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Un racisme qui vient de (tout) en haut

Brève réflexion sur une violence raciste

par Collectif Les mots sont importants
25 février 2014

Des banlieusards exaspérés par les campements de Roms se développant aux alentours de leurs petits pavillons, des usagers du métro subissant quotidiennement la « mendicité agressive » de « petites Roumaines » expertes dans l’art du pickpocket : ce serait, une fois de plus, le « peuple » qui réclamerait plus de fermeté et de répression...

Ce serait à sa « demande » que les plus hautes autorités, Nicolas Sarkozy hier, et aujourd’hui le ministre « socialiste » de l’Intérieur Manuel Valls, iraient démanteler les bidonvilles dans lesquelles les Roms sont aujourd’hui cantonnés.

Ce peuple que les élites aiment à faire parler, ce n’est pourtant pas toujours lui qui prend les armes. Certes des opérations commandos ont eu lieu à Marseille contre des campements roms en 2012. Mais les Roms qui sont agressés à l’acide depuis l’été dernier à Paris font face à un tout autre agresseur. Le suspect qui a été arrêté est en eftet

« un haut-fonctionnaire passé par l’Institut d’études politiques (IEP) et l’Ecole des hautes études commerciales (HEC) avant un atterrissage un temps dans les services de Matignon »...

Une précision encore : cet homme « a été encarté au PS ».

Galvanisé sans doute par un ministre de l’Intérieur (PS) déclarant que les roms « n’ont pas vocation » à rester sur le territoire français, par une première adjointe (PS) de Paris s’inquiétant de voir sa ville devenir « un campement rom géant », par une concurrente (UMP) s’insurgeant contre des roms qui « harcèlent les parisiens », par une police qui l’ayant identifié l’a laissé faire pendant des mois jusqu’à que Mediapart « sorte l’affaire », il fait bel et bien partie de la France raciste.

Une France raciste qui n’est pas la France lepéniste telle qu’on aime nous la décrire : une France « d’en bas », « ouvrière » ou en tout cas « de condition modeste », et (donc, forcément) non-diplômée, et (donc, forcément) inculte, ignorante, vaguement débile – et à ce titre excusable quand elle se « trompe de colère »...

Une France raciste qui n’est pas cette « France qui souffre », « en proie à une profonde « insécurité sociale-et-culturelle », « sociale-et-identitaire »...

Non : une France raciste qui vit très bien, au coeur du Paris, et dont le malaise identitaire, s’il existe, ne va pas de pair avec une quelconque détresse socio-économique.

Une France raciste qui est aussi de longue date, il faudrait commencer à le reconnaître, la France de tout en haut.