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ProChoix : le choix de la calomnie (Deuxième partie)

À propos d’un tissu de mensonges intitulé "Pierre Tevanian ou la gauche pro-voile"

par Pierre Tevanian
6 janvier 2004

Comme dans la première partie de ce texte, le communiqué mensonger de ProChoix est reproduit en caractères gras, entrecoupé des commentaires de Pierre Tevanian, apportant les éléments objectifs qui permettent de réfuter les accusations mensongères qu’il contient.

Après Ni putes ni soumises (13), Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou
encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont
importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda (14)... A croire que
tous les ennemis de Tariq Ramadan ou de l’UOIF sont aussi les siens (15), il nous
a harcellé (16) pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru
(d’une cinquantaine de pages), un interminable procès d’intention en
"islamophobie" de la revue (17) sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

(17) Faux. Je ne peux ici que renvoyer à lecture intégrale du texte en question (" Eclaircissements ", en ligne dans la rubrique " Etude de cas ") : chacun peut constater qu’il s’agit d’une réponse sur le fond aux arguments développés par Fiammetta Venner et Caroline Fourest, et qu’ à aucun moment je n’accuse qui que ce soit d’islamophobie.

Peu méfiantes au début (18), nous lui avons proposé un entretien croisé (19) avec
Caroline Fourest.

(18) Contradictoire. Si mon texte était, comme elles le prétendent plus haut, un " interminable procès en islamophobie ", pourquoi Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont-elles restées " peu méfiantes " ?

Peu méfiantes au début (18), nous lui avons proposé un entretien croisé (19) avec
Caroline Fourest.

(19) Mensonge par omission. Fiammetta Venner et Caroline Fourest font ici comme si elles m’avaient proposé un " entretien ", c’est-à-dire une discussion orale, à la place de mon texte - dont elles m’auraient dit qu’il était impubliable. Or, les choses se sont passées tout autrement : dans leurs premières réponses, Fiammetta Venner et Caroline Fourest m’ont effectivement parlé de " croiser " mes positions et les leurs, mais ce qu’elles ne disent pas, c’est qu’elles me proposaient alors de faire cela en " croisant " mon texte (sous réserves de coupes, pour le réduire à " environ 30000 signes ") avec un texte de leur cru.

Après avoir fait mine d’accepter, il a ensuite prétendu
que nous n’avions rien compris et exigé que Prochoix publie son texte in extenso (30 pages !) (20), sans les réponses de Caroline Fourest (21).

(20) Faux. Je n’ai pas " fait mine d’accepter ", j’ai accepté une demande qui m’était formulée, à savoir : réduire mon texte de 57000 signes à " environ 30000 signes " (je peux produire le courier où cette demande de ProChoix est formulée). Et j’ai envoyé un texte de 36000 signes. Si l’on se réfère à la pagination de ProChoix (2500 signes par page), la version réduite que j’ai envoyée à ProChoix est donc un texte de 14 pages et demi - et non pas 30 pages comme le prétendent Fiammetta Venner et Caroline Fourest.

Je n’ai par ailleurs jamais écrit à Fiammetta Venner et Caroline Fourest qu’elles n’avaient " rien compris ". Là encore, je tiens à disposition la correspondance que j’ai eu avec ces deux personnes.

Après avoir fait mine d’accepter, il a ensuite prétendu
que nous n’avions rien compris et exigé que Prochoix publie son texte in extenso (30 pages !) (20), sans les réponses de Caroline Fourest (21).

(21) Faux. À aucun moment je n’ai refusé les réponses de Caroline Fourest. J’ai toujours dit, très clairement, que je ne voyais aucune objection à ce qu’elle fasse suivre mes réflexions d’un texte où elle y répondrait point par point ; la seule chose que je n’ai pas acceptée, c’est que ses réponses viennent entrecouper mon texte, et donner l’impression fausse qu’il y a eu un véritable dialogue. Voici, par exemple, ce que je disais à ce sujet dans le mail que je leur ai adressé :

"Je ne conçois pas que ma contribution soit découpée et entrecoupée de vos réponses, ce qui donnerait une apparence de dialogue à ce qui n’en est pas un. (…) on ne peut pas appeler "textes croisés", ou faire apparaître comme tels, deux textes qui ont été écrits en réalité l’un après l’autre. Je ne demande pas à re-répondre à votre réponse ; mais au moins, que le fait que je n’ai pas le dernier mot, et que je n’ai pas de regard sur ce que vous répondez, apparaisse clairement."

Comme je l’ai déjà écrit dans le texte " Pieux mensonges ", je n’ai toujours pas compris en quoi cette exigence gênait mes interlocutrices, puisque la publication de deux textes l’un après l’autre ne prend pas plus de place que le mélange de ces deux textes sous forme dite "croisée".

Naïves, nous
étions prêtes à accepter à la condition que son texte soit réduit à 10 pages
mais devant l’obstination de Pierre Tévanian à vouloir faire paraître un
texte utilisant les mêmes procédés et les mêmes termes que les islamistes (22)
contre les militants laïques (23), nous avons préféré publier d’autres textes,
reflétant eux aussi une position hostile à une loi contre le voile mais de
façon plus constructive (comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar ou un
texte d’Alain Lipietz) (24).

(22) Faux. Nous sommes ici dans l’anathème. Par anathème, j’entends : accusation non assortie d’éléments de preuve. En effet, je me retrouve ici accusé d’utiliser " les mêmes procédés et les mêmes termes que les islamistes ", sans que ce soient dits quels sont ces procédés et ces termes, ni où ils figurent dans mon propre texte. Je ne peux ici encore que renvoyer chacun à la lecture du texte en question (" Eclaircissements ") : chacun pourra constater que mon argumentation se place sur un tout autre terrain que celui des religieux.

Par ailleurs, nous sommes à nouveau en pleine contradiction : si tel était le cas, si vraiment mon texte avait utilisé mes mêmes procédés et les mêmes termes que les militants islamistes, on comprend mal pourquoi Fiammetta Venner et Caroline Fourest m’auraient proposé de dialoguer, ni pourquoi elles se seraient préoccupé du format de ce textes. Si mon texte avait vraiment utilisé des termes et des procédés " d’islamistes ", j’aurais aisément compris qu’une revue laïque et anti-cléricale m’oppose un refus catégorique de tout espace dans leur revue, ce que Caroline Fourest et Fiammetta Venner n’ont pas fait d’emblée.

Naïves, nous
étions prêtes à accepter à la condition que son texte soit réduit à 10 pages
mais devant l’obstination de Pierre Tevanian à vouloir faire paraître un
texte utilisant les mêmes procédés et les mêmes termes que les islamistes (22)
contre les militants laïques (23), nous avons préféré publier d’autres textes,
reflétant eux aussi une position hostile à une loi contre le voile mais de
façon plus constructive (comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar ou un
texte d’Alain Lipietz) (24).

(23) Faux. Là encore il est nécessaire et suffisant de lire le texte en question pour constater que je ne m’en prends pas aux militants laïques en tant que tels. Je ne m’en prends qu’à une partie d’entre eux : ceux qui pensent que la promotion de la laïcité passe par la prohibition et donc par l’exclusion des élèves qui refusent d’enlever leur foulard. Or, il existe bien d’autres militants laïques : ceux par exemple de la Ligue de l’enseignement, de la FCPE, de la Ligue des droits de l’homme, du MRAP, de la Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives, de l’Association des Travailleurs Maghrébins de France, qui sont hostiles à la prohibition et à l’exclusion.

Naïves, nous
étions prêtes à accepter à la condition que son texte soit réduit à 10 pages
mais devant l’obstination de Pierre Tévanian à vouloir faire paraître un
texte utilisant les mêmes procédés et les mêmes termes que les islamistes (22)
contre les militants laïques (23), nous avons préféré publier d’autres textes,
reflétant eux aussi une position hostile à une loi contre le voile mais de
façon plus constructive (comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar ou un
texte d’Alain Lipietz) (24).

(24) Faux. La formule " comme un entretien avec Farhad Khosrokhavar ou un texte d’Alain Lipietz " signifie que ces deux textes sont deux exemples parmi d’autres de textes hostiles à l’interdiction du voile publiés dans le numéro 26 de ProChoix. Or, il n’en est rien : ces deux textes sont les deux seuls !

Précisons que si le texte d’Alain Lipietz tient sur 10 pages, l’entretien avec Farhad Khosrokhavar est ridiculement court, et ne laisse au chercheur aucune latitude pour développer quoi que ce soit d’approfondi : il tient sur une page et demie ! Soit, au total : moins de douze pages contre l’interdiction, à côté de plus de 60 pages pour l’interdiction !

Furieux (25), Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un
jour ne passe (26) sans qu’il ponde un article injurieux et souvent mensonger (27) à
l’égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout
d’avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus (28). Ce qui en fait (29) à
ses yeux, l’une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction
blanche" du plateau (sic).

(25) Faux. Cette vision psychologisante des choses ne correspond pas à la réalité. Ce n’est pas par fureur que j’ai consacré une part de mon temps à réagir aux écrits de Fiammetta Venner et Caroline Fourest, mais simplement pour apporter la contradiction aux contre-vérités qu’elles propageaient sur mon compte. Je ne nie pas que j’ai été affecté, sur le moment, par certaines de leurs accusations (celle de complicité avec les intégristes, ou encore celle de " racisme différentialiste "), mais cela ne m’a pas rendu " furieux ". Je dirais plutôt que cela m’a blessé, attristé, et interrogé. Avec le temps, seule ce dernier aspect subsiste : je continue de m’interroger sur les motivations de Fiammetta Venner et Caroline Fourest.

Furieux (25), Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un
jour ne passe (26) sans qu’il ponde un article injurieux et souvent mensonger (27) à
l’égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout
d’avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus (28). Ce qui en fait (29) à
ses yeux, l’une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction
blanche" du plateau (sic).

(26) Faux. Les animatrices de ProChoix prétendent qu’" il ne se passe pas un jour " sans que je " ponde " un article les attaquant, alors que, au cours des dernières semaines, mais aussi des derniers mois, des dernières années (et même depuis ma naissance !), je n’ai mis en ligne des textes consacrés à Caroline Fourest et Fiammetta Venner qu’un seul jour : le 14 décembre 2003 ! Ce jour-là, en effet, après avoir pris connaissance du numéro 26 de ProChoix, où ne figurait pas mon texte " Eclaircissements ", mais où figuraient en revanche plusieurs contre-vérités à mon sujet, j’ai mis en ligne le texte " Eclaircissements ", ainsi qu’un communiqué intitulé " Pieux mensonges ", où je réfutais ces contre-vérités et où je racontais dans quelles conditions " Eclaircissements " avait été refusé par ProChoix. Hormis ces deux textes, je n’ai jusqu’à aujourd’hui " pondu " aucun autre texte consacré à ProChoix ou à ses animatrices. Je n’ai rien " pondu " les concernant ni avant le 14 décembre, ni après le 14 décembre, et je n’avais pas l’intention de " pondre " quoi que ce soit avant de prendre connaissance du communiqué " Pierre Tévanian ou la gauche pro-voile ".

Pour être exhaustif sur la présence de Fiammetta Venner et Caroline Fourest sur le site Les mots sont importants, je me dois de préciser que Sylvie Tissot a également consacré un texte à ces deux personnes (intitulé "Mise au point, par Sylvie Tissot, en ligne dans la rubrique "Etudes de cas"), elle aussi contrainte et forcée par la nécessité de réfuter des contre-vérités à son sujet (publiées, cette fois-ci, dans le dernier livre de Fiammetta Venner et Caroline Fourest, Tirs croisés. Mais dans ce cas, ce n’est pas Pierre Tévanian qui a " pondu ", et ça ne fait jamais qu’un total de trois textes sur deux-cent, et seulement deux jours de " ponte " ! On est très loin de " pas un jour ne passe sans que… ".

Enfin le nom de Caroline Fourest apparaît dans un article intitulé " Campus ou champ de bataille ? ", mais cet article est dirigé contre Guillaume Durand, et pas une phrase n’y est consacrée à Caroline Fourest. Son nom intervient seulement dans une liste des neuf invités de l’émission " Campus ". Je précise qu’à aucun moment ce texte ne reproche à Guillaume Durand d’avoir invité Caroline Fourest ; la critique porte sur le fait qu’il n’a pas invités d’autres personnes : les filles voilées, les autres élèves, les professeurs ayant des élèves voilées, les parents d’élèves, les sociologues ayant travaillé sur le foulard ou sur l’école, les mouvements laïques opposés à la voie de la prohibition...

Furieux (25), Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un
jour ne passe (26) sans qu’il ponde un article injurieux et souvent mensonger (27) à
l’égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout
d’avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus (28). Ce qui en fait (29) à
ses yeux, l’une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction
blanche" du plateau (sic).

(27) Faux. Là encore, nous sommes dans l’anathème : nous avons affaire à une accusation gratuite, sans que soit apporté le moindre élément à charge. Lorsqu’on accuse quelqu’un de mentir, a fortiori de mentir " souvent ", il est préférable de citer les propos jugés mensongers, et d’apporter les éléments qui prouvent qu’ils sont mensongers. C’est ce que je suis en train de faire en ce moment même à propos des écrits de Fiammetta Venner et Caroline Fourest. Or, on ne trouve rien de semblable sur mes propres écrits dans le communiqué "Pierre Tévanian ou la gauche pro-voile" : il suffit à Fiammetta Venner et Caroline Fourest de dire que mes écrits sont " souvent mensongers ", sans dire lesquels ni en quoi. Je mets les deux responsables de ProChoix au défi de produire ces phrases prétendûment nombreuses où j’affirmerais quelque chose de faux à leur égard.

Furieux (25), Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un
jour ne passe (26) sans qu’il ponde un article injurieux et souvent mensonger (27) à
l’égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout
d’avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus (28). Ce qui en fait (29) à
ses yeux, l’une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction
blanche" du plateau (sic).

(28) Faux. Je n’ai jamais reproché à Caroline Fourest d’avoir déstabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de l’émission " Campus ". J’ai effectivement consacré un texte à cette émission, intitulé " Campus ou champ de bataille ? " (en ligne dans la rubrique " De l’importance des mots ", sous-rubrique " Le débat public et ses conditions "), mais, comme je viens de le dire dans le point précédent, la cible unique de ce texte est Guillaume Durand, à qui je reproche une composition tendancieuse de son plateau d’invités, et plus précisément la manière dont il exclut du débat les principaux concernés (les élèves voilées, les autres élèves, les professeurs, les parents d’élèves) et les sociologues ayant travaillé sur l’école ou sur le port du foulard, les militants laïques hostiles à l’interdiction ainsi que du foulard (la LDH, la FCPE, le MRAP, la Ligue de l’enseignement, etc.)... Caroline Fourest n’est absolument pas concernée par cette critique ; je ne lui consacre d’ailleurs aucune phrase dans ce texte, où son nom n’apparaît qu’au milieu de huit autres : la liste des invités présents sur le plateau !

Indépendamment de ce que j’ai écrit dans cet article sur l’émission " Campus ", je tiens à redire que, contrairement à ce qu’insinuent une nouvelle fois Caroline Fourest et Fiammetta Venner, je ne roule pas pour Tariq Ramadan, je ne me sens pas solidaire de lui, et par conséquent je ne reprocherais à personne de " déstabiliser " ce monsieur sur un plateau de télévision.

Enfin, à mon sens, Caroline Fourest n’a absolument pas déstabilisé Tariq Ramadan : à son corps défendant, en ne prenant pas ses distances avec les propos orduriers et racistes tenus par certains invités et en préférant faire bloc avec eux sur le thème de la laïcité en péril, elle a participé ce soir-là à la promotion de Tariq Ramadan, en le faisant apparaître une fois de plus comme une victime qu’on attaque à sept contre un, sans même lui laisser le temps de se défendre. Le seul moyen de réellement " déstabiliser " Tariq Ramadan aurait été de l’affronter en face à face, en lui laissant un temps de parole égal, et en lui reprochant des choses précises, notamment sur sa conception de la " pudeur " ou de la " complémentarité entre hommes et femmes ". Or, rien de tel n’a eu lieu dans l’émission " Campus ".

Furieux (25), Pierre Tévanian nous fustige désormais sur son site web, où pas un
jour ne passe (26) sans qu’il ponde un article injurieux et souvent mensonger (27) à
l’égard de ProChoix ou de Caroline Fourest, à qui il reproche surtout
d’avoir destabilisé Tariq Ramadan sur le plateau de Campus (28). Ce qui en fait (29) à
ses yeux, l’une des "bourgeoi-se-s blanc-he-s" représentante "la fraction
blanche" du plateau (sic).

(29) Faux. Ce serait parce que Caroline Fourest aurait su " déstabiliser " Tariq Ramadan qu’elle se serait attirée mon antipathie et que je me vengerais en la traitant de " bourgeoise blanche ". Or, rien de tel n’est dit dans le texte en question, qui, je le rappelle, ne consacre aucune phase à Caroline Fourest. Son appartenance à la bourgeoisie blanche n’est pas une insulte mais un fait, et qu’elle déstabilise ou pas Tariq Ramadan n’y change rien ! Je le répète : c’est Guillaume Durand qui est en cause dans ce texte, et l’appartenance de ces sept invités à la " bourgeoisie blanche " n’est pas invoquée dans le but de remettre en cause leur légitimité à parler, mais seulement dans celui de remettre en cause leur monopole ! En d’autres termes : ce n’est pas la présence de bourgeois blancs qui est dénoncée dans ce texte, mais la monopolisation de la parole par des bourgeois blancs, et plus précisément par certains bourgeois blancs, ceux qui sont favorables à l’interdiction du voile, et l’exclusion qui va de pair avec cette monopolisation : l’absence de filles voilées sur le plateau, l’absence d’élèves sans voile, l’absence de professeurs enseignant à des élèves voilées, de parents d’élèves… Voici en effet dans quel contexte précis intervient la référence à la bourgeoisie blanche " :

" On préféra inviter sept bourgeoi-se-s blanc-he-s, tous et toutes journalistes ou intellectuels médiatiques, tous et tou-te-s déconnecté-e-s des lieux dont il fut question (les établissements scolaires qui scolarisent des jeunes filles voilées, dans l’un desquels il se trouve qu’officie depuis huit ans l’auteur de ces lignes) ".

Ce que critique également mon article, c’est l’absence sur le plateau de pans entiers de la société civile laïque mais hostile à l’interdiction du voile à l’école (LDH, MRAP, FCPE, Ligue de l’enseignement, ATMF, FTCR, MIB, etc.), et notamment l’absence de bourgeois blancs hostiles à l’interdiction :

" On préféra nous montrer ce spectacle édifiant : la France blanche qui parle d’une seule voix (…) "

Je ne vois pas ce qu’il y a d’illégitime à poser cette question de la composition des plateaux, et notamment à remettre en cause l’uniformité sociale et " ethnique " des pannels d’invités. Caroline Fourest l’a fait elle même dans un passé récent, en consacrant la couverture de Prochoix et un article de trente pages (pas inintéressant d’ailleurs) à la place des " Femmes, Noirs, Arabes et Homos dans les reality-shows " (ProCHoix, n°20, printemps 2002). De même qu’on ne peut pas reprocher à Caroline Fourest d’insulter les hommes, les blancs et les hétérosexuels lorsqu’elle pose le problème de la place des femmes, des non-blancs et des homosexuels à la télévision, de même on ne peut pas m’accuser d’insulter Caroline Fourest et les sept autres bourgeois blancs invités par Guillaume Durand lorsque je reproche à ce dernier de ne pas avoir invité d’autres acteurs sociaux.

En effet, aux yeux de Tévanian, la laïcité
exigente est une valeur occidentale (30) qu’il n’est jamais loin de (31) considérer
comme une valeur coloniale et les militants laïques n’ont en réalité qu’un
seul objectif : "la défense de l’Occident" et le choc des civilisations (32),
même lorsqu’il dénoncent justement ce Choc des civilisation et la
stigmatisation imbécile de l’islam au profit d’une critique de toutes les
religions et de tous les intégrismes (comme l’a fait Caroline Fourest sur le
plateau de Campus).

(30) Faux. Je n’ai jamais qualifié une quelconque valeur, positive ou négative, de " valeur occidentale ", pour la simple raison que je récuse cette essentialisation de l’Occident. Pour moi, l’Occident n’est rien d’autre qu’une aire géographique, traversée par des valeurs diverses et antagonistes. Cela aussi, Caroline Fourest et Fiammetta Venner le savent très bien puisque, dans le texte que je leur avais adressé en vue d’une publication (" Eclaircissements ", en ligne dans la rubrique " Études de cas "), l’un des paragraphes était précisément intitulé " Il n’y a pas de "valeurs occidentales" " ! Ce paragraphe était d’ailleurs, ironie du sort, une réponse que je faisais à l’emploi malheureux que Caroline Fourest et Fiammetta Venner avaient fait de cette formule dans leur revue (ProChoix, n°25, p. 22) : c’étaient elles qui avaient parlé de " valeurs occidentales " ! (cf. " Eclaircissements, Première partie ").

En effet, aux yeux de Tévanian, la laïcité
exigente est une valeur occidentale (30) qu’il n’est jamais loin de (31) considérer
comme une valeur coloniale et les militants laïques n’ont en réalité qu’un
seul objectif : "la défense de l’Occident" et le choc des civilisations (32),
même lorsqu’il dénoncent justement ce Choc des civilisation et la
stigmatisation imbécile de l’islam au profit d’une critique de toutes les
religions et de tous les intégrismes (comme l’a fait Caroline Fourest sur le
plateau de Campus).

(31) Faux. Nous sommes cette fois-ci dans le procès d’intention : Caroline Fourest et Fiammetta Venner ne m’accusent pas de dire telle ou telle chose, elles se contentent de me reprocher ce que je ne suis " pas loin de considérer " ! À cela je ne peux évidemment rien répondre, puisque pour une fois aucun de mes textes n’est mis en cause. Je peux simplement dire qu’après avoir menti sur mes écrits, Caroline Fourest et Fiammetta Venner se trompent sur mes pensées : que la " laïcité exigeante " (notion qui reste à définir !) soit une valeur coloniale, je ne le pense pas. Je me garde bien de ce genre d’énoncés tellement généraux qu’ils n’ont aucun sens.

La seule chose que je peux penser, et que j’ai même écrite (dans un texte intitulé " Foulard et colonies ", en ligne dans la rubrique " Des mots importants ", entrée " Laïcité "), c’est que certains usages de la valeur " Laïcité " sont clairement colonialistes ou néo-colonialistes. Est-ce un hasard si plus d’un tiers des députés UMP qui se sont portés volontaires pour la commission Debré sur les signes religieux à l’école sont par ailleurs signataires d’une proposition de loi visant à la reconnaissance officielle de " l’œuvre positive réalisée par l’ensemble des Français en Algérie " ? Il ne s’agit bien entendu pas, en disant cela, de traiter tous les partisans de l’interdiction du foulard de nostalgiques de l’ordre colonial ou de néo-colonialistes, mais on ne peut pas non plus nier qu’une bonne partie d’entre eux le sont.

En effet, aux yeux de Tévanian, la laïcité
exigente est une valeur occidentale (30) qu’il n’est jamais loin de (31) considérer
comme une valeur coloniale et les militants laïques n’ont en réalité qu’un
seul objectif : "la défense de l’Occident" et le choc des civilisations (32),
même lorsqu’il dénoncent justement ce Choc des civilisation et la
stigmatisation imbécile de l’islam au profit d’une critique de toutes les
religions et de tous les intégrismes (comme l’a fait Caroline Fourest sur le
plateau de Campus).

(32) Faux. Là encore, les pensées que me prêtent Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont en totale contradiction avec tout ce que j’ai pu écrire. Je n’ai jamais écrit que les militants de l’interdiction cherchaient à susciter un " choc des civilisations " ; j’ai évoqué une seule fois le " choc des civilisations ", dans l’article sur l’émission " Campus ", et ce n’était pas comme une réalité mais comme une croyance infondée et nocive. Dans cet article, je n’accuse pas les partisans de l’interdiction du voile de croire à ce " choc des civilisations " ; c’est Guillaume Durand et lui seul qui est en cause, et ce que je lui reproche n’est pas de croire à cette vision du monde, mais simplement de contribuer à sa diffusion par ses choix éditoriaux, ou plus exactement par la composition de son plateau : sept blancs tous prohibitionnistes, et seulement deux hommes arabes et religieux pour représenter la position anti-prohibitionniste - et aucun blanc, aucune femme, aucun non-musulman anti-prohibitionnistes. Voici l’unique occurrence dans mon texte du terme " choc des civilisations " :

" la vision du monde que véhiculait ce plateau, par sa composition même, était de toute façon une vision du monde détestable : celle que Samuel Huntington a nommé le "choc des civilisations". "

A noter, Pierre Tévanian passe aussi une grande partie de son temps à tanner
les militants de l’Émancipation, une organisation laïque essentielle, pour
qu’ils fléchissent sur la question du voile ou qu’au mieux ils se taisent. Encore un contre-pouvoir en moins face aux islamistes (33)

(33) Faux et contradictoire. Ce passage oppose " les militants de l’Émancipation ", tous unis dans le combat prohibitionniste, à un individu isolé et pourtant doté d’un très grand pouvoir de nuisance : Pierre Tévanian ! La réalité est tout autre : je suis moi-même un militant de l’Émancipation, et c’est avec de nombreux autres militants - et surtout d’ailleurs des militantes - de L’Émancipation que je défends la position anti-prohibitonniste sur les signes religieux à l’école. Je précise qu’à L’Émancipation, les décisions se prennent " au consensus " : comment, dans ces conditions, un individu isolé pourrait-il " faire fléchir " ou " faire taire " une organisation dont tous les autres membres seraient des prohibitionnistes convaincus ? La vérité, c’est que cette organisation, comme beaucoup d’autres, est divisée sur la question de l’interdiction du voile et des autres signes religieux.

Heureusement, il
existe des militants de l’Émancipation suffisamment aguerris pour lui
résister mais comme à ProChoix (où Tévanian a fait exploser le comité de
rédaction depuis l’extérieur (34) ), il risque de les épuiser un moment…

(34) Faux. Je ne suis pas le Ben Laden du champ intellectuel, je n’ai pas le pouvoir de " faire exploser depuis l’extérieur " un comité de rédaction auquel je n’appartiens pas ! La vérité est qu’à la suite d’un désaccord de fond sur l’interdiction des signes religieux et sur la manière qu’ont eu Caroline Fourest et Fiammetta Venner de gérer ce désaccord (et notamment leur refus de publier mon texte sous sa forme réduite à 36000 signes), les trois membres les plus prestigieux du comité de lecture de ProChoix (Daniel Borrillo, Éric Fassin et Françoise Gaspard) ont choisi, pour des raisons qui leur appartiennent, de quitter la revue. C’est vraiment une vision manichéenne, voire infantile, et incroyablement méprisante pour ces trois personnes, que de croire qu’un individu malfaisant nommé Tévanian a eu le pouvoir de les téléguider ! C’est surtout révélateur d’une incapacité profonde à concevoir, supporter et affronter la contradiction.

À l’issue de cette éprouvante mise au point, je préfère m’abstenir de tout commentaire. Les faits sont déjà suffisamment éloquents, même si des questions demeurent : pourquoi un tel acharnement à salir et à mentir ? Et comment, dans de telles conditions, accorder désormais du crédit au " travail d’enquête " dont se prévaut ProChoix ?