A qui ouvrir les pages du Monde des livres la semaine qui précède la traditionnelle manifestation du 8 mars ? A une féministe ? Quelle bonne idée, mais quand même pas n’importe qui et à n’importe quelle condition. D’accord pour soutenir les femmes, mais en traçant soigneusement – l’opération a été faite mille fois [1] – une frontière entre le bon féminisme et le mauvais féminisme.
Le mauvais ? Sans surprise, c’est un féminisme intersectionnel « dévoyé », allié de « l’antiracisme », indulgent vis-à-vis des agresseurs racisés, frayant – Mon Dieu ! – avec les « antifas ». Un féminisme qui traite les gens de « fachos » ou encore de « féministe blanche ». Voyez-vous ça.
Tout cela est dit, bien entendu, par une essayiste féministe, interviewée par le directeur des pages Livres du Monde, qui, faisant mine de retranscrire simplement ses propos, boit tranquillement son petit lait antiwoke.
Les arabes qui disqualifient la lutte contre l’islamophobie sont toujours accueillis à bras ouverts. Cette fois-ci, un homme qui, par ailleurs, sert sans honte la soupe à l’essayiste ultra-réactionnaire Alain Finkelkraut [2], convoque une femme pour dégueuler sur nos luttes. C’est bel et bien : dégueulasse.




