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Touche pas à notre Angela !

Pour une visibilité politique du Black feminism

par João Gabriell
2 avril 2013

A l’occasion de la sortie du film Free Angela and all political prisoners, et en hommage à Angela Davis et à ses combats antiracistes, antisexistes, anticapitalistes, anti-prison, nous publions le texte ci dessous, dont une première version fut publiée sur l’excellent site Chronik d’un nègre inverti [1].

Tout a commencé il y a quelques années avec un article dédié à Angela Davis, sur un blog consacré principalement aux femmes noires. Je me suis rendu compte que la perception que j’avais d’elle n’était pas celle qui prévalait. Au fil du temps, d’autres discussions, d’autres blogs, d’autres écrits ont confirmé ce sentiment. A l’occasion de sa venue en France, il me semble important de revenir sur ce qui apparait toujours anecdotique dans les récits que l’on fait d’elle, alors qu’il s’agit selon moi de questions centrales.

Les mouvements sociaux sont généralement dirigés par les personnes détenant des positions dominantes en leur sein, et c’est là une évidence qu’il ne sera jamais vain de rappeler. Le féminisme dominant a pour sujet principal des femmes blanches, l’antiracisme des hommes non blancs hétérosexuels, les mouvements sexuels des hommes gays blancs, les mouvements anticapitalistes des hommes blancs hétérosexuels, et ceux d’entre eux qui portent une parole publique sont presque toujours favorisés par leur position de classe. S’il est entendu que ces positions ne sont pas équivalentes, et qu’elles ne bénéficient pas toutes du même (dis)crédit dans une société donnée, ces dominants ont le travers malheureux de nier, avec plus ou moins de virulence et de mauvaise foi, les rapports de pouvoir dont ils bénéficient, de manière absolue ou relative, au motif « qu’ils sont dominés sur tel sujet », donc comment peut-on oser leur parler de privilège sur tel autre sujet, comme le montre très bien ce début de texte.

Une autre façon de nier les rapports de domination au sein des espaces de luttes consiste cette fois en un étalage d’arguments aussi minables qu’éculés tels que : «  mais regarde Machin-e est Noir-e/ Arabe / musulman-e », « Machine est une femme », « Machin-e n’est pas hétéro » ou encore « Machin-e est de classe populaire », « c’est donc bien la preuve que tout le monde a sa place dans nos espaces !  ». Autrement dit, brandir fièrment les quelques personnes qui ont du pouvoir (encore faut-il en apprécier les limites pour se rendre compte de la supercherie...) et qui semblent échapper à la règle des rapports de domination dans telle ou telle lutte, rendrait caduque la question plus globale des rapports sociaux qui traversent et façonnent aussi les mouvements. No comment.

Angela Davis, l’antiracisme, l’anticapitalisme et quelques oublis…

L’article dédié à Angela Davis sur le blog dont je parlais en introduction la présente de la sorte :

« En 1968, après avoir obtenu son doctorat, Angela Davis est devenue enseignante à l’université de San Diego. Elle commence à militer au sein du parti communiste et des Black Panthers ; elle s’investit totalement dans la vie de la communauté noire en proie aux rafles incessantes de la police raciste. Angela est et restera une guerrière infatigable, constamment en action contre l’injustice, comme le démontre sa présence à de nombreux événements autour du Monde : manifestation contre la guerre en Irak, soutien à Mumia Abu Jamal , forum social européen, la liste est longue… Son credo : au lieu d’inculquer des connaissances pré fabriquées, il faut encourager le développement de l’esprit critique : « D’une conscience authentique de l’oppression naît la nécessité, clairement perçue par un peuple, d’abolir l’oppression. L’esclave qui tend à cette perception claire découvre vraiment le sens de la liberté. Il sait ce que signifie la disparition du rapport de maître à esclave. » (Angela Davis parle, Editions sociales, Paris, 1971″)

Très bien, mais en résumé, Angela Davis est une militante antiraciste et communiste.

Pas une seule mention du Black Feminism.

Certes, c’est un article de blog, pas un livre de 300 pages, donc « tout » n’aurait pas pu être dit. Malgré tout, une phrase sur le combat d’Angela Davis pour l’émancipation des femmes aurait été la bienvenue. Mais que les choses soient claires, l’auteur du blog n’est même pas en cause dans toute cette histoire. Il n’est qu’un exemple parmi d’autres de la manière dont la dimension Black feminist du combat d’Angela Davis peut être évacuée.

Le Black feminism dans le combat d’Angela Davis

Angela Davis a milité et milite encore contre le racisme et le classisme de la société états-unienne, en mettant notamment en exergue les liens qu’entretiennent racisme et capitalisme avec l’industrie carcérale et le complexe militaro-industriel. Son engagement pour la cause palestienne, rappelée avec force dans son intervention à Paris le 18 mars 2013, ainsi que son soutien à Georges Ibrahim Abdallah mis en image à Toulouse quelque jour après, démontrent un attachement à la lutte anti impérialiste qui va bien au-delà de la critique des mécaniques racistes au sein d’une société. Mais ce n’est pas tout : sa conception de l’oppression, en tant qu’un système global aux tentacules diverses, l’a aussi amenée à politiser sa condition de femme noire dans une société patriarcale blanche. Aussi bien en tant que victime de ce patriarcat blanc, qu’en tant qu’instrument de celui-ci, lorsqu’il s’agit d’attaquer les hommes noirs. C’est ainsi qu’elle ne s’est pas reconnue dans les mouvements féministes des années 1970, et s’est opposée à ce féminisme qu’elle définit souvent, avec d’autres, comme blanc et bourgeois :

« Je n’aurais jamais fait partie des mouvements féministes américains des années 1970. Ces femmes étaient bien trop bourgeoises pour moi ! En grande majorité, elles étaient blanches et se battaient pour le droit au travail et à l’avortement. Les Noires avaient déjà un travail, mais comme domestiques... Mais la question de l’émancipation de la femme a toujours été essentielle pour moi. » [2]

Cette conception de l’émancipation des femmes, pas du tout déconnectée de la problématique du racisme d’Etat, lui a fait dire dans la rencontre du 18 mars à Paris qu’elle ne comprennait pas cette « obsession pour le voile, même de la part de féministes !  » en France, et même, que cet acharnement anti voile faisait du voile un outil de résistance pour certaines femmes voilées, ce qui les rendaient «  plus féministes  » que celles qui ont entrepris de les dévoiler.

Mais il serait réducteur de voir dans la démarche d’Angela Davis une focalisation unique sur les problèmes que constitue un féminisme dominant avec ses effets désastreux, aussi bien sur les femmes noires que sur les hommes noirs de classe populaire, dans un contexte de ségrégation à la fois structurelle et institutionnelle. La pertinence du positionnement d’Angela Davis a résidé dans le fait d’avoir problématisé de manière conjointe la position de subalternes des femmes noires dans les communautés noires, elles-mêmes déjà subalternes :

« Nous étions beaucoup à ressentir qu’on nous demandait de choisir entre race ou genre, et nous voulions traiter les deux conjointement. Nous nous sentions marginalisées dans nos mouvements pour l’égalité raciale de même que nous le ressentions dans les mouvements l’égalité des sexes. Si les féministes blanches de classe moyennes avaient tendance à être racistes, beaucoup de stratégies antiracistes avaient tendance à être masculinistes » [3]

C’est bien là toute la difficulté pour les femmes non blanches, mais aussi là que réside toute la puissance et le caractère transformateur d’une approche Black feminist [4]. En effet, c’est parce que les femmes non blanches sont prises en étau, « entre » racisme et sexisme, entre mouvements féministes et mouvements antiracistes, quand bien même les pouvoirs de ces groupes diffèrent à l’avantage des premières, qu’elles ont une condition sociale qui bloque leur émergence comme des sujets politiques autonomes, qui n’auraient plus à choisir mais plutôt à embrasser race et genre.

Angela Davis, mais aussi bien d’autres, comme les lesbiennes noires radicales du Combahee River Collective, bell hooks, Audre Lorde, Patricia Hill Collins, Michelle Wallace, et d’autres anonymes ont constitué la force de cette tradition révolutionnaire. Pour ce qui est d’Angela Davis, et pour avoir une idée claire de son implication dans cette transformation sociale, c’est très simple : il suffit de lire Angela Davis, ou même de l’écouter, par exemple dans cette vidéo s’intitulant « Angela Davis : Wars Against Women – Past, Present and Future ? ».

C’est quand même époustouflant – et aussi particulièrement agaçant - de taire ou de minorer la composante Black feminist d’une femme qui a entre autres écrit des ouvrages comme Femme, race, classe ou Blue Legacies and Black Feminism, et qui dès qu’elle donne une interview, mentionne des choses comme «  sexual oppression », et encore bien plus souvent « gender oppression  », contextualisées bien évidemment dans sa compréhension du capitalisme et de l’impérialisme.

Ce qui pose problème dans ce type de préférences dans une biographie

On prend ce qu’on veut et on rejette ce qu’on ne veut pas. Pourquoi pas me dira-t-on ? C’est un peu ce qu’on fait tout le temps non ? Oui, c’est vrai. On peut aimer certaines idées d’Aimé Césaire, et pas d’autres. C’est mon cas. Mais il s’agit toujours d’antiracisme. Par contre, être à fond sur l’antiracisme, l’anticapitalisme de quelqu’un-e et ne pas connaitre/invisibiliser son féminisme noir, ce n’est pas du tout la même chose. Il ne s’agit pas d’avoir eu accès ou de préférer tel ou tel aspect d’une pensée, mais d’avoir eu accès ou de préférer tel ou tel combat. Dans le cas où il est question du manque d’accès à cette partie du combat d’une personne, cela rappelle que certains sujets ne circulent pas autant que d’autres. Ensuite, lorsqu’il s’agit d’un choix, cela révèle la position [5] d’où l’on parle et les objectifs poursuivis, ce qui en effet n’est pas spécifique à l’usage des idées prônées par Angela Davis, et qui tout en étant une option de liberté d’opinion pour chacun, reste intéressant à analyser.

On pourrait me rétorquer que tout le monde ne peut pas être engagé partout – ce qui est vrai – et que les références à une personnalité sont à contextualiser. En effet, si on est antiraciste, qu’on veut parler d’antiracisme, pourquoi mentionner le Black feminism d’Angela Davis ? Si on est marxiste, pourquoi parler de Black Feminism ? Tout simplement parce que c’est la moindre des choses pour quelqu’une qui s’est évertuée à expliquer que ces combats étaient imbriqués dans sa vie, dans sa propre chair. Cela peut se dire en une phrase de présentation, pas besoin d’écrire 20 pages sur le sujet. Cela n’implique aucunement de s’imposer un agenda, mais c’est assumer que les gens qui peuvent vous être utiles pour étayer un point de vue sur tel ou tel sujet, sont parfois en contradiction avec vous sur un autre. Voire que votre usage est une forme de dénaturation de la pensée de l’individu-e concerné-e.

On pourrait aussi me dire que mon propos revient à faire de la police du discours et sonnerait presque comme une injonction à l’érudition sur toutes les personnes dont on parle, une obligation à tout mentionner. Bien évidemment il ne s’agit pas de cela. Par exemple, si Angela Davis est passionnée d’aviation, je le saurais si je suis moi-même passionné d’aviation, cela me fera plaisir, mais il me semble que cela ne fait pas partie de la pierre angulaire de son œuvre. De ce fait, je serais culotté d’en vouloir à ceux qui parlent d’elle sans parler de son amour pour les avions. Par contre, le Black feminism est pour elle important, et c’est reflété par son œuvre et son discours. Cela imprègne sa pensée et, de ce fait, mérite d’être valorisé.

En dernier lieu, c’est aussi une lesbienne qui a décidé, à partir de la fin des années 1990, d’en faire quelque chose, en participant par exemple à un projet destiné à revaloriser l’estime de soi bien fracassée des noirs gays et lesbiennes aux Etats-Unis (et ailleurs, c’est assuré) : Black, Gifted and Gay.

Prenons le parti de nous-mêmes

Toutes les histoires sont faites de biais, d’oublis involontaires ou volontaires, d’épurations, qu’il s’agisse des histoires que l’on juge assez importantes et nobles pour les inclure dans les manuels scolaires, ou de celles que seuls des militantes et des militants passionnés chérissent et s’emploient à faire vivre. Le cas d’Angela Davis et la manière dont on la présente me semblent en être un bon symbole. Les intentions des personnes m’importent peu. L’important est le résultat : la composante Black feminist de son engagement est tue, minorée, moins connue et fouillée.

Ou alors - ce dont j’ai moins parlé dans ce texte puisque ma réflexion s’est construite à partir d’une expérience personnelle sur Angela Davis vue par l’afrocentrisme [6] - il y a la possibilité de se servir de ces dénonciations en tant que Black feminist, contre le machisme des Black Panthers, pour encore discréditer l’antiracisme et les hommes noirs.

En somme, vue la multiciplicité des questions sur lesquelles elle est engagée, il est toujours possible de donner d’elle une image tronquée qui change le sens de son engagement, selon les espaces et les personnes. Toutefois, il me semble par exemple que son attachement au marxisme n’est pas aussi minoré que son Black feminism, donc tout n’est pas relativisable à souhait…

Cela doit nous mettre en colère, nous qui sommes aussi pris en étau, qui nous battons contre les injonctions ici et là à choisir entre race et genre, race et sexualité, race et transidentité, de voir son combat et ses identités tronqués, par des personnes qui combattent ce que nous sommes et que nous tentons de faire exister, alors même qu’Angela Davis fait partie de celles qui ont proposé des solutions contre ces injonctions. De même, comment ne pas vouloir partager la colère consciente et politique du Collectif Déchoukaj, lorsque les rencontres organisées en sa présence en France profitent d’abord au monde académique, et laisse de côté celles et ceux pour qui son combat a le plus de sens et de liens ? [7]

De même, toujours en s’inscrivant dans cette dénonciation, comment ne pas voir que pour beaucoup, cela allant des médias aux simples individus, Angela Davis sert à situer le racisme ailleurs (aux Etats-Unis) et à une autre époque (dans les années 1970) et ainsi à ne pas réfléchir au racisme qui sévit en France, maintenant. Car, comment peuvent-ils l’encenser et passer leur temps à dépolitiser la question raciale toute l’année en France ? Comment peuvent-ils croire au « communautarisme », dès lors que nous prenons fierment le parti de nous-mêmes, alors qu’ils se montrent admiratifs de son combat en tant que Noire ?

Pour protéger ces figures que nous aimons vraiment, non pas parce qu’elles tiennent lieu d’idôles, mais parce que des mouvements sociaux remplis d’anonymes les ont façonnées – Angela Davis le dit elle-même - et qu’elles représentent des sources d’inspiration pour les luttes que nous menons ici et maintenant, il faut toucher aux vrais problèmes : qui estime qu’Untel est une figure qui peut nous être utile, alors que le travail d’Unetelle ne l’est pas ? Qui possède une parole qui peut circuler, dans quels espaces et en fonction de quel contenu ?

Tant que ce ne seront pas les lesbiennes et bisexuelles non blanches ainsi que les trans non blancs et non blanches [8], de même que les plus prolétaires d’entre nous, qui parleront en notre propre nom, et en fonction des spécifités des groupes non blancs desquels nous sommes issus, de l’endroit où nous vivons, etc, le récit des luttes féministes, antiracistes et anticapitalistes demeurera inchangé : blanc ou androcentré, et toujours bourgeois, sans même l’assumer pour au moins transformer le privilège en outils. C’est très simple : nous serons effacés de la mémoire des luttes qui sont menées aujourd’hui. Si les gens ne sont pas capables de donner de la place au Black feminism d’Angela Davis, qui pourra donc bien se souvenir de nos luttes ? Pire, en regardant de plus prêt, nous ne sommes mêmes pas reconnus comme des sujets qui luttent aujourd’hui, alors ma foi l’inquiétude pour l’avenir relève même de l’extravagance...

Nous devons défendre le récit et les usages qui sont faits de notre Angela Davis, pas pour elle-même, mais parce qu’il s’agit d’une tentative d’instrumentalisation de toute une tradition de pensées articulatrices. Ce qui est en cause ici, c’est la manière dont certains sujets sont recalés, dans certains contextes, et qui s’en accomode – ce qui ne suggère pas nécessairement qu’il s’agit de malhonnêté intellectuelle – et qui ne s’en accomode pas du tout.

Mais qu’importe les raisons et qui que tu sois, sache que notre Angela Yvonne Davis est antiraciste, anti impérialiste, marxiste et Black feminist.

Essaie de t’en rappeler [9]

Notes

[1] La ressemblance du titre de l’article avec les mollassons de SOS racisme qui n’ont fait que dépolitiser la question raciale, ainsi qu’avec les « Touche pas à mon mariage » que l’on peut lire un peu partout en France en ce moment, de la part des anti mariage homo, est fortuite.

[3] Il s’agit d’un entretien dans lequel Angela Davis parle de son combat contre les prisons, en lien avec la décriminalisation du travail du sexe pour laquelle elle est favorable, en raison des conséquences désastreuses pour les femmes, notamment les non blanches. C’est donc une prise de position qui permet d’approfondir ce que l’on sait déjà à propos de son engagement contre les prisons http://www.bayswan.org/eda-sf/pages/angeladavis.html

[4] Elsa Dorlin (dir), Black feminism, Anthologie du féminisme africain-américain, 1975-2000, Paris, L’Harmattan, 2008, 260 p.

[5] par « position », je ne parle pas de ce que quelqu’un est (femme, noire, etc), mais plutôt de ce que l’on choisit ou non de politiser à partir de ce que l’on est et qui explique des stratégies politiques. Et peut-être qu’en réalité, plus que ce qu’on dit ou qu’on ne dit pas, le problème c’est la stratégie politique qui sous-tend les silences sur certains sujets

[6] Je parle donc de ce que connais, mais je suis persuadé qu’on pourrait faire un article entier sur la manière dont des marxistes ou des féministes s’approprient Angela Davis, et avec quels biais.

[7] Le texte est disponible sur leur page facebook « Vous avez créé ici un cadre élitiste excluant les premières concernées par l’histoire de ces luttes, en faisant une course aux places comme s’il s’agissait de la sortie de Batman 7 version alternatif (dédicace au étudiants de sience po). En agissant ainsi, vous avez fermé un espace aux premier-e-s concernés qui, même si elles avaient trouvé l’argent, ne peuvent s’acheter une place. D’ailleurs Utopia sait très bien trier entre l’antiracisme rentable et celui qui ne l’est pas. Pour une Angela Davis encensée, combien de réalisateurs-rices descendants de colonisés méprisés et invisibilisés (Gomis, Mauduech, Deslauriers...). » https://www.facebook.com/collectif.dechoukaj/posts/309938069133706

[8] Je ne parle pas ici des hommes non blancs qui ont des relations sexuelles avec des hommes car il me semble que dès qu’on veut croiser race et sexualité, ils sont le centre qui efface tout le reste, à partir duquel toute une politique sexuelle non blanche est pensée

[9] Quand tu voudras par exemple te laisser aller à des élucubrations anti féministes, homophobes et lesbophobes, fussent-elles sophistiquées, quand tu justifieras l’exclusion des femmes voilées de la sphère publique, quand tu traiteras d’antisémites tout ceux qui critiquent la politique de l’Etat d’Israël, ou encore quand tu nous expliqueras que « le vrai problème ce sont les inégalités de classe », tout cela en te revendiquant des combats qu’elle a menés.