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Un réfugié est un réfugié

Chronique de l’indignité radiophonique ordinaire

par Akram Belkaïd
12 septembre 2015

Nous sommes le lundi 7 septembre 2015, jour où nous avons appris que le maire de Belfort, Damien Meslot, et celui de Roanne, Yves Nicolin, déclarent vouloir accueillir des réfugiés syriens, mais seulement des Chrétiens...

Nous sommes donc le lundi 7 septembre, au soir. Sur France Inter, l’émission « Le Téléphone Sonne » aborde la question des réfugiés et de leur accueil en Europe. Une auditrice explique tranquillement les raisons de son refus de voir la France les accueillir...

Elle avance d’abord l’argument habituel selon lequel la situation économique ne le permet pas. Puis, elle indique que si elle ne veut pas des réfugiés sur le sol de l’Hexagone, c’est parce qu’ils sont musulmans, d’une « autre culture » et que, sans être « raciste », elle ne veut pas qu’il y ait « plus de femmes voilées dans la rue », car elle est « féministe »...

Sur le plateau, personne ne réagit sur l’instant. Quelques minutes plus tard, le chroniqueur Bernard Guetta explique à cette dame, dont il se dit persuadé « qu’elle n’est pas raciste », que les réfugiés « fuient les djihadistes » – bref, qu’ils sont des amis et qu’il ne faut pas avoir peur d’eux.

Pathétique…

Une réponse digne de ce nom aurait été de dire : Madame, la religion des réfugiés ne compte pas et la France se doit d’accueillir ces femmes, qu’elles portent ou non le foulard. Au lieu de ça, on a eu droit à un gloubi-boulga géopolitique.

Les réfugiés ne sont les alliés de personne. Ils fuient Assad comme ils fuient Daech. Légitimer leur accueil sous couvert de leur supposées convictions politiques qui seraient acceptables (rassurantes) est un discours d’évitement.

Un réfugié est un réfugié.

Point.