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Religions, sexismes, homophobies

Quelques remarques sur un mauvais procès

par Pierre Tevanian
28 août 2013

Après mille autres, et à l’heure où l’islamophobie ambiante génère des violences de plus en plus graves, la chronique de Luc Le Vaillant intitulée « Ré-jouissances », publiée ce mardi 27 août 2013 dans Libération, recycle le plus fallacieux des argumentaires : l’islamophobie serait légitime – c’est dit expressément – dès lors qu’elle serait « voltairienne » – c’est dit tout aussi expressément, c’est même le titre de la chronique. « En un mot », nous dit le chroniqueur, et avec lui l’ensemble de l’éditocratie, et avec elle l’époque, l’islamophobie est soluble dans la « religiophobie » – ce sont, toujours, les termes de Luc Le Vaillant – laquelle religiophobie trouve quant à elle son incontestable légitimité dans « la cause des femmes et celle des homosexuels »… Nous y voilà !

On ne se contentera pas ici d’ironiser – sur le fait par exemple que ces causes hautement légitimes (celle des femmes, celle des homos ) puissent trouver quelque point d’appui un tant soit peu solide dans l’éditocratie française en générale, et chez Luc Le Vaillant en particulier, dont la vilaine prose sonne plus viriliste et hétérosexiste qu’autre chose – qu’on juge plutôt :

« Dans nos médiacraties où la pleurnicherie gangrène la réflexion, l’argumentation doit être menée sabre au clair. Au lieu patauger dans une tolérance molle qui cache un apartheid de fait, il faut continuer à batailler… »

On ne se contentera pas non plus de relever que les seuls témoins de moralité féministe revendiqués par notre voltairien couillu soient les plus-que-cramées Femen, dont le racisme anti-arabe et anti-musulman obsessionnel est désormais notoire. On répondra plutôt sur le fond, en relevant notamment :

- le sempiternel refrain sur la croyance qui relèverait du « domaine privé », et ne pourrait donc « au grand jamais » se « mêler des affaires publiques », un refrain dont l’absurdité a déjà été soulignée par Christine Delphy ;

- les amalgames anxiogènes entre de simples musulmanes pratiquantes (étrangement requalifiées en « voilées de combat » [1]), une fantasmatique cinquième colonne de « djihadistes des cités » (dont on aimerait que le journaliste nous indique la définition et le nombre exact), et les très réels et très imposants cortèges homophobes de « la manif pour tous », constitués quasi intégralement, que je sache, de catholiques de droite et d’extrême droite ;

- la méconnaissance de l’hétérogénéité et des contradictions sociales et politiques internes au monde religieux, l’essentialisation de « la religion », de « l’Islam » et du « catholicisme », transformés en personnages monolithiques et maléfiques qui, rien que cela, « refusent le libre arbitre des individus », « ne se sentent pas engagés par le pacte social » et last but not least « veulent contrôler l’intégralité de la vie humaine » ;

- l’inévitable bannière pro-féministe et gay-friendly, sur laquelle je vais me concentrer dans les lignes qui suivent..

Lesdites lignes qui suivent sont extraites de mon livre La haine de la religion, qui s’efforce d’analyser la manière dont, sur fond de racismes divers, et bien au-delà de la personne de M. Le Vaillant, cette fameuse et fumeuse « religiophobie » est devenue l’opium du peuple de gauche.

Du patriarcat

Parmi les griefs les plus canoniques qui sont adressés à « la religion » figure en bonne place sa supposée essence patriarcale, sexiste, antiféministe. Plus concrètement, dans le contexte de la France contemporaine, cela fait maintenant une décennie que la propagande antivoile et anti-islam s’est recentrée sur un registre culturaliste et une incrimination quasi-exclusive du sexisme, du machisme et du patriarcat portés par lesdits voiles et ledit islam. Cela fait près de dix ans qu’au prix là encore d’un ahurissant révisionnisme historique, on fait de la laïcité et du féminisme deux sœurs jumelles ou deux alliées naturelles [2], et que la focalisation sur un bouc émissaire étranger à « notre culture » ou « notre république laïque » permet d’un même mouvement à la majorité blanche de mépriser l’autre en toute bonne conscience et de s’innocenter de tout sexisme [3].

À l’occasion par exemple de l’affaire Ilham Moussaïd, c’est bien le voile, « symbole d’oppression sexiste », qui a été au cœur des réquisitoires. Quelques voix dissonantes ont cela dit réintroduit un peu de nuance, de complexité, de réel, en rappelant quelques faits simples, et en posant quelques questions tout aussi simples. Que sait-on par exemple du féminisme d’Ilham Moussaïd avant d’avoir discuté de la question avec elle ? Se permet-on avec les autres candidat-e-s, du NPA ou des autres partis, comme on le fait avec Ilham Moussaïd, d’émettre a priori des doutes sur leur féminisme ?

Tout fut dit par exemple, et bien dit, par un communiqué des TumulTueuses :

« Le chœur, admirable d’unité, des voix de gauche comme de droite, réclamant un certificat de bon féminisme à une candidate du NPA aux élections régionales, devrait réjouir les militantes féministes que nous sommes. Cependant, force est de constater qu’une fois encore, cette exigence se cristallise sur la même partie de la population : les musulmans. Ce début de campagne électorale nous a malheureusement montré que les propos sexistes, racistes et homophobes étaient largement partagés par l’ensemble de la classe politique de droite mais aussi de gauche. Nous invitons par conséquent les représentant-e-s de tous les partis à s’assurer de la réalité et de l’authenticité de l’engagement féministe de tou-te-s les candidat-e-s et élu-e-s de leur groupe. Nous engageons tou-te-s les représentant-e-s de parti politique ayant dénoncé la candidature d’Ilham Moussaïd à tourner leur regard vers leur propre camp et à ajouter à l’exigence de féminisme celle d’anti-racisme : que pense Xavier Bertrand des déclarations racistes de Brice Hortefeux ? Que pensent Aurélie Filippetti et Jean-Paul Huchon des déclarations racistes de Manuel Valls ? De celles de George Frêche ? Que pense Marie-George Buffet des déclarations racistes d’André Gérin ? » [4]

Tout fut dit, tout aussi bien, par une tribune de plusieurs candidates de la liste Europe Écologie :

« Contre Ilham Moussaïd, l’argument est rodé, imparable et toujours le même : tout le monde sait mieux que celle qui le porte ce que dit le foulard. En l’occurrence, tout le monde fait dire au foulard ce qu’Ilham Moussaïd ne dit pas. Ce que dit cette jeune femme ne semble guère intéresser d’ailleurs tous ceux qui la condamnent. En fait, ses mots n’ont pas le droit de cité. Elle est accusée de vouloir dire ce qu’elle récuse. »

« Nous considérons que l’on peut être à la fois croyante et laïque et que l’on peut s’appeler Ilham Moussaïd et être une militante anticapitaliste et féministe. Nous affirmons qu’elle a, comme nous, le droit de se présenter au suffrage des électeurs et n’avons pas de raison particulière d’exiger qu’elle montre patte blanche pour être candidate. Que les choses soient claires : nous nous réjouissons que cette jeune citoyenne ait choisi l’engagement politique dans un pays où nous y sommes toujours sous-représentées. » [5]

Cette dernière phrase mérite qu’on s’y arrête. Comme la loi antifoulard du 15 mars 2004, la campagne anti-Moussaïd a eu ceci de paradoxal qu’elle s’est autorisée du féminisme tout en ayant comme objectif le plus tangible l’exclusion de certaines femmes ou leur éloignement de certains espaces traditionnellement réservés aux hommes – l’école dans un cas, la représentation politique dans l’autre. J’y ai repensé avec amertume d’un an après l’affaire, alors que je venais simultanément d’apprendre la démission d’Ilham Moussaïd et de visionner le documentaire de Camille de Casabianca, C’est parti !, consacré à la naissance du NPA. Car ce que montrent de manière réaliste et implacable les quatre-vingt-dix minutes du film, c’est un processus politique (la mutation de la LCR en NPA, l’organisation des comités locaux, l’université d’été, le congrès fondateur, la stratégie médiatique) contrôlé de bout en bout par une caste masculine à 100 % : un certain Olivier Besancenot, un certain Alain Krivine, un certain Thomas et un certain Guillaume, dont j’ai oublié les noms de famille, et surtout un certain Pierre-François Grond, manifestement aux commandes, que je ne connaissais jusqu’à présent – Dieu est facétieux – que comme l’un des professeurs de lycée qui, à Aubervilliers en septembre 2004, avaient orchestré une abjecte petite cabale dans le but – qui fut atteint – de faire exclure deux lycéennes voilées : Alma et Lila Lévy [6].

Je ne dis pas qu’aucune femme n’apparaît dans le film, ni qu’aucune femme, hors champ, n’a dans le parti aucune position de pouvoir, et je dis encore moins que les quelques paroles féminines du film sont négligeables du point de vue de leur contenu. Je dis autre chose : je dis « comptez ». Combien d’hommes et combien de femmes, et à quelles places respectives ? Qui parle (beaucoup) et qui ne parle (presque) pas ? Qui « expose », « analyse » et « conclut » à la tribune, et qui « questionne », « intervient » et « témoigne », de la salle ? Qui organise et contrôle le processus, et qui le subit ?

Je me dis enfin cela : si l’on en juge par l’énergie déployée, par le temps passé, par l’encre et la salive dépensées, par le niveau de vigueur, de violence aussi et d’intransigeance, il semble – et c’est là ce qui me rend amer après m’avoir longtemps étonné – que pour quantité d’adhérents mais aussi d’adhérentes du NPA, l’égalité entre les sexes a été davantage menacée, au sein du parti, par la candidature d’une femme portant un foulard que par la monopolisation du pouvoir décisionnel par des hommes depuis quatre décennies.

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De l’homophobie

On m’objectera peut-être ceci : s’il existe une longue tradition, un renouveau et au final un corpus conséquent de « féminismes islamiques », « prenant sa source dans la spiritualité musulmane et faisant de l’islam une grille de lecture pour promouvoir l’égalité » [7], ce mouvement, pour l’essentiel, ne sort pas d’un cadre hétérosexiste [8]. Quand bien même de nombreuses voix (comme celle de Tariq Ramadan) condamnent fermement les agressions homophobes [9], « l’islam » demeure, comme les autres grands monothéismes, rétif à une complète égalité de traitement des homosexuels et des hétérosexuels – rétif notamment à un droit égal à la visibilité, à la conjugalité et à la parentalité. La forte mobilisation du grand rabbin de France, de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), et plus encore de l’épiscopat catholique contre les actuels projets de « mariage pour tous » vient nous le rappeler : la religion et l’égalité ne font pas bon ménage – au moins sur ces questions de politique sexuelle.

Au-delà des positions officielles, au-delà du discours public des clercs, des théologiens ou des penseurs religieux renommés, on pourra aussi invoquer un fait plus massif : des enquêtes d’opinion qui révèlent que la proportion d’opposants à l’égalité complète des droits matrimoniaux et parentaux entre homosexuels et hétérosexuels est plus importante chez les croyants et pratiquants des grandes religions monothéistes que dans le reste de la population. En mode Michel Onfray, enfin, on pourra citer tel ou tel verset de tel ou tel livre sacré, attestant que l’homosexualité n’est pas « permise » par « le judaïsme, le christianisme et l’islam ».

À tout cela je commencerai, une fois de plus, par opposer des faits : il existe des catholiques, des juifs, des musulmans et des musulmanes, croyants et pratiquants, qui se définissent comme homosexuel-le-s, qui vivent leur homosexualité et l’articulent donc, d’une manière ou d’une autre, avec leur catholicité, leur judaïté ou leur islamité [10]. « C’est intenable », diront en chœur Michel Onfray et pas mal d’autres, mais là encore : c’est possible. Et si je ne m’abuse, d’après ce qu’on peut lire dans la Torah, la Bible ou le Coran, la décision, pour ce qui est de savoir qui est juif ou pas, chrétien ou pas, musulman ou pas, bon juif, bon chrétien, bon musulman ou pas, n’appartient ni à Michel Onfray, ni à un rabbin, ni à un curé, ni à un imam, ni à un quelconque fidèle – mais à Dieu.

Quant aux données statistiques, si elles disent vrai, que nous disent-elles exactement ? Quelles conclusions nous autorisent-elles à tirer ? Plus précisément, en quoi des données statistiques légitiment-elles une attitude de méfiance ou de rejet a priori face à des personnes concrètes qui décident de s’engager dans des organisations politiques de gauche ? Car il est bon de le rappeler : ce ne sont pas les panels « catholiques », « juifs » ou « musulmans » qui viennent en bloc adhérer dans ces partis, mais des individus catholiques, juifs ou musulmans, dont on ne peut pas exclure a priori (on peut même légitimement avoir l’a priori inverse) qu’ils appartiennent à la minorité des catholiques, des juifs ou des musulmans favorables à l’égalité – une minorité qui est au demeurant assez conséquente.

Quoi qu’il en soit, le même principe d’égalité qui impose à une organisation progressiste de lutter pour l’égalité des sexualités doit aussi l’astreindre, en interne, à une stricte égalité de traitement entre les adhérents : ni plus ni moins qu’une même obligation, pour tous les candidats représentant le parti, quelles que soient leurs convictions religieuses ou irréligieuses, de soutenir la position du parti, sur la question du droit au mariage et à la parentalité comme sur les autres questions.

Si l’on s’aventure plus loin, si par exemple, sur la base d’une présomption d’homophobie elle-même fondée sur des données statistiques, on juge nécessaire de soumettre les adhérents notoirement musulmans ou catholiques pratiquants à des interrogatoires spécifiques sur leurs opinions personnelles concernant le « mariage pour tous » ou « l’homoparentalité », il faut alors, pour dissiper tout soupçon de discrimination raciste ou antireligieuse, généraliser cette pratique à bien d’autres catégories statistiques – et par exemple imposer le même type d’interrogatoires aux plus de soixante ans, athées compris, eux aussi surreprésentés parmi les sondés hostiles à l’égalité des droits familiaux. Et en poussant cette logique à son terme, il faudrait au final contester à tous les hétérosexuels le droit de représenter le parti puisque, statistiquement, l’opposition au mariage homosexuel et à l’homoparentalité est nettement plus élevée parmi les hétérosexuels que parmi les homosexuels.

Il faudrait aussi généraliser cet usage inquisitorial des données statistiques à toutes les autres questions politiques, sur lesquelles les enquêtes d’opinion ne manquent pas, et par exemple suspecter, interroger, voire exclure a priori du parti – ou a minima du droit de représenter le parti aux élections – toutes les personnes issues des classes supérieures, puisqu’il est établi statistiquement que les classes supérieures sont nettement plus que la moyenne hostiles aux politiques de redistribution des richesses.

Ou encore, puisque les partis de gauche ne se déclarent pas moins antiracistes et antisexistes qu’anti-homophobes, il faudrait suspecter, interroger voire exclure a priori tous les adhérents ou les candidats de sexe masculin, puisque qu’il est statistiquement établi que les opinions sexistes sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes, et faire de même avec tous les adhérents blancs, puisqu’il est tout aussi établi statistiquement que les opinions racistes, xénophobes, islamophobes, sont plus répandues parmi les Blancs que parmi les non-Blancs.

Il s’agit bien sûr de politique-fiction – le problème, rappelons-le, c’est qu’en revanche, dans la vraie vie politique, Ilham Moussaïd a eu, comme tous les musulmans ostensibles qui se sont aventurés dans une organisation de la gauche française, à affronter une telle défiance inquisitrice, en particulier sur la question du sexisme et de l’homophobie.

Les goy devraient pour la même raison ne pas être les bienvenus au sein d’un parti progressiste et – donc – opposé à l’antisémitisme, ce fléau étant, c’est établi statistiquement, bien plus répandu parmi les goy que parmi les juifs. Moyennant quoi, au final, ne seraient bienvenues, dans un parti de gauche qui professe à la fois l’anticapitalisme, l’antiracisme et l’anti-hétérosexisme, que des lesbiennes noires ou arabes issues des classes populaires qui seraient à la fois juives, musulmanes et athées !

Qu’on m’entende bien : il n’est pas absurde que les groupes opprimés prennent eux-mêmes la direction de leurs luttes d’émancipation – il y a même, d’ailleurs, une célèbre formule de Marx qui le recommande [11]. Je remarque seulement que dans les faits, au NPA comme dans tous les partis qui se veulent des organisations de masse, cette logique du principe de précaution n’a jamais été à l’ordre du jour sur d’autres questions que le sexisme et l’homophobie et sur d’autres ensembles statistiques que les musulmans.

Enfin, si l’on décide de s’intéresser aux statistiques, il faut alors examiner toutes les statistiques, et par exemple reconnaître aussi que les panels de sondés musulmans sont nettement plus progressistes que le reste de la population sur des questions comme l’aide sociale, la redistribution des richesses, le racisme et la xénophobie. Et se souvenir enfin que, lorsqu’en mai 2012 il a fallu départager deux candidats à la présidence de la république, 93 % des musulmans ont voté contre le candidat ultra-conservateur qui avait fait campagne sur le travail, la famille, la patrie et le refus du « mariage homosexuel », et pour son rival socialiste, qui avait clairement annoncé qu’il instituerait ledit mariage homosexuel.

Mais, encore une fois, l’essentiel est ailleurs. C’est le fait que les organisations politiques de gauche sont des entités très particulières, dans lesquelles se mobilisent des minorités agissantes, et qui n’ont donc que peu à voir avec les majorités, tendances, dominantes, que nous révèlent les enquêtes d’opinion. On ne le répétera jamais assez : ce n’est pas « l’islam » qui vient adhérer au NPA, au Front de Gauche ou à Europe Écologie, ce n’est pas non plus « la communauté musulmane française », et pas davantage « le musulman moyen » ou « le musulman représentatif » : ce sont des individus singuliers, qui viennent sur la base d’une affinité politique avec des orientations politiques affichées par lesdits partis. L’attitude la plus raisonnable – et la moins discriminatoire – consiste dès lors à les présumer, jusqu’à preuve du contraire et ni plus ni moins que les autres adhérents, comme des militants à part entière, qui approuvent ou au moins acceptent les positions anti-hétérosexistes de leur organisation. Il pourra toujours y avoir de mauvaises surprises – mais ni plus ni moins, j’en ai bien peur, qu’avec des bons progressistes à la française, athées et bouffeurs de curés.

P.-S.

L’essentiel de ce texte est extrait La haine de la religion, paru en mars 2013 aux Editions La Découverte.

Portfolio

Notes

[1] En vertu de quels faits qui leur seraient imputables ? le journaliste ne le dit pas.

[5] Karima DELLI, Anne SOUYRIS, Véronique DUBARRY, Emmanuelle COSSE et Caroline MECARY, « Pour Ilham Moussaïd », Le Monde, 19 février 2010

[6] Cf. Alma et Lila LEVY, Deux filles comme les autres, La Découverte, Paris, 2004, et Laurent LEVY, La Gauche, les Noirs et les Arabes, La Fabrique, Paris, 2010. Une partie de cette équipe dirigeante a depuis lors quitté le NPA pour rejoindre le Front de gauche

[7] Cf. Zahra ALI (dir.), Féminismes islamiques, op. cit. Zahra Ali précise :

« En s’appuyant notamment sur la notion fondamentale de Tawhid (unicité divine), les féministes musulmanes affirment l’égalité de tous et toutes face au Créateur et insistent sur la gravité de la domination en tant qu’appropriation d’une autorité et d’un pouvoir qui n’appartient qu’à Dieu. »

[8] C’est ainsi que le formule Zahra ALI, in ibid. :

« Si la lutte pour l’émancipation des femmes en Occident s’est caractérisée par une désacralisation des normes religieuses, une libéralisation qui passe par un dévoilement du corps, les féministes musulmanes proposent un tout autre rapport au corps et à la sexualité, un rapport marqué par des normes et une sacralisation de l’intime, et par une défense du cadre familial hétérosexuel. »

[9] Cf. Tariq RAMADAN et Aziz ZEMOURI, Faut-il faire taire Tariq Ramadan ?, L’Archipel, Paris, 2005

[10] De manières diverses, plus ou moins collectives, plus ou moins publiques, plus ou moins formalisées dans des cadres associatifs, plus ou moins théorisées dans des écrits.

[11] « L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. »