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Oraisons funèbres

Pour Karim Boudouda

par Collectif Les mots sont importants
16 juillet 2011

En réaction à la mise à mort aussitôt oubliée et soigneusement inquestionnée de Karim Boudouda à Grenoble le 16 juillet 2010, à la délirante gestion politique et policière des émeutes qui ont suivi, et au quasi-appel au meurtre lancé à cette occasion par la chroniqueuse Elisabeth Lévy contre les « malfrats » de banlieue, il nous a paru bon de donner à ré-entendre une vieille chanson de Renaud, écrite il y a plus de trente ans, mais qui résonne étrangement avec l’ « affaire de la Villeneuve » et la « non-affaire Karim Boudouda » – preuve qu’Elisabeth Lévy s’inscrit dans une vieille tradition, celle d’ « une certaine France », aujourd’hui au pouvoir.

Elisabeth Lévy :

« Enfin, on est en guerre ! On a des zones de guerre ! On a des gens qui tirent sur les flics à l’arme lourde ! Ils rentrent dans la cité, ils passent une frontière et on est là à faire des chichis (…). Est-ce que vous vous rendez compte de la situation dans laquelle nous sommes ? Là, on n’a pas affaire à des pauvres gamins discriminés, si vous voulez, qui volent des mobylettes. On a affaire à des caïds, à des malfrats, à des clients de Cour d’assise – d’accord ? – qui tirent sur les flics sans aucune hésitation.

S’il y en a un qui meurt, excusez-moi, je n’aurai pas une larme, j’en suis navrée mais c’est comme ça. »

(« On refait le monde », RTL, 19 juillet 2010)

Renaud :

Les charognards

(Renaud à Bobino, 1980, en écoute libre sur Deezer.com, rechercher « Renaud Bobino Charognards »)

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