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Pour une éducation populaire féministe

Entretien avec les auteures de l’ouvrage Education populaire et féminisme (Deuxième partie)

par Yeun l-y
15 mai 2017

Enthousiasmé par l’ouvrage Education populaire et féminisme, et avec l’envie de faire connaître ce travail, je suis allé fin 2016 rencontrer 5 des 11 auteures : Alexia M., Annaïg Mesnil, Emilie Viard, Katia Storaï et Tiffanie D. [1]. Attablé près d’une cheminée chez l’une d’entre elles, je leur ai indiqué les directions auxquelles j’avais pensé pour notre rencontre – les agressions sexuelles, l’antiféminisme de « gauche », leur approche de l’éducation populaire politique, etc. – et cela s’est très rapidement transformé en une suite d’interventions riches en détails, mêlant l’ensemble de ces thématiques. Voici le résultat, en deux parties, remanié sur la forme pour plus de lisibilité. La 1ère partie concerne surtout le récit du travail entrepris dans leur réseau d’éducation populaire. La 2ème partie apporte des compléments plus généraux mais non moins importants.

Partie 1

On peut se demander pourquoi vous appelez toujours votre livre une « brochure » ?

- Initialement l’intention était une brochure. Pendant 3 ans, dans le comité de rédaction, on en a parlé avec ce mot et on n’arrive pas à en décoller. La brochure faisait partie d’une liste parmi d’autres résolutions. On voyait la brochure un peu comme un fanzine : un truc chiadé mais moins long, dans les 15-20 pages. Il s’agissait de mettre par écrit l’exposé qui avait été fait à l’Université d’été et aussi de témoigner du fait qu’on n’avait pas, en tant que réseau, sanctionné l’agression sexuelle que l’une d’entre nous avait subie. Et on s’était rendu compte que dans d’autres milieux militants ça avait été tu de la même façon !

- On avait toutes l’intuition qu’effectivement cette agression sexuelle était un analyseur, avec la conviction que l’intime est politique. Mais en créant les condition d’une parole non-mixte, chaque sous thème de rapports sociaux tels que présents dans le réseau s’est épaissi avec une quantité de vécu : chaque témoignage de l’une faisait écho pour d’autres et pouvait lancer un cycle de 2 heures de recueil de faits, tous plus saillants ; avec des faits d’humiliation sexiste mais aussi d’humiliation classiste, d’humiliation dans le rapport au savoir, le rapport à la visibilité médiatique ; plein de formes de domination très imbriquées qui traversaient le réseau et qui n’avaient jamais été travaillées en tant que telles. C’est là que j’ai découvert vraiment l’ampleur, qu’il y a vraiment un tout et que c’est une guerre ! On aurait pu passer 2 ans de plus et on aurait trouvé à décrire encore plus de choses. C’est en ça que le fanzine est devenu un peu plus … épais. [rires]

- Lorsqu’on a commencé à parler des agressions sexuelles et d’un texte qui disait qu’on ne les qualifiait jamais en ces termes, on s’est rendu compte petit à petit que toutes les femmes du réseau en avaient subies à un moment de leur vie. On a fait sortir des témoignages.

C’est comme ça que je me représente « l’action-recherche » en éducation populaire.

- Le travail qu’on a fait dans le réseau, il avait déjà été fait ailleurs par des féministes. Mais quand on a cherché des descriptions, des récits, on s’est aperçue qu’il n’y en avait pas tant que ça. Notre brochure est donc une petite pierre pour que d’autres femmes puissent profiter de notre expérience et de certaines approches qui ont été essayées dans cette lutte. On veut que ça puisse servir à d’autres.

Vous utilisez la formule « faire classe », quel sens y mettez-vous ?

- J’aime bien la distinction marxiste entre « classe en soi » et « classe pour soi », qui est aussi reprise par les féministes matérialistes. J’ai l’impression d’avoir beaucoup vécu la « classe en soi » à plein de moments où on s’est retrouvé en temps de non-mixité par besoin : typiquement, le groupe sur le « projet politique » c’était ça. Et puis, il y a un basculement sur « classe pour soi », quand on commence à décider de la non-mixité et quand on commence à organiser du droit, en formalisant notre démarche. Et on voit les foudres tomber quand on commence à aller sur « classe pour soi » et quand on décide de devenir vraiment sujettes. Je trouve cette distinction marxiste assez parlante dans ce qu’on a vécu. Elle s’est bien incarnée sur la chronologie des faits je trouve : il y a eu plein de moments intuitifs collectifs, et puis il y a eu un basculement quand on a vraiment commencé à s’organiser.

- Ce qui m’a marquée dans « faire classe », ce sont nos temps informels pour se raconter et aussi pour se soutenir, pour faire corps et front. De toute façon il fallait faire du rapport de force. C’était bizarre parce qu’on avait un enjeu à faire passer nos analyses, et certaines se prenaient des attaques assez fortes, mais en même temps on passait des moments collectifs mixtes joyeux. Dans le « faire classe », il y a l’idée que j’appartenais à quelque chose.

- On était déjà féministes au départ, mais c’est cette expérience commune en non-mixité de femmes, avec nos témoignages incarnés, qui nous a permis de comprendre comment on avait du vécu commun. Petit à petit, on se rendait compte qu’on avait une grille d’analyse qui nous permettait de nous dire que les questions n’étaient pas individuelles : « c’est pas moi toute seule qui suis à vouloir trop préparer les interventions, qui suis trop angoissée, etc. ». On vit toutes la même chose. Le vécu commun constituait petit à petit le fait qu’on appartenait à une même classe.

Avec ma reprise d’études, je constate que, y compris au sein de l’université-de-gauche-sociocritique, le concept de classe n’est plus très porté, et en particulier celui de « classe de sexe ». C’est un nœud à démêler. Oui, évidemment, on s’est sentie divisées à l’intérieur de notre groupe [2] ; mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas « classe des femmes ». Aujourd’hui, c’est comme si on cherchait à détruire la notion de classe de femmes, alors qu’elle est essentielle. On sait que la classe des femmes est hétérogène, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de classe. Penser autrement est vraiment dangereux.

Et toutes ces analyses qui ne veulent pas de classes sociales se retournent finalement contre nous et (re)confortent les dominants. La classe, on l’a expérimentée du fait de nos vécus communs, et de notre organisation collective. Et plus on discute des suites de la brochure et des désaccords entre nous, plus je me dis que le concept de classe est important, car ce dont je me rends compte c’est que la division entre nous provient aussi des hommes en tant que classe. Se pencher là-dessus pourrait être les poursuites de notre groupe non-mixte.

Les hommes tirent des ficelles sur d’autres thématiques pour détourner du féminisme ?

Pas que. D’un côté en effet il y a notre hétérogénéité de classe (différentes trajectoires sociales, des statuts différents au sein du réseau, etc.), mais il y a aussi plein de divisions entre femmes qu’on n’a pas eu le temps de décortiquer qui sont liées à des prises de positions ou non d’hommes, visibles ou invisibles. Il y a eu des alliances d’hommes et des actes d’hommes qui ont donné de la division entre femmes.

Tous les trucs de « complot », de « putsch » ont écarté des femmes de notre travail, alors qu’elles avaient beaucoup de choses à dire sur le réseau ou sur leurs vies.

Quand vous vouliez que les hommes travaillent sur leurs privilèges, était-ce avec cette idée qu’ils prennent conscience de leur position de domination ? Comment aviez-vous envie que ce soit travaillé ? Et pourquoi ça n’a pas été travaillé d’après vous ?

- [rires] Vu qu’on est un groupe non-mixte-femmes, de fait il y a eu un groupe non-mixte d’hommes pendant l’Université d’été. Ils se sont réunis, ils ont fait un petit cercle et ça a été une catastrophe apparemment. Une catastrophe parce que plusieurs ne se sentaient pas dans l’existence d’un groupe non-mixte hommes. Déjà, tous n’étaient pas là, et ils n’avaient pas le même désir derrière. Je n’arrive pas à mesurer quel a été le travail individuel. Après cette classe d’hommes, elle n’est pas homogène non plus, on l’a analysé…

- On voulait pousser les hommes à travailler mais il y a eu un refus de prise en charge collective, avec du déni et des prétextes comme : « On n’est pas concernés », « Je ne m’y retrouve pas du tout », ou encore « Moi, je suis pas trop mal, j’ai pris conscience et je vais continuer ; mais avec les autres, c’est trop dur ». Ceux qui auraient peut-être pu prendre en charge leur classe, s’astreindre à de la réflexivité, se remettre en question et faire de la pédagogie, ils n’ont pas voulu le faire. L’ensemble du boulot qui a été fait, ce sont des femmes qui l’ont porté, partout, tout le temps. Il y a eu vraiment une grosse opposition à mettre en travail les privilèges masculins. Le fait de dévoiler comment les hommes font classe pour augmenter leurs capitaux et assurer leurs privilèges a été une des causes de répression très forte. Autant la notion même de privilèges dans le rapport social capitaliste est actée, autant les privilèges dans le rapport social patriarcal sont mis en doute. Rien que le terme, il a été refusé totalement.

- Ce que j’attendais certainement sur cette question des privilèges, c’était de l’ordre au moins d’une conscience collective et des modifications visibles des pratiques professionnelles – dans le rapport aux stagiaires ou dans les co-animation homme-femme. C’était tellement flagrant ! Cela aurait été un premier pas déjà. Mais comme de toute façon pour certains, notre analyse était insupportable dès le départ, ça l’est devenu forcément beaucoup plus à mesure qu’on travaillait. Certains hommes ont décidé d’abdiquer et de partir en disant que ce n’était pas possible de remettre en question ses privilèges, et que c’était insupportable pour eux d’être jugé sur son côté dominant et réac’. Alors concrètement, il n’y a rien eu de travaillé ; peut-être à la marge seulement : des changements de discours et des attentions, des vigilances, mais rien dans les pratiques de fond.

- En fait tout ce qu’on a gagné – en « prendre moins dans la gueule », se faire moins couper la parole, qu’ils accaparent moins l’espace sans se poser de questions – c’est seulement avec le rapport de force qu’on l’a obtenu. Et la continuité de notre groupe est la seule chose qui garantit de contenir tout ça.

Je ne sais pas si on attendait quelque chose de ce travail de remise en question des privilèges. On voulait surtout s’occuper de nous et travailler pour les femmes. Il y avait une nécessité à fabriquer de la protection sociale, on a donc créé du « droit féministe » au sein du réseau sur les conditions de travail, sur les conditions matérielles de subsistances et sur le fond politique. Ce travail sur les privilèges a été une piste lancée comme ça. Et on n’allait pas faire le travail à leur place en plus.

- Après il y a eu du soutien ; je dirai qu’il y a individuellement de l’alliance proféministe dans des espaces intimes, mais pas avec une parole d’interpellation des autres hommes. En tous cas, à l’échelle du réseau, tout ce qui demande à se départir de privilèges ou à assumer du travail, et bien pour moi il n’y a rien, sauf peut-être quand on envoie un collègue au front pour « gérer » les « gros virils ».

- Moi je n’attendais rien d’eux parce que tout de suite je me suis dit c’était simplement des patrons dans un autre rapport social. Je n’attendais pas d’eux qu’ils changent. Par contre je ne m’attendais pas à ce qu’ils détériorent autant nos rapports. C’était un peu naïf de ma part : j’ai subi comme toutes les femmes du collectif la détérioration patente et violente de nos rapports.

- Pour ne pas travailler leurs privilèges, certains hommes – en particulier ceux du Pavé – ont nié le désaccord politique. C’est une stratégie hyper forte, car elle autorise à traiter l’auto-dissolution du Pavé comme un « divorce », c’est à dire à rester dans le registre psychologique, conjugal ou familial, alors même que notre brochure vient analyser politiquement le conflit et les divergences d’orientation dans l’éducation populaire. Bien sûr, à partir du moment où il y a un déni de la dimension politique du désaccord, on ne peut pas rentrer dans un débat.

Vu qu’il n’y a pas « désaccord », il y a …

- … il y a récupération, appropriation de notre travail, dans un deuxième temps.

On avait bien conscience de cette possibilité alors on a essayé de l’éviter. Par exemple, on a choisi de ne pas faire relire le livre par les hommes du réseau avant parution, et pour les présentations publiques du livre, on a clairement acté qu’aucun homme du réseau ne présenterait le bouquin. Seules les rédactrices peuvent le faire.

Mais certains gars trouvent quand même d’autres moyens de bénéficier de notre travail en passant pour des hommes avertis, féministes, au travail quoi ! Alors que bon... Cela nous surprend toujours que des hommes puissent à la fois se dire victimes de notre travail et en tirer profit dans leur action dans d’autres sphères sociales.

Vous pourriez parler des suites du livre et aussi des apports conjoints de l’éducation populaire et du féminisme ?

- Moi ça m’a renforcée, j’affronte pas du tout un groupe de stagiaires comme avant. J’ai l’impression d’être aguerrie, j’ai plus du tout d’appréhension face à un groupe pour parler des rapports sociaux de sexe et de classe parce que je crois avoir aujourd’hui une carapace, avec en plus du matos dans mon sac à dos : du vécu incarné mais aussi de l’apport théorique. Il y a un renforcement qui n’est pas négligeable. Après les conséquences du livre et de toute la démarche d’auto-organisation et d’auto-émancipation sont que les hommes se retrouvent en sous nombre dans ce réseau. Les embauches qui ont suivi ont été des embauches de femmes féministes, il ne reste plus que 3 hommes et 10 femmes.

- Même s’il y a un renforcement, c’est unanime, on ne le vit pas toutes que comme ça. On est encore en « mode protection », à accuser pour certaines d’entre nous les conséquences de toute la répression. C’est encore difficile, ça touche l’état de santé. Ce n’est pas parce que la brochure est sortie que ça va. Et d’ailleurs, notre « faire classe » intègre cette dimension de soin, même si l’éloignement géographique ne la facilite pas. Il y a par ailleurs des moments où avoir cette position féministe en formation, clairement affirmée, là encore on fait face à de la répression, particulièrement quand on est un binôme de femmes.

On ne s’en prend pas plein la gueule à chaque fois, pas tout le temps, mais parfois c’est insidieusement, sans agression verbale : des remises en question, des mises en doute. Les groupes non-mixtes se prennent toujours les mêmes retours de bâtons du genre : « Non mais c’était il y a 40 ans les filles ! Maintenant c’est gagné, c’est plus la peine d’être entre nous, entre vous, etc. » Il faut donc redire que oui ça a avancé, mais il y a encore beaucoup à faire. Et les pratiques d’éducation populaire permettent justement de s’outiller, d’analyser et d’aller chercher des savoirs pour comprendre de façon incarnée ce qui nous opprime. On a besoin d’espaces de conscientisation au long cours, comme ont pu le faire les mouvements féministes des années 70, car on sait que ce n’est pas en discutant une seule fois qu’on va aboutir ; c’est un long cheminement.

Et si on veut critiquer les rapports de pouvoir – notamment universitaires – ou les rapports sociaux de classe et de race qui s’exercent dans les mouvements féministes, les pratiques d’éducation populaire permettent de travailler les divergences, voire de faire conflit. Ces pratiques permettent de continuer à se poser les questions. Et là, on en a encore des questions !

- Moi ce qui vraiment me fascine, c’est comment la lutte et l’exigence de ce groupe de femmes a permis de revisiter les pratiques d’éducation populaire. Et pour moi, c’est là qu’il y a vraiment la dimension « action et recherche », avec une cohérence entre des valeurs, des analyses et puis des actes. On a démonté les définitions qui étaient en cours dans la structure Pavé-père, et on les a remontées avec l’apport du féminisme, de ses expériences et des stratégies qui avaient été mises en place. Et là pour moi, c’était un moment de grande joie intérieure qui m’habite toujours, de me dire : « C’est ça dont je rêve dans l’éducation populaire depuis 20 ans : que ce soit la lutte qui nourrisse la pédagogie ». On n’était plus dans la schizophrénie travail ou lutte. C’est arrivé donc je suis super contente.

- L’éducation populaire est de l’action collective et de l’analyse de l’action collective. Pour nous, c’est comme si le féminisme était éducation populaire ; il y a imbrication. Concernant le bouquin, les retours qu’on a de lectrices et de lecteurs sont plutôt encourageants. Plusieurs témoignent d’un vécu similaire dans les collectifs où elles et ils sont. Des victimes d’agressions sexuelles se reconnaissent aussi dans notre expérience.

- L’idée de ce bouquin est d’apporter une pierre en donnant à voir le récit de notre pratique militante, on fait là aussi acte d’éducation populaire, en formalisant pour transmettre. En tout cas, dans l’éducation populaire comme nous on la porte, il y a vraiment une démarche de praxis, de rompre avec la division symbolique du travail entre intellectualisme et pragmatisme.

- Notre éducation populaire travaille vraiment à établir un lien continu entre la sphère des idées et la sphère des actions. Et notre bouquin en est l’incarnation.

- Mais on n’est pas en train d’inventer l’eau chaude non plus : on s’est nourries des féministes matérialistes.

- Le bouquin circule et au-delà des présentations du bouquin, il faudrait aussi pouvoir mettre en route un travail de ressources, d’écriture, d’archivage parce qu’on a parlé de nos propres stratégies, mais il y en a plein d’autres, pensées par d’autres femmes ailleurs.

- Après il manque des suites plus collectives, mais …

- Au sein du réseau, toujours avec cette volonté de faire œuvre de pédagogie, on avait proposé de faire des lectures collectives en mixité, mais ça ne s’est pas fait.

- … on constate quand même que dans certaines villes, ça relance la non-mixité, comme à Orléans après notre présentation.

- … Pour les suites… ce que nous on en saura, ce que nous on verra…

- Bon… et maintenant, on peut boire l’apéro peut-être ?

[rires] Allez… on a le temps de boire une bière ! [rires]

P.-S.

Éducation populaire et féminisme. Ouvrage collectif, édition La Grenaille 15€.

Pour commander le livre, en fonction du lieu où vous êtes, contacter La Trouvaille à Rennes, L’engrenage à Tours, Le Vent debout à Toulouse, l’Orage à Grenoble ou écrivez à l’adresse educationpopulairefeministe@gmail.com ; à moins que vous ne préfériez passer dans une des librairies qui en a (pour trouver une librairie près de chez vous envoyez-nous un mail), ou organiser une diffusion dans une librairie proche de chez vous, contactez-nous.

Une émission radio où on peut entendre d’autres rédactrices du livre : http://www.canalsud.net/?Feminisme-et-education-populaire

Notes

[1] Je remercie Christine Delphy et Sylvie Tissot pour leur relecture attentive. Un grand merci également aux interviewées pour leur chaleureuse disponibilité.

[2] Voir à ce sujet l’article de Danielle Juteau : « « Nous » les femmes : sur l’indissociable homogénéité et hétérogénéité de la catégorie » https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe-2010-2-page-65.htm