Les mots sont importants : vivre dans l’omission de cette évidence laisse
la voie libre aux plus lourds stéréotypes, amalgames, sophismes et présupposés clôturant la pensée et la création mieux que ne le ferait la plus efficace des censures.
Il n’est évidemment pas question pour nous de dicter la bonne manière de penser ou de parler, pas plus que de dresser une liste des mots interdits. Mais si nous ne prétendons pas connaître la bonne façon de parler, nous considérons qu’il y en a indéniablement de mauvaises.
C’est l’analyse de certaines d’entre elles que nous proposons sur ce site, en soulignant l’ampleur et la gravité de leurs effets : entretien des préjugés et des politiques racistes ; légitimation de l’oppression dite « sécuritaire » ; euphémisation de nombreuses violences, notamment étatiques ; occultation des questions dites « mineures » comme le sexisme ou l’homophobie ; triomphe du mépris de classe et de la « guerre des civilisations »...
Contact : contact@lmsi.net
Collectif Les mots sont importants
Après une bonne décennie d’existence, et plus de 1000 textes publiés, le collectif Les mots sont importants a pris la décision de… ne pas s’arrêter ! Au moment où certaines des analyses que nous avons soutenues avec obstination depuis plus de dix ans, notamment sur le racisme et la xénophobie « d’en haut », ou encore sur l’instrumentalisation raciste du féminisme et de la laïcité, commencent à trouver un écho dans certaines sphères intellectuelles, il nous a paru pertinent de poursuivre avec un enthousiasme (...)
Père du filleul d’Alain Bauer , porte-voix de la fierté Blancos, Manuel White vient d’être nommé ministre de l’Intérieur. Quelques rappels nous ont derechef paru nécessaires, pour savoir à quoi s’attendre de la part du nouveau Premier Flic de France... Non, Manuel Valls, le nouveau ministre de l’intérieur, ne fera sans doute pas de déclaration sur l’inégalité entre les civilisations. Il ne faudrait donc pas lui faire de procès d’intention. Il faudrait se garder de toute caricature. Le problème est que (...)
Il était une fois une jeune militante des Verts, nommée Aurélie Filippetti. Il était une autre fois, un peu plus tard, une encore jeune ministre de la culture socialiste, nommée, elle aussi, Aurélie Filippetti... Il était aussi une fois (c’était en 2004) une loi d’exception ciblant les élèves portant le voile et leur interdisant l’accès à l’école – et il était une fois une pétition contre cette loi d’exception, que l’écologiste Aurélie Filippetti fut l’une des toutes premières personnalités politiques à (...)
En cette journée internationale de lutte contre l’homophobie, nous republions l’article de Elena Avdija qui nous rappelle que cette lutte doit se mener partout, sans se limiter aux "banlieues"... Dans cet article, Elena Avdija a mené une enquête sur la construction de ces chiffres et la manière dont ils ont été relayés par l’auteur d’un livre sur l’homophobie en banlieue : "46% d’agressions physiques ont lieu en banlieue" : tel est le chiffre, pourtant faux, repris allègrement par de nombreux (...)
Certains diront : encore un livre sur les discriminations ! Ce sont les mêmes qui disent : « Assez de repentance ! » - comme s’il y avait eu le début de l’ombre d’une repentance — applaudis par tous ceux pour qui le pire cauchemar serait d’avoir à s’excuser de leurs ignominies ou de celles de leurs pères et frères. Arrogance du dominant, et arrogance française. Ou peut-être retard français : peut-on imaginer les Anglais parler aujourd’hui de la colonisation de l’Inde et la défendre en disant : « mais (...)