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Syrie : le martyre d’une révolution

Rencontre avec Joseph Daher autour de son nouveau livre, mercredi 19 avril à Paris

par Joseph Daher
21 mars 2023

Comment un immense soulèvement populaire a-t-il pu être étouffé et noyé dans le sang ? Pour répondre à cette question, Joseph Daher revient à la racine du problème, en proposant, dans son livre Syrie. Le martyre d’une révolution, une analyse minutieuse du régime de Bachar al-Assad, mélange de despotisme et de corruption. Puis il reprend le déroulé précis du soulèvement et de la répression brutale qui lui a aussitôt répondu, et rappelle enfin par quels processus historiques singuliers un soulèvement populaire, pacifique et inclusif s’est mué, à son corps défendant, en un affrontement militaire dominé par des forces sectaires et impérialistes. Entre un oppresseur surarmé et secondé par des alliés puissants – Russie, Iran, Hezbollah – et un mouvement de libération abandonné, ou « soutenu » de manière incantatoire, ambivalente ou inconséquente par les puissances occidentales, sans oublier l’intervention mortifère de l’Etat Islamique et les revendications spécifiques du mouvement de libération kurde, Joseph Daher nous aide à comprendre ce qu’on nomme un peu vite et dédaigneusement « l’échec de la révolution syrienne » – et le triomphe provisoire d’un régime qui fut un temps aux abois. En guise d’introduction à ce livre utile, sur une histoire qui est loin d’être finie (et un combat qui ne pourra que renaître), et en prélude à une rencontre rencontre avec son auteur, qui se tiendra le mercredi 19 avril à 19h à la librairie La Brêche (27 rue Taine à Paris), nous en proposons ici les premières pages.

La Syrie est au centre de l’actualité mondiale depuis mars 2011, à la suite du début d’un soulèvement populaire dans le pays et de sa violente répression. La guerre civile syrienne a évolué de plus en plus au fil des ans vers une guerre impliquant de multiples acteurs locaux, régionaux et internationaux. La grande majorité des observateurs, politiques et universitaires ont analysé la conflagration syrienne à travers des visions uniquement géopolitique ou en termes confessionnels, assimilant les communautés religieuses à des positions politiques et, dans les deux points de vue, ignorant les dynamiques politiques et socio-économiques à l’origine du soulèvement populaire.

Ce livre présente les origines et les développements du soulèvement syrien qui a commencé en mars 2011 dans le cadre de soulèvements populaires plus larges au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MOAN). Ces évènements et processus sont le résultat de la confluence et du renforcement mutuel de différents sources d’insatisfaction, de lutte et de mobilisation populaire. Ces batailles sont étroitement liées et ont permis à différents secteurs de ces sociétés d’unir leurs forces pour se rebeller contre des régimes autoritaires et corrompus, jugés responsables de l’aggravation continue de la crise sociale et économique.

Bien que la guerre ne soit pas terminée et que certains territoires restent en dehors de la domination du régime à la mi 2021, la survie et le maintien du régime étaient presque terminés, malgré un affaiblissement significatif et des contradictions internes importantes. Ce livre vise à examiner les raisons et les racines de la résilience du régime de Bachar al-Assad.

Quelle est la nature du régime bâti par la famille Assad ? Qui étaient les acteurs impliqués dans le soulèvement et comment se sont-ils organisés ? Comment le régime a-t-il réagi pour réprimer le mouvement de protestation ? L’opposition a-t-elle pu présenter une alternative crédible au régime ? Quel a été le rôle des mouvements fondamentalistes islamiques et djihadistes ? Comment les interventions régionales et internationales ont-elles influencé le soulèvement en Syrie ? Quelles sont les raisons du développement d’un soulèvement populaire pacifique en une guerre civile armée avec des composantes régionales et internationales ? Nous partons de cette analyse des dynamiques internes propres à la Syrie et les replaçons dans un cadre global, qui inclut les tendances régionales et les enjeux internationaux. Ces questions sont intrinsèquement liées.

Des militant.es syrien.es se sont également posés ce genre de questions. Dans une étude menée en 2015 par l’organisation non gouvernementale (ONG) Dawlaty, qui comprenait 139 militant et militantes pacifiques, l’un des « divers facteurs qui ont conduit à la création de lacunes au sein du mouvement non violent, et qui a ouvert la voie à la militarisation et a accru la suspicion du mouvement de protestations de certains secteurs de la société syrienne, était notamment le fait que les militant.es souffraient de l’impression que le régime syrien tomberait rapidement, tout comme celui de Moubarak en Égypte et celui de Ben Ali en Tunisie » :

« Quand le régime a montré qu’il se maintenait, le problème de la fuite, du retrait et du recours à la militarisation est apparu. La révolution libyenne, avec son intervention internationale, est devenue un modèle attractif pour certain.es… » [1]

Nous verrons que les défis auxquels était confronté le mouvement de protestation, initialement large et inclusif, en Syrie qui avaient la capacité de fournir une alternative au régime d’Assad. Nous analyserons également les réactions et les adaptations du régime syrien afin de réprimer le mouvement populaire.

Pour analyser la résilience du régime, j’aborderai d’abord la nature du soulèvement en profondeur, en tenant compte de ses principales caractéristiques économiques, sociales et politiques, se déroulant dans un cadre local et international et dans une perspective de longue durée. Nous examinons les origines et les développements clés de ces événements en essayant de reconstruire les étapes de leur évolution. Cela se fera dans le cadre d’une analyse des changements sociétaux qui ont influencé les classes centrales de la Syrie, les minorités ethniques et religieuses et divers groupes aux intérêts divers, sans négliger l’arène politique régionale et internationale. Cette étude s’inspire d’une approche historique et matérialiste qui commence par étudier la société syrienne et ses transformations afin d’analyser et d’expliquer les événements. Ce faisant, il prendra également en compte les facteurs externes qui ont favorisé le déclenchement des manifestations, comme le renversement des dictateurs tunisiens et égyptiens. Cette approche prendra en considération l’impact des diverses politiques économiques - qui ont été mises en œuvre pendant des décennies, en particulier depuis les années 1960 - sur les sphères économiques et sociales, et leur impact sur la structure de classe syrienne, et sur la mosaïque confessionnelle et multiethnique du pays.

Trois arguments théoriques clés sont avancés. Le premier concerne la question de la formation des classes et de l’État en Syrie et leurs évolutions depuis la montée au pouvoir de Hafez al-Assad – le début de l’ère de l’ouverture économique – et sa relation avec la pratique politique de l’État. Si les politiques néolibérales ont conduit à un appauvrissement de pans importants de la société syrienne, elles ont également contribué à enrichir une couche de la communauté d’affaires du pays des diverses confessions religieuses, issues ou étroitement liées à l’élite dirigeante. La pratique politique de l’État est devenue de plus en plus sensible aux préoccupations de cette couche, avec laquelle il entretient des liens sociaux, politiques et économiques étroits. Cela se reflétait dans sa politique économique et dans son pratique répressive envers les membres de l’opposition et les secteurs de la bourgeoisie non liées à l’État.

Le deuxième argument théorique concerne la manière dont la Syrie a évolué dans un contexte régional particulier, avec des conséquences sur le soulèvement. Je m’inspire des analyses matérialistes de l’impérialisme pour démontrer comment les interventions des acteurs étrangers ont influencé la nature du soulèvement et la dynamique concernant l’État syrien.

Enfin, nous abordons la question du confessionnalisme et de sa dynamique afin d’expliquer son rôle dans le soulèvement. Divers acteurs locaux et régionaux impliqués dans le soulèvement ont utilisé des politiques confessionnelles pour mobiliser des secteurs populaires et comme outil pour atteindre leurs objectifs.

Ce livre est organisé en sept chapitres. Le chapitre 1 aborde tout d’abord les processus de développement inégaux et combinés de la région Moyen Orient et d’Afrique du Nord, parallèlement à l’influence de l’impérialisme dans l’économie politique de la région. Les caractéristiques de l’État autoritaire et patrimonial [2] dirigé par Bachar al-Assad sont ensuite analysées. La Syrie sous le règne de Bachar a connu le renforcement de la nature patrimoniale de l’État entre les mains de la famille Assad, à travers ses politiques néolibérales, et le remplacement des secteurs de la vieille garde par des personnes issues de sa famille ou des proches du nouveau dictateur. Les conséquences socio-économiques des politiques néolibérales sont également observées.

Dans le chapitre 2, la nature et la dynamique des acteurs du mouvement de protestation pendant les premières années du soulèvement, puis dans la militarisation ultérieure, sont analysées. La situation de quasi-double pouvoir, ou du moins une alternative potentielle au régime syrien, créée par la profondeur du processus révolutionnaire et la mise en place et l’expansion de conseils locaux gérant les affaires au niveau local, est étudiée. Le message et le comportement inclusifs de la majorité des organisations et comités locaux d’opposition étaient la menace la plus redoutée par le régime, qui a dénoncé le mouvement de protestation comme une conspiration étrangère menée par des « terroristes extrémistes » et des « gangs armés ».

L’escalade progressive de la violence et de la répression par les forces du régime a conduit à la défection d’un nombre croissant de soldats et d’officiers, mais surtout de plus en plus de civils à prendre les armes. Cela a abouti à la création de l’Armée syrienne libre (ASL). L’ASL s’est d’abord caractérisée par sa pluralité parmi ses nombreux groupes, qui s’est développée tout au long de 2011 et 2012. La dynamique des réseaux de l’ASL a évolué en raison de la répression terrible du régime syrien, de ses nombreuses divisions, et du manque de soutien organisé à l’opposition armée issue ou se réclamant de l’ASL. Enfin, le processus graduel de marginalisation des réseaux de l’ASL est examiné, se produisant notamment en raison de leur dépendance croissante à l’égard d’États étrangers, de l’absence de toute forme de centralisation organisationnelle pour se coordonner de manière plus efficace, et d’un leadership politique compétent et enraciné socialement qui peut unir les différentes composantes de l’opposition armée autour d’un programme politique spécifique.

Le chapitre 3 traite de la mobilisation de la base populaire du régime pour soutenir la répression. Les responsables de Damas ont utilisé leurs réseaux confessionnels, tribales [3] et clientélistes pour étouffer et réprimer les manifestations. Différentes stratégies de répression et de violence sont analysées. En garantissant et fournissant des services publics et des emplois, le régime de Damas a également engendré une forme de dépendance de la part de larges pans de la population, en particulier dans le contexte de la guerre croissante et de la crise socio-économique aiguë. En même temps, Damas a fait preuve d’une flexibilité temporaire envers certaines régions qui étaient généralement plus favorables au régime en leur offrant plus d’autonomie, ou du moins plus d’espace politique à leurs populations locales.

Le chapitre 4 examine l’échec de l’opposition en exil à constituer une alternative crédible, démocratique et inclusive qui aurait pu exprimer les revendications du mouvement de protestation. Des divisions fomentées par un certain nombre d’acteurs étrangers ont progressivement marginalisé les différentes formations d’alliances de l’opposition en exil. La croissance ultérieure des mouvements fondamentalistes islamiques et djihadistes était liée à l’affaiblissement et à la division des réseaux de l’ASL et des groupes et militant.es civils et démocratiques. Le message inclusif du soulèvement a progressivement perdu de son attractivité auprès de certaines sections de la population syrienne. Le rôle du régime syrien d’abord, puis des acteurs étrangers, dans l’expansion des mouvements fondamentalistes islamiques et djihadistes est exploré en détail, et de la corruption de certains réseaux de l’ASL et l’échec des différents États prétendant soutenir le soulèvement pour l’aider financièrement, militairement et politiquement. L’intervention d’États régionaux prétendant soutenir le soulèvement n’a fait qu’aggraver les divisions au sein des groupes d’opposition politiques et armés.

Au chapitre 5, l’implication de la population kurde et des groupes politiques kurdes dans le soulèvement est examinée. De larges secteurs de la jeunesse kurde se sont mobilisés aux côtés d’autres secteurs du peuple syrien contre le régime syrien lors du soulèvement, à travers la mise en place de comités de coordination locaux, tandis que les partis politiques kurdes, à quelques exceptions près, n’étaient initialement pas prêts à s’engager dans le mouvement de protestation. Au cours du soulèvement, la coopération entre les comités de coordination arabe et kurde et les jeunes a été fortement affaiblie pour progressivement cesser quasi complètement. Les sources de cette évolution sont principalement enracinées dans les actions des principaux représentants de l’opposition arabe syrienne en exil, rejetant les revendications nationales des partis politiques kurdes. En outre, l’influence croissante du Parti de l’Union démocratique (connu sous son acronyme PYD, car en kurde son nom est Partiya Yekîtiya Demokrat), avec la bénédiction du régime d’Assad, sur la scène politique kurde en Syrie, a de plus en plus marginalisé les liens avec les autres secteurs de l’opposition, et du soulèvement plus largement. Le reste du chapitre se concentre sur la montée en puissance du PYD, ses affrontements avec diverses forces armées d’opposition, et enfin la mise en place dans la région appelée du « Rojava » (qui en kurde signifie l’Occident) de l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) sous son autorité.

Au chapitre 6, l’internationalisation du soulèvement syrien et les interventions, directes ou indirectes, de divers acteurs internationaux et régionaux, sont analysées. L’implication massive des alliés de Damas, la Russie, l’Iran et le Hezbollah, et ses conséquences politiques, sont décrites en détail. La dépendance croissante du régime syrien à l’égard de la Russie et de l’Iran le rendait plus enclin à accepter leur influence politique, économique et culturelle. Les politiques des soi-disant amis de la Syrie (les monarchies du Golfe, la Turquie et les États occidentaux) sont également analysées. La question de la dite volonté des États-Unis et d’autres pays occidentaux d’intervenir en Syrie pour renverser le régime est examinée, tandis que les projets politiques des monarchies du Golfe et de la Turquie sont caractérisés par des rivalités et le manque d’unité. La création d’un soi-disant califat par l’État islamique (EI) a eu des conséquences sur les priorités des pays occidentaux envers la Syrie, qui se sont de plus en plus concentrées sur la « guerre contre le terrorisme » en Syrie, plutôt que sur un soutien à l’opposition. Parallèlement, l’établissement et l’expansion dans les régions à majorité kurdes du PYD ont progressivement changé l’orientation du gouvernement turc dans le conflit. Les monarchies du Golfe ont été de plus en plus confrontées à d’autres facteurs, tels que l’intervention militaire du royaume saoudien au Yémen depuis le printemps 2015 et les tensions qui existent entre le Qatar et l’Arabie Saoudite, en raison de leurs politiques divergentes lors des soulèvements de 2010-11.

Au chapitre 7, nous nous concentrons d’abord sur les conséquences humaines et socio-économiques de la guerre. L’expansion de l’économie de guerre a permis l’émergence de nouveaux acteurs économiques liés au régime. Cela s’est accompagnée de politiques économiques du gouvernement syrien visant à consolider son pouvoir et ses différents réseaux de patronage, tout en permettant de nouvelles formes d’accumulation de capitaux. En même temps, il y a un processus de concentration et de renforcement des centres de pouvoirs au sein du palais présidentiel, tout en consolidant de nouveaux réseaux pro-régime. La stabilité du régime est cependant loin d’être atteinte.

P.-S.

Ce texte est l’introduction du livre de Joseph Daher, Syrie. Le martyre d’une révolution, paru en 2022. Il est reproduit ici avec l’amicale autorisation de l’auteur et des Éditions Syllepse.

Annexe : Quelques éléments de géographie et de démographie

La Syrie comptait environ 24 millions d’habitants avant le soulèvement au début de l’année 2011. Environ 56% de la population était urbaine en 2010, avec un taux de croissance annuel de près de 2,5 à 3% dans les années précédant le soulèvement (Nasser et Zaki Mehchy 2012 : 3 ; Groupe de la Banque mondiale 2017 : 21). En 2011, 58% de la population syrienne était composée de personnes de moins de 24 ans (IFAD 2011).

Les musulmans sunnites arabes représentaient entre 65 et 70% de la population totale, tandis que le reste était réparti entre diverses minorités islamiques, notamment les alaouites (10 à 12%), les druzes (1 à 3%), les chiites (0,5%) et les ismaéliens ( 1 à 2%) ; diverses confessions chrétiennes (entre 5 et 10%) ; et les minorités ethniques, y compris les Kurdes (entre 8 et 15%), les Arméniens (0,5%), les Assyriens (entre 1 et 3%), les Turkmènes (entre 1 et 4%) et d’autres groupes.

D’importantes populations étrangères existaient également, en particulier les irakien.nes et les palestinien.nes avant le soulèvement. Environ 500 000 réfugié.es palestinien.nes ont été enregistrés en Syrie en 2011, et entre 1,2 et 1,5 million de réfugié.es irakien.nes de l’invasion américaine de l’Irak en 2003 résidaient en Syrie (UNRWA 2011 ; Banque mondiale 2017 : 13).

Notes

[1Dawlaty 2015 : 18

[2Des éléments de compréhension peuvent être trouvés dans la nature patrimoniale de l’appareil du régime en Syrie selon Gilbert Achcar (2013), dans lequel les centres de pouvoir (politique, militaire et économique) au sein du régime étaient concentrés dans une famille et sa clique (à savoir, les Assad), semblable à la Libye ou aux monarchies du Golfe. Ainsi, le régime a été poussé à utiliser toute la violence à sa disposition pour protéger son règne. Il a décrit l’État patrimonial dans la définition traditionnelle wébérienne comme un pouvoir autocratique et héréditaire absolu, qui peut fonctionner à travers un environnement collégial (c.-à-d. familles et amis) et qui possède l’État : sa force armée, dominée par une garde prétorienne (une force dont l’allégeance va aux dirigeants, non à l’État), aux moyens économiques et à l’administration. Dans ce type de régime, c’est un type de capitalisme de copinage qui se développe, dominé par une bourgeoisie d’État. En d’autres termes, les membres et les proches des familles dirigeantes exploitent souvent leur position dominante garantie par le pouvoir politique pour amasser des fortunes considérables.

En plus de la nature patrimoniale de l’État, et en renforçant ce modèle, était la caractéristique de rentier de nombreux États de la région, y compris la Syrie. La rente est définie comme un revenu régulier qui n’est pas généré par les travaux réalisés ou commandés par le bénéficiaire. Par conséquent, la plupart des États patrimoniaux de la région du MOAN sont généralement caractérisés par une « élite du pouvoir » trilatérale profondément corrompue, avec une imbrication entre l’appareil militaire, les institutions politiques et la classe capitaliste politiquement déterminée (une bourgeoisie d’État).

[3Selon Khedder Khaddour (2017a), « Une tribu, dans le contexte syrien, est une unité sociopolitique basée sur des familles élargies vivant sur un territoire défini, généralement des villes entières et des quartiers de villes ».