Les fast-thinkers se dévoilent (Deuxième partie)
« Avec des mots ordinaires, on n' "épate pas le bourgeois", ni le "peuple". Il faut des mots extraordinaires. En fait, paradoxalement, le monde de l'image est dominé par les mots. La photo n'est rien sans la légende qui dit ce qu'il faut lire - legendum -, c'est à dire, bien souvent, des légendes, qui font voir n'importe quoi. Nommer, on le sait, c'est faire voir, c'est créer, porter à l'existence. Et les mots peuvent faire des ravages : islam, islamique, islamiste - le foulard est-il (...)
[Études de cas]
- par Domenico Joze, 21 février 2005
Les fast-thinkers se dévoilent (Première partie)
Les éditorialistes et autres intervenants des débats politiques et médiatiques sont amenés, au gré des soubresauts de l'actualité nationale et internationale, à parler de sujets très variés. D'une semaine à l'autre, ils prennent leur plume pour évoquer tour à tour la situation en Irak, les élections aux États-Unis, de Hugo Chávez, de la Côte d'Ivoire, du conflit israélo-palestinien, ou encore des divers débats qui agitent la France.
Quel que soit le sujet que l'actualité mène à aborder, sa (...)
[Études de cas]
- par Domenico Joze, 18 février 2005
Les fast-thinkers se dévoilent (Présentation)
Le terme « fast-thinkers » (penseurs rapides) est de Pierre Bourdieu. Il l'utilise pour qualifier les éditorialistes et intellectuels médiatiques, toujours prompts à intervenir sur tous les sujets que l'actualité propose, dans des délais records, s'imposant comme des personnes prétendument capables de penser pertinemment dans l'urgence. Urgence et sagacité, pourtant, font rarement bon ménage...
« Ce qui est sûr c'est qu'il y a un lien entre la pensée et le temps. Et un des problèmes (...)
[Études de cas]
- par Domenico Joze, 18 février 2005
« C’est beau, une Favela, la nuit »
Quand ils cessent un instant d'exiger du peuple qu'il se serre la ceinture, les éditorialistes de la presse parisienne racontent leur vie dans des ouvrages à diffusion confidentielle. Le Plan B a visité ces conservatoires de la mondanité…
« Il y a dans la gauche caviar un tel décalage entre le discours public et le genre de vie, autrement dit une telle hypocrisie sociale, qu'elle dévalorise tout ce qu'elle touche. »
Jacques Julliard a réservé cette confidence (...)
[de l'importance des mots]
- par Le Plan B, 2 août 2007
Écrire contre la canaille
« Que l'humanité est une sale et dégoûtante engeance ! Que le peuple est stupide ! C'est une éternelle race d'esclaves qui ne peut vivre sans bât et sans joug. Aussi ne sera-ce pas pour lui que nous combattrons encore, mais pour notre idéal sacré. Qu'il crève donc de faim et de froid, ce peuple facile à tromper qui va bientôt se mettre à massacrer ses vrais amis ! » Ces mots de Leconte de Lisle sont l'un des nombreux exemples que donne Paul Lidsky dans son livre Les écrivains Français (...)
[Études de cas]
- par Collectif Les mots sont importants, 6 juin 2005
Des débats vraiment faux ou faussement vrais
Nous publions, dix ans après sa première parution, un extrait du livre de Pierre Bourdieu Sur la télévision, consacré aux « débats de société » tels que les médias audiovisuels les conçoivent et les mettent en scène. Dix ans après, les animateurs (Guillaume Durand) et les « invités permanents » (Minc, Attali, Sorman, Ferry, Finkielkraut...) sont toujours les mêmes que ceux qu'évoque Pierre Bourdieu. Mais ce qui a hélas encore moins changé, c'est la structure et la scénographie de ces débats (...)
[de l'importance des mots]
- par Pierre Bourdieu, 9 juillet 2006
La faute à Voltaire ?
Après l'affaire des « caricatures » de Mahomet, l'affaire Redeker est venue reposer la question des rapports entre critique de la religion, racisme et liberté d'expression. J'ai expliqué dans un premier texte (« Dix remarques sur un “collègue” ») ce qui permettait de distinguer le registre de la critique antireligieuse, auquel Robert Redeker est rattaché par ses défenseurs, du registre raciste, auquel se rattachent en réalité ses prises de position. Ceci (...)
[Études de cas]
- par Pierre Tevanian, 23 novembre 2006
À propos de l’islamophobie
L'utilisation du mot islamophobie a suscité un débat légitime, qui mérite approfondissement. Le terme est-il le mieux à même de rendre compte de certains phénomènes que nous connaissons en France, et plus largement dans le monde occidental ?
Une remarque sémantique préalable. " Phobie " vient du mot grec " phobos " qui signifie fuite (due à la panique), d'où un effroi, une peur intense et irraisonnée. C'est ce caractère " irraisonné " que met en avant le terme " islamophobie ", et non (...)
[des mots importants]
- par Alain Gresh, 4 mars 2004
Évidences et « gros concepts »
Le texte qui suit est extrait du Voile médiatique, qui paraît le 15 septembre 2005 aux Editions Raisons d'agir, et qui revient sur la construction politique et médiatique d'un faux débat : « le voile à l'école » (la table des matières du livre est indiquée au bas de cette page).
La tournure abstraite et idéologique qu'a prise le « débat sur le voile » transparaît de manière très nette dans une chronique d'un célèbre éditorialiste « multimédia » : Alain Duhamel. Publiée le 26 novembre 2003 (...)
[Études de cas]
- par Pierre Tevanian, 15 septembre 2005
Finkielkraut n’est qu’un symptôme
Les récents propos racistes d'Alain Finkielkraut sur le caractère ethnico-religieux des émeutes urbaines, les bons côtés de la colonisation et de l'esclavage, la France qui « n'a fait que du bien aux Africains », l'équipe de football « Black-Black-Black », etc., sont certes choquants, mais ils n'ont rien de surprenant ni d'exceptionnel...
Dès 1988, cet auteur décrétait la « défaite de la pensée », et désignait comme principal responsable « la pensée anticolonialiste ». Quelques années plus (...)
[Études de cas]
- par Collectif Les mots sont importants, 17 décembre 2005