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ProChoix : le choix de la calomnie (Première partie)

À propos d’un tissu de mensonges intitulé "Pierre Tevanian ou la gauche pro-voile"

par Pierre Tevanian
5 janvier 2004

Fiammetta Venner et Caroline Fourest, animatrices de la revue ProChoix, ont diffusé sur internet un communiqué de deux pages intitulé " Pierre Tevanian ou la gauche pro-voile ", qui est, sans exagération, un tissu de mensonges : une trentaine de contre-vérités en moins de deux pages ! Pour perdre le moins de temps possible, Pierre Tevanian a choisi de ne pas exprimer ce que lui inspirent les procédés de ces deux personnes, et de ne pas s’interroger sur leurs motivations. Il se contente donc de reprendre ligne à ligne leur communiqué (reproduit ci-dessous en caractères gras), en signalant chaque contre-vérité, et en apportant à chaque fois les éléments objectifs qui permettent de les réfuter.

Pierre Tevanian ou la gauche pro-voile (1)

(1) Faux. La pétition à laquelle j’ai participé, et qui s’intitule " Oui à la laïcité, non aux lois d’exception ", est extrêmement claire sur ce point : il y est dit, dès le second paragraphe : " Nous ne sommes pas des "partisans du voile" ".
Je n’ai cessé de le répéter dans tous les textes que j’ai écrits depuis. Tout en insistant sur la multiplicité des motivations animant les jeunes filles voilées, tout en rappelant que le foulard n’empêche pas tout processus d’émancipation de la part de ces filles, et tout en affirmant même que le foulard est parfois une arme dont elles se servent pour gagner des espaces de liberté, j’ai dit ou écrit à plusieurs reprises que les discours justifiant le port du foulard au nom d’impératifs de " pudeur " et de " protection face au désir masculin " expriment une vision inégalitaire du rapport hommes-femmes, qui n’est pas la mienne.

Tout cela, les animatrices de Prochoix le savent très bien, puisqu’elles ont publié la pétition " Oui à la laïcité, non aux lois d’exception " dans le numéro 25 de leur revue, en juin 2003, accompagnée de la mise au point que j’avais adressée au journal Libération pour protester contre le titre choisi par Jean-Michel Helvig : " Oui au foulard à l’école laïque ", et contre un texte où Elsiabeth Roudinesco qualifiait les signataires de la pétition de " partisans du voile ". Dans cette mise au point, j’écrivais notamment ceci :

" Pour les féministes que nous sommes, ce procédé est de sinistre mémoire : ce sont les lobbies "anti-avortement" qui en ont usé, lorsqu’ils ont nommé "partisans de l’avortement" celles et ceux qui soutenaient en réalité le droit à l’avortement. Il en va de même aujourd’hui : nous ne militons pas pour que les collégiennes ou les lycéennes portent le foulard, mais pour que celles et ceux qui le font ne soient pas privées de la possibilité d’étudier. La différence est de taille. "

Enfin, dans l’un des paragraphes du texte que je leur avais proposé pour leur revue, je ré-expliquait tout cela. Ce paragraphe était intitulé, de manière à mon sens suffisamment claire : " Il ne s’agit pas de défendre le voile ".

On savait déjà Pierre Tévanian suffisamment peu féministe pour avoir rédigé
un texte odieux sur le "féminisme à visage inhumain" (2) (parce qu’anti-voile !) (3)
ayant trôné tout l’été à la une du site de l’UOIF (4).

(2) Faux. Sans discuter du qualificatif " odieux " qui engage la subjectivité de chacun (sur ce point je ne peux que renvoyer à la lecture du texte incriminé, pour que chacun se fasse son idée), je me contenterai de souligner ce fait objectif : contrairement à ce qu’écrivent ici Caroline Fourest et Fiammetta Venner, ce n’est pas " le " féminisme " que je qualifie d’inhumain dans le texte en question, mais " un " féminisme. Le texte se nomme en effet " Un féminisme à visage inhumain ", et il ne vise qu’une toute petite partie du champ féministe : un unique article publié dans Le Monde par Anne Zelensky et Anne Vigerie. Ce qui est qualifié d’inhumain, ce n’est évidemment pas le souci de l’égalité entre hommes et femmes, que je partage et que je ne cesse de réaffirmer dans le texte en question, mais seulement les moyens que préconisent Anne Zelensky et Anne Vigerie pour y parvenir : l’interdiction et l’exclusion, qui condamnent des jeunes filles en formation à une très probable " mort scolaire ". Je précise d’ailleurs en fin d’article que le " visage inhumain " de ce féminisme est un visage " auquel nous ne sommes pas accoutumés " de la part de féministes. Comme brulôt anti-féministe, on fait mieux !

Voici, pour conclure sur ce point, comment s’ouvre ce texte paraît-il tellement "odieux " :

" Dans l’appel "Laïcardes, puisque féministes", lancé dans Le Monde, Anne Vigerie et Anne Zelensky, instituent un rapport de stricte équivalence entre le féminisme, la laïcité et l’exclusion des élèves "voilées". Nous contestons cette " évidence " : pour notre part, nous sommes "contre l’exclusion, puisque laïques et féministes". "

On savait déjà Pierre Tévanian suffisamment peu féministe pour avoir rédigé
un texte odieux sur le "féminisme à visage inhumain" (2) (parce qu’anti-voile !) (3)
ayant trôné tout l’été à la une du site de l’UOIF (4).

(3) Faux. Dans mon texte " Un féminisme à visage inhumain ", la position d’Anne Vigerie et Anne Zelensky n’est pas critiquée " parce qu’anti-voile ", mais parce qu’elle est pro-interdiction et donc pro-exclusion. Voici, pour ceux qui en douteraient, un autre extrait de ce texte :

" être athée, et penser qu’un monde sans religion est souhaitable, est une position légitime ; mais imposer cet horizon comme un préalable, faire de l’éradication de toute croyance religieuse une règle de droit positif, c’est la définition même d’une logique totalitaire. "

Là encore, comme credo " pro-voile ", on fait mieux.

On savait déjà Pierre Tévanian suffisamment peu féministe pour avoir rédigé
un texte odieux sur le "féminisme à visage inhumain" (2) (parce qu’anti-voile !) (3)
ayant trôné tout l’été à la une du site de l’UOIF (4).

(4) Mensonge par omission. Avant d’entrer en conflit avec moi, alors que la publication d’un de mes textes dans leur revue était encore envisagée, les responsables de Prochoix m’ont demandé de m’expliquer sur la publication du texte " Un féminisme à visage inhumain " par le site de l’UOIF. Je leur ai répondu que cette publication s’était faite à mon insu, et que j’avais demandé à l’UOIF de retirer le texte. J’ai ensuite publié un communiqué signé Collectif Les mots sont importants, sur mon propre site, le 3 octobre 2003, où je rappelle tout cela et où je dis notamment :

" Nous sommes des militant-e-s laïques et nous nous sommes engagés à de nombreuses reprises contre toutes les discriminations et en faveur de l’égalité radicale entre les sexes et les sexualités - notamment en faveur du droit au mariage et à l’adoption pour les couples homosexuels. Nous n’avons donc aucune affinité ni avec l’UOIF ni avec les thèses que peut soutenir cette organisation. "

Tout cela, Caroline Fourest et Fiammetta Venner le savent, mais ne le disent pas.

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(5) Flou. Que signifie " proche du MIB " ? Les responsables de ProChoix ne le précisent pas. Pour elles, cette proximité est un fait, et un fait suffisamment disqualifiant pour se passer de commentaires. Il se trouve que cette imputation ne me gène pas outre mesure. Sans avoir aucun lien organique avec le MIB, je me reconnais dans les combats qu’il mène contre les discriminations, les violences et l’impunité policières, ou encore contre la double peine. Afin de faciliter le travail de renseignements de ProChoix, je peux même ajouter que j’ai travaillé avec (entre autres) des membres du MIB à l’organisation d’un forum contre les violences policières et sécuritaires en mai 2002. Mais je n’en rougis pas.

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(6) Flou. Le caractère immédiatement disqualifiant de ma supposée proximité avec le MIB apparaît dans cette seconde affirmation, tout aussi floue que la précédente : le MIB serait " de plus en plus séduit " par Tariq Ramadan. Là encore, aucun élément factuel ne vient pour étayer l’accusation.

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(7) Faux. La formule " pour avoir initié " établit un rapport de cause à effet entre ma proximité supposée avec le MIB (et celle, indirecte et insinuée, avec Tariq Ramadan) et ma participation au lancement d’une pétition contre l’exclusion des élèves voilées. Or, aucun lien de ce type n’existe. Ce n’est pas avec le MIB, et encore moins avec Tariq Ramadan, avec qui je n’ai aucune relation, que j’ai initié cette pétition, mais avec des enseignants, des éducateurs, des parents d’élèves et des militant-e-s féministes d’horizons divers - et cela, les responsables de ProChoix le savent également, puisque dans un texte que je leur ai adressé, qu’elles ont lu (et qu’elles ont dans un premier temps accepté de publier sous réserves de réduction du format), figurait cette précision :

" Dans le numéro 25 de Prochoix, l’appel " Oui à la laïcité, non aux lois d’exception ", opposé à l’exclusion, a été présenté par erreur comme un texte " d’intellectuels ", " initié par Pierre Tévanian ". Il s’agit en fait d’une pétition initiée par un groupe d’enseignant-e-s, d’éducateurs, de militant-e-s associatifs laïques et de féministes. La rédaction du texte aussi bien que le recueil des premières signatures ont été un travail collectif, qui a impliqué notamment des militant-e-s d’Act Up, de Femmes Publiques et de l’Ecole des citoyens. "

Il est vrai que parmi la trentaine de " premiers signataires " figurait un membre du MIB, et que par la suite deux autres membres du MIB ont signé la pétition, par ailleurs signée à ce jour par près de 2500 autres personnes ! Le MIB n’a par ailleurs pas signé l’appel en tant qu’organisation, contrairement à d’autres mouvements politiques issus de l’immigration comme l’ATMF (Association des Travailleurs Maghrébins de France), la FTCR (Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives), Citoyennes des deux rives ou Femmes Plurielles. Quant à Tariq Ramadan, à aucun moment il n’a été associé à cette pétition.

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(8) Faux. Les responsables de ProChoix me font apparaître comme l’unique initiateur de la pétition, alors même qu’elles savent depuis longtemps que ce travail a été collectif, et qu’il a associé de nombreuses personnes - plus difficilement disqualifiables, il est vrai, qu’un individu isolé. Je renvoie là encore à la mise au point citée dans le point (7).

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(9) Mensonge par omission. Il est vrai que la pétition est parue dans Libération sous le titre " Oui au foulard à l’école laïque ", mais les responsables de ProChoix savent, pour l’avoir lue et publiée dans leur propre revue, qu’une mise au point rédigée par moi a été adressée à Libération (et publiée dans ce quotidien) pour protester contre ce titre, dont la paternité revient à Jean-Michel Helvig, responsable de la page " Rebonds " du journal. Le titre original était, comme je l’ai déjà dit, " Oui à la laïcité, non aux lois d’exception ", et depuis mai 2003, sur le site " les mots sont importants ", il est précisé, en introduction au texte, que le titre de Libération est un titre dans lequel les initiateurs de l’appel " ne se reconnaissent pas ". Il aurait été honnête de le rappeler ; ProChoix a préféré m’attribuer la paternité de ce titre ambigü, seul élément à charge pour faire de moi un " pro-voile ".

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(10) Faux. Tout d’abord ce n’est pas une manifestation mais un simple rassemblement de soutien qui a eu lieu devant le lycée Henri Wallon d’Aubervilliers. Ensuite, comme pour la pétition, je suis loin d’être le démiurge tout-puissant que décrivent les responsables de ProChoix : la mobilisation et le rassemblement de soutien à Alma et Lila Lévy, élèves voilées exclues pour simple port d’un foulard, a été un travail collectif auquel j’ai pris part, mais qui n’est pas mon œuvre propre. Parmi les principales organisations appelant à ce rassemblement, il y avait certes le modeste collectif Les mots sont importants, que je co-anime avec Sylvie Tissot, mais également les JCR, Socialisme par en bas, la FTCR, l’ATMF, le MIB ou encore le groupe féministe Femmes Publiques.

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(11) Faux. Je suis très loin de réduire le combat que je mène depuis plus de six mois contre l’exclusion des élèves voilées à une " guerre contre l’islamophobie ". Sans partager la vision de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, qui veulent proscrire le terme même d’" islamophobie " sous prétexte que des fondamentalistes s’en servent pour disqualifier tout discours critique les concernant, je n’ai que très rarement prononcé ce terme d’islamophobie. Je passe mon temps depuis six mois à préciser que je ne considère pas tous mes adversaires comme des racistes ; j’ai notamment écrit, dans le texte intitulé " Éclaircissements " que j’avais adressé (en vue d’une publication) à Caroline Fourest et Fiammetta Venner, qu’au delà de la lutte nécessaire contre l’islamophobie, j’ai bien d’autres raisons de m’opposer à l’exclusion des élèves voilées : en tant qu’enseignant, en tant que laïque, et en tant que féministe. C’est sur ces trois registres que j’ai construit toute mon argumentation contre l’exclusion, sans jamais traiter personne d’islamophobe (cf. notamment le texte " Eclaircissements ", écrit pour la revue ProChoix, ou encore l’argumentaire en 15 points qui figure dans la rubrique " Des mots importants ", à l’entrée " Laïcité ").

J’ai déjà dit (dans le texte " Pieux mensonges ") que non seulement je n’ai jamais traité Caroline Fourest et Fiammetta Venner d’islamophobes par écrit ou par oral, mais que je ne le pense même pas en mon for intérieur. Pourtant, ces deux personnes passent leur temps à me reprocher de telles attaques, et à y répondre en produisant des gages de " non-islamophobie " (leur combat contre les cléricalismes et les intégrismes chrétien et juif, leur amitié politique avec des " musulmans modérés " ou " libéraux "…) que personne ne leur demande - en tout cas pas moi.

Pourquoi ? Deux réponses sont possibles : l’une, malveillante, peut être résumée par le proverbe " qui se sent morveux, se mouche " ; l’autre, que je préfère, renvoie à des questions de stratégie argumentative : il est plus commode de répondre à une accusation absurde, que je ne formule pas (en tout cas pas à l’égard de ProChoix), que de répondre aux questions que je pose vraiment - notamment celle-ci, que je pose et repose depuis plus de six mois, et sur laquelle les 220 pages prohibitionnistes publiées dans les numéros 25 et 26 de ProChoix sont singulièrement muettes : que devient une fille voilée après son exclusion hors de l’école publique ?

J’en profite pour le redire une dernière fois : je ne considère pas Fiammetta Venner et Caroline Fourest comme des islamophobes ; j’affirme en revanche, au regard de leur communiqué " Pierre Tévanian ou la gauche provoile " (et plus précisément de la trentaine de points que je commente en ce moment), que ce sont des menteuses.

On le savait suffisamment
proche (5) du MIB (Mouvement de l’Immigration et des Banlieues de plus en plus
séduit (6) par Tariq Ramadan) pour avoir (7) initié (8) la pétition "Oui au foulard dans
l’école laïque" parue sous ce titre dans Libération (9) avant l’été, pour avoir
organisé une manifestation (10) de soutien aux soeurs Lévy, et pour avoir déclaré
la guerre à ce qu’il appelle l’"islamophobie" (11) des "croisés d’une laïcité qui
exclut" (sic) (12).

(12) Citation frauduleuse. Fiammetta Venner et Caroline Fourest me font dire ici quelque chose que je n’ai jamais dit, en collant bout à bout deux formules issues de deux textes différents. En effet, elles font comme si j’avais dit que " les nouveaux Croisés d’une laïcité qui exclut " étaient islamophobes. Or, dans le texte où j’emploie cette formule " nouveaux Croisés " (un texte intitulé " Foulard : le populisme contre le peuple ", en ligne dans la rubrique " Des mots importants ", sous-rubrique " Opinion "), le mot islamophobie est absolument absent - comme dans la plupart de mes textes consacrés à la question de l’exclusion des élèves voilées.

Après Ni putes ni soumises (13), Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou
encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont
importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda (14)... A croire que
tous les ennemis de Tariq Ramadan ou de l’UOIF sont aussi les siens (15), il nous
a harcellé (16) pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru
(d’une cinquantaine de pages), un interminable procès d’intention en
"islamophobie" de la revue (17) sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

(13) Faux. Contrairement à ce qu’affirment ici Caroline Fourest et Fiammetta Venner, je n’ai jusqu’à présent consacré aucun texte au mouvement Ni putes ni soumises. Sur les 200 articles publiés sur le site que j’anime avec Sylvie Tissot, et les dizaines d’articles que j’ai publiés en mon nom propre dans des journaux, je n’ai jusqu’à présent jamais rien écrit contre ce mouvement. Je mentionne seulement ce mouvement dans un de mes textes, intitulé " La logique du bouc émissaire " (en ligne dans la rubrique " Des mots importants ", entrée " Banlieue "), mais de manière très allusive (un paragraphe, sur un texte de 18 paragraphes !), et pas franchement hostile. Ce sont les grands médias qui sont les " cibles " de cet article, et du mouvement Ni putes ni soumises je ne dis que deux choses : d’une part que l’objet du mouvement (le sexisme en banlieue) est un objet dont la légitimité est indiscutable, d’autre part que les discours qui entourent ce mouvement sont critiquables.

Voici, pour qu’on en juge, le passage en question :

" C’est pourquoi, après l’arrivée à Paris de la Marche "ni putes ni soumises", un certain nombre de questions demeurent. Celle de la condition des filles et des femmes en banlieue, bien entendu, mais également plusieurs autres, et en premier lieu celle de l’instrumentalisation et de la récupération. Il ne s’agit pas de contester la bonne foi des "marcheuses", ni de mettre en doute leur capacité politique. Il s’agit encore moins de nier l’étendue et la gravité des problèmes de sexisme qui peuvent exister en banlieue, ni de décréter que ces problèmes sont secondaires par rapport à d’autres - comme le chômage, la précarité, la discrimination ou la violence policière. Il s’agit plutôt de s’interroger sur l’orientation que donnent à ce mouvement ses dirigeants, ses "parrains", et plus encore les médias qui l’ont abondamment couvert et les hommes politiques qui l’ont unanimement salué. Car si on ne prend pas en même temps la mesure de ces violences dans tous les milieux, et si l’on ne relie pas les formes spécifiques du sexisme en banlieue aux formes spécifiques qui existent ailleurs et qui les nourrissent, alors la révolte des "marcheuses" risque fort de se trouver dans une impasse. En d’autres termes, il est à craindre que le soutien unanime dont ont bénéficié les "marcheuses" soit lourd de non-dits et d’arrières-pensées : sans doute l’émancipation des jeunes filles de banlieue passe-t-elle par des échanges vifs, voire des conflits ouverts, avec les garçons et les parents ; mais ces conflits ne seront productifs que si en sont clairement écartés, au préalable, les "parrains" bienveillants qui ont de tout autres raisons, bien moins avouables, de s’en prendre aux garçons et aux parents. Des raisons moins féministes qu’opportunistes, ou sordidement racistes. "

Après Ni putes ni soumises (13), Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou
encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont
importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda (14)... A croire que
tous les ennemis de Tariq Ramadan ou de l’UOIF sont aussi les siens (15), il nous
a harcellé (16) pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru
(d’une cinquantaine de pages), un interminable procès d’intention en
"islamophobie" de la revue (17) sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

(14) Vision fausse et paranoïaque. Il est faux de dire que j’ai pu faire figurer ProChoix dans mon " agenda ", puisque, comme je l’explique plus en détail dans le texte " Pieux mensonges ", j’étais encore lecteur et même collaborateur de cette revue en mai dernier. Je n’ai fait que répondre l’été dernier (et d’une manière excessivement courtoise !) à un texte où, sans raison valable, Caroline Fourest et Fiammetta Venner qualifiaient mes positions de " complices " des intégristes, de " racistes différentialistes ", et me comparaient à un partisan de l’Omerta sur le sexisme en banlieue. Je n’ai donc fait que répondre à une première agression. Je l’ai fait, qui plus est, en recherchant la conciliation, avec un texte policé, ne répondant pas sur le même ton, et en proposant d’ouvrir le dialogue dans leur propre revue. Si j’avais voulu " me payer " Caroline Fourest et Fiammetta Venner, et faire d’elles mes nouvelles " cibles ", comme elles disent, je n’aurais pas pris la peine d’écrire un texte aussi retenu que celui que j’ai écrit (intitulé " Eclaircissements "), ni perdu six mois à essayer de négocier sa publication dans leur revue : j’aurais écrit un pamphlet et je l’aurais mis en ligne immédiatement sur le site que je co-anime (avec Sylvie Tissot), et qui est très lu (sans doute autant, et peut-être même davantage, que ProChoix : une moyenne de 500 connexions par jour ces dernier mois, avec des pics à 800, 1000 voire 1200 connexions par jour).

Après Ni putes ni soumises (13), Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou
encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont
importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda (14)... A croire que
tous les ennemis de Tariq Ramadan ou de l’UOIF sont aussi les siens (15), il nous
a harcellé (16) pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru
(d’une cinquantaine de pages), un interminable procès d’intention en
"islamophobie" de la revue (17) sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

(15) Faux. Nous avons ici encore affaire à un effet de " collage "
frauduleux et à une stratégie d’insinuation. Le raisonnement est le suivant : je m’en prends à Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco, Patrick Weil et ProChoix ; or, ces gens sont " les ennemis de Tariq Ramadan " ; donc je roule pour Tariq Ramadan et j’ai pour projet politique (inscrit dans un mystérieux " agenda ") de prendre pour " cibles " tous les ennemis de Tariq Ramadan. Malheureusement, je me dois de préciser à nouveau que je n’ai aucun contact avec Tariq Ramadan, et que je n’ai jamais considéré les personnes citées ci-dessus comme des " ennemis de Tariq Ramadan ". Je n’ai jamais rien lu d’elles concernant Tariq Ramadan, et c’est sur des questions précises que je les critique, dans lesquelles Tariq Ramadan n’a rien à voir : les textes où je m’en prends à Sami Naïr ou à Patrick Weil concernent leurs positions en faveur des lois Chevènement, et notamment leur justification de la double peine ; à Malek Boutih je reproche des prises de position sécuritaires ; à Elisabeth Roudinesco je n’ai consacré qu’un seul texte, co-écrit avec Sylvie Tissot, dans lequel nous lui reprochons des propos mensongers à notre égard ; et il en va de même avec ProChoix : les trois textes que moi ou Sylvie Tissot avons consacrés à Caroline Fourest et Fiammetta Venner sont tous des mises au point consécutives à des propos mensongers qu’elles ont tenu sur elle ou moi. Encore une fois, Tariq Ramadan n’a rien à faire là-dedans.

Après Ni putes ni soumises (13), Sami Naïr, Malek Boutih, Elisabeth Roudinesco ou
encore Patrick Weil (tous pris pour cibles sur son site "Les Mots sont
importants"), ProChoix figurait visiblement sur son agenda (14)... A croire que
tous les ennemis de Tariq Ramadan ou de l’UOIF sont aussi les siens (15), il nous
a harcellé (16) pendant des mois afin que nous publions un texte de son cru
(d’une cinquantaine de pages), un interminable procès d’intention en
"islamophobie" de la revue (17) sous prétexte de refuser une loi contre le voile.

(16) Faux. Animant un collectif dont le nom est Les mots sont importants, et prenant au sérieux la notion de harcèlement (notamment celle de harcèlement sexuel), je ne peux laisser galvauder cette notion en laissant dire que j’ai " harcelé " Caroline Fourest et Fiammetta Venner. Je n’ai jamais rencontré physiquement ces personnes, je ne les ai jamais appelées au téléphone, je n’ai fait qu’échanger des mails avec elles en vue de la publication d’un texte dont elles m’avaient dit accepter le principe. Je renvoie à nouveau au texte " Pieux mensonges ", où j’évoque plus précisément cet échange de mail. Je suis également près à communiquer, si nécessaire, l’ensemble de la correspondance, que j’ai conservée. Chacun pourrait alors constater que le ton est courtois de part et d’autre, et que c’est bien d’un échange qu’il s’agit : les mails se répondent (une dizaine de mails de part et d’autres sur une période d’environs trois mois), il n’y a pas d’avalanche de mails à sens unique de ma part, et à aucun moment Caroline Fourest ou Fiammetta Venner ne me demandent d’interrompre le dialogue. Comment, dans ces conditions, peut-on oser parler de harcèlement ?

(fin de la première partie)