D’octobre 1961 à mai 1995, et après

Retour sur des crimes racistes et leur effacement
par Pierre Tevanian
17 octobre 2021

À l’occasion du soixantième anniversaire du crime d’octobre 1961, le collectif Les mots sont importants se joint aux appels à manifester, notamment à Paris, ce dimanche 17 octobre 2021 à 15h, du cinéma Rex au Pont St Michel à Paris. Nous publierons d’ici-là, chaque jour, un texte consacré à ce crime, à son occultation, et au travail de mémoire, d’histoire et de justice qui a dû être réalisé depuis, et qui (...)

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  • La ballade de John et Yoko

    Propos élégiaque pour une étoile du rock’n’roll et pour son démon avant-gardiste en minijupe

    par Pierre Tevanian 8 décembre 2020

    Yoko Ono est une artiste, elle a une œuvre de plasticienne et de musicienne avant, pendant et après John Lennon, qui pourrait en tant que telle justifier un texte – je me contenterai, parce que je connais mieux les ritournelles que les galeries d’art, de dire qu’elle préfigure Björk, Tom Tom Club, Cocorosie, M.I.A. et les B 52’s, et de citer son joyeux hymne féministe Sisters Oh Sisters , ainsi que deux beaux albums parus en 1973 : Approximately Infinite Universe et Feeling The Space. Mais puisque (...)

  • L’Homme générique n’existe pas

    La preuve par la langue

    par Noé le Blanc 4 décembre 2020

    Alors que de plus en plus de personnes et d’organisations adoptent pour se référer aux êtres humains une langue débarrassée de ses formes masculines soi-disant génériques, le terme d’ « homme » ne semble guère touché par cette évolution : il continue d’être employé de façon quasi-universelle pour désigner tous les membres de l’espèce humaine. Celles et ceux qui défendent cet emploi croient souvent utile de préciser que le mot doit s’écrire avec une lettre majuscule lorsqu’il est utilisé de façon générique. Outre (...)

  • Toute ressemblance...

    Le collectif Les mots sont importants vous offre une micro-fiction d’anticipation

    Après l’ONU, Amnesty International, la Défenseure des Droits, c’est la presse étrangère qui s’inquiète du tournant autoritaire en France : la majorité macroniste s’en prend à tous les contrepouvoirs et les garde-fous – des syndicats aux associations antiracistes, de la presse au monde universitaire, de l’Observatoire de la laïcité au le Conseil constitutionnel, de la liberté de circuler à la liberté d’informer et à la liberté d’expression... Mais parce qu’il faut, à un moment donné, arrêter de parler et (...)

  • Parce que rien n’est fini...

    Réflexions sur la solitude des Arméniens, entre vrais ennemis, faux amis et abonnés absents

    par Pierre Tevanian 22 novembre 2020

    Parce que rien n’est fini dans le Haut Karabagh, parce que le sort des Arméniens est plus précaire que jamais, les soutiens sont nécessaires. Il est toutefois des soutiens qui sont non seulement inutiles mais nocifs et offensants – en particulier ceux qui, au lieu d’essayer d’empêcher l’écrasement des Arméniens, contemplent le désastre et capitalisent politiquement dessus en prenant la pose de l’oracle. Par exemple pour mener, loin du Caucase, au sein de l’Hexagone, des campagnes racistes. Les lignes (...)

  • « Ne parlez pas, il faut aimer »

    Le collectif Les mots sont importants vous offre une (première) leçon d’obscurantisme républicain

    L’heure n’est plus à questionner, moins encore à critiquer. L’heure, à vrai dire n’est pas à parler, mais à aimer. Mais pas à aimer n’importe quoi ou n’importe qui. Pas trop à aimer les musulman.e.s, par exemple. Ni les enseignant.e.s. Ni la liberté, l’égalité, la justice. Mais plutôt la République et la police. Viscéralement, aveuglément, inconditionnellement. Fanatiquement, serait-on tenté de dire, si ce mot n’était pas réservé aux ennemis de la République et de sa police. D’un amour éternel et sans divorce – (...)

  • Pour la reconnaissance du Haut-Karabakh

    Appel pour un peuple en danger

    par Collectif 20 novembre 2020

    Le texte qui suit, paru initialement dans Libération le 19 novembre 2020 et initié par 48 chercheur.se.s, universitaires ou artistes, prend acte de la nouvelle situation créée par l’agression azerbaïdjanaise le 27 septembre dernier, et du cessez-le-feu qui l’a conclu le 10 novembre. De cette situation plus précaire et menaçante que jamais pour le peuple arménien, il tire la conclusion qu’il est non seulement légitime, au regard des principes fondamentaux du droit international, mais aussi nécessaire et (...)

  • Haut-Karabakh : pourquoi ce silence de la gauche occidentale ?

    Appel pour une solidarité internationaliste avec l’Artsakh

    par Collectif 19 novembre 2020

    Un collectif de signataires issu.e.s de la diaspora arménienne, accompagné.e.s de soutiens (liste complète en bas de page) se joint à la Coordination pour un soutien internationaliste à l’Artsakh, afin d’alerter sur la situation des Arméniens du Haut-Karabakh, dans une « Lettre ouverte aux organisations occidentales de gauche ». Cet appel, initialement paru dans L’Obs, est ouvert aux signatures en ligne.
    Le 27 septembre 2020, l’Azerbaïdjan a de nouveau attaqué le peuple de l’Artsakh (...)

  • « Tout doit disparaître »

    Quand l’azerbaïdjan réécrit l’histoire et la géographie

    par Charjoum 18 novembre 2020

    Les mots sont importants, les noms communs comme les noms propres – et parmi ces derniers, notamment, les noms de lieux. C’est ce que vient nous rappeler, ci dessous le collectif Charjoum (Le mouvement), qui se définit comme un « mouvement de défense des droits des Arméniens et des Arméniennes, solidaire avec toutes les luttes d’émancipation, pour la justice ». Pour information, par exemple, Stepanakert est la capitale d’une république autonome de fait, bien que non reconnue ar un Droit international (...)

  • Nul n’éleva la voix

    Pensées arméniennes d’une Algérienne, ou vice versa

    par Lila Benzid-Basset 17 novembre 2020

    En réaction à l’écrasement des Arméniens par les forces turques et azerbaïdjanaises, et en réponse à un texte d’Araxavan interpellant le silence de ceux qui devraient parler et la parole de ceux qui devraient se taire, Lila Benzid-Basset a écrit ces méditations algériennes et arméniennes, que voici.
    Je rajoute de la lecture à un excellent texte d’Araxavan, intitulé « Un cri », qui m’a beaucoup émue. Et notamment à ce passage, qui résonne très fort en moi :
    « À leur arrivée ses ascendants étaient perçus et (...)

  • Un cri

    Solitude arménienne, de Stepanakert à Paris

    par Araxavan 17 novembre 2020

    L’autrice présente ainsi les lignes qui suivent, publiées initialement sur Facebook le 8 octobre dernier : « Il m’arrive très rarement d’écrire sous le coup de l’émotion. Mais c’est arrivé, il n’y a pas longtemps. C’était alors que je regardais la diffusion d’une de ces manifestations organisées à Paris pour la paix en Artsakh ; ça s’est imposé à moi. Trop de fois, trop longtemps, j’ai refoulé ces paroles, espérant que, bientôt, un discours politique – qui n’est jamais venu – exprimerait tout ce que j’avais sur (...)

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