perçu comme une " contribution " écrite pour l’UOIF.

Tout cela est d’autant plus problématique que certaines personnes opposées à la pétition "Oui à la laïcité. Contre les lois d’exception" ne brillent pas par leur bienveillance. Issues de divers horizons (le syndicalisme enseignant, l’extrême gauche libertaire, certains féministes), elles ont en effet mentionné la présence de notre texte sur ce site pour le disqualifier, nous disqualifier, et plus largement disqualifier la pétition, dont nous sommes signataires.

C’est ainsi, par exemple, que lors d’un meeting " en faveur de l’interdiction de tout signe religieux à l’école ", organisé le 22 septembre 2003 par l’Union des Familles Laïques, il a été fait mention de notre texte et de sa publication sur le site de l’UOIF, interprétée comme un cas d’ " alliance entre une partie de l’extrême gauche et les islamistes ".

Nous entendons, dans le présent communiqué, mettre les choses au clair : ces propos sont diffamatoires - et ceux qui les profèrent le savent très bien. Nous n’avons en effet rien à voir avec les islamistes : il suffit pour le savoir de lire les textes que nous publions sur notre propre site. Nous sommes des militant-e-s laïques et nous nous sommes engagés à de nombreuses reprises contre toutes les discriminations et en faveur de l’égalité radicale entre les sexes et les sexualités - notamment en faveur du droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Nous n’avons donc aucune affinité ni avec l’UOIF ni avec les thèses que peut soutenir cette organisation.

Plus largement, nous n’apportons aucune caution à quelque courant religieux que ce soit, et encore moins aux idées conservatrices (en particulier sexistes et homophobes) que, depuis toujours et sur tous les continents, la plupart des organisations religieuses véhiculent.

Certes, les représentants de l’UOIF s’opposent, comme nous, à toute mesure d’exclusion des jeunes filles voilées à l’école. Certes, ils s’insurgent, comme nous, contre les propos orduriers ou méprisants qui sont tenus contre les musulmans à l’occasion de ces débats. Mais que nous ayons des adversaires communs ne fait pas de nous des alliés.

Cela dit, si nous n’avons rien à voir avec l’UOIF, ni avec aucun courant religieux, nous n’avons rien à voir non plus avec une certaine gauche qui se réclame de la laïcité et qui pratique l’attaque personnelle plutôt que la discussion argumentée. Nous sommes effarés devant ces gens qui se prétendent progressistes (" laïques ", " féministes ", " libertaires "...) et qui préfèrent disqualifier leurs interlocuteurs par l’amalgame et l’attaque ad personam plutôt que réfuter leurs arguments. Les attaques multiples que nous subissons sur le thème de l’" alliance " entre le Collectifs Les mots sont importants et l’UOIF le prouvent : les religions n’ont pas le monopole de la mauvaise foi, de l’obscurantisme et des procès en sorcellerie.

P.-S.

2 octobre 2003