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Diffamation

Droit de réponse adressé à Marc Weitzmann, responsable de l’émission Signes des temps, sur France Culture

par Pierre Tevanian
17 novembre 2020

Alerté par une amie, Pierre Tevanian a découvert, ce dimanche 15 novembre, une émission de France culture le mettant en cause avec des propos d’une malveillance et une fausseté stupéfiantes, relevant de ce que l’on nomme, en droit, la diffamation. Voici donc une lettre qu’il a adressée à Marc Weitzmann, responsable de l’émission où ont été proférées les allégations diffamatoires – par un certain Jean-François Braunstein. Nous la rendons publique ici parce qu’elle nous a paru instructive, sur les moyens tout à fait singuliers que ne répugnent pas à utiliser certains défenseurs autoproclamés de l’éthique de la discussion.

À M. Marc Weitzmann

Monsieur,

Lors de votre émission du dimanche 15 novembre, au milieu d’un débat réunissant Ludivine Bantigny, Nedjib Sidi Moussa, Jean-François Braunstein et vous-même, M. Braunstein, tout en affirmant ne pas vouloir « polémiquer », et tout en se réclamant de la « raison » et de la rigueur académique contre les excès d’un certain monde militant, s’est permis de livrer mon nom en pâture en proférant des accusations graves et diffamatoires à mon encontre.

Cette personne a en effet cité mon nom comme exemple emblématique (et unique) des dérives qu’il combat et qu’il nomme le « racialisme ». Plus précisément, M. Braunstein a dénoncé l’idée que « les blancs seraient par essence coupables et racistes », et il a enchaîné par ces mots :

« Voir par exemple Tevanian, un Indigène de la république que vous connaissez : "Les Blancs sont racistes de naissance". Quand on commence à dire "Les Blancs sont racistes de naissance", moi ça me rappelle effectivement des heures un petit peu sombres. »

Une thèse m’a donc été donc attribuée, sans aucune équivoque. Cette thèse a été présentée, sans aucune équivoque, comme une citation, au style direct ou indirect libre, et en aucun cas comme une extrapolation personnelle de M. Braunstein.

Or, cette allégation est tout simplement diffamatoire puisque :

- elle est infamante ;

- elle est fausse ;

- l’excuse de la bonne foi ne peut prévaloir, il me serait facile le cas échéant de l’établir en justice.
 
Mise au point

Personne en effet ne trouvera jamais cette thèse, et aucune approchante, dans aucun de mes écrits – ni dans mon texte sur « La question blanche » (repris dans mon livre La mécanique raciste et dans l’ouvrage collectif De quelle couleur sont les blancs ?, sous la direction de Sylvie Laurent et Thierry Leclère, tous deux parus à La Découverte), ni dans aucun autre de mes écrits.

Plus que ça : le texte unique que j’ai consacré à « La question blanche » énonce et argumente expressément le contraire, à savoir :

- qu’on ne nait pas raciste, on le devient ; qu’il n’y a aucune naturalité du racisme ;

- qu’il n’existe pas de groupe homogène qu’on pourrait appeler « les Blancs » et qui serait indistinctement raciste ; 

- qu’aucun Blanc n’est voué au racisme par quelque destin que ce soit, ni biologique ni culturel ou social ;

- que la blanchité est une condition sociale non choisie, qui dans notre société génère un privilège par rapport à d’autres groupes qui sont discriminés, mais que blancs comme non-blancs, nous sommes en définitive, selon la formule de Sartre, « ce que nous faisons de ce qu’on a fait de nous ».
 
Telles sont donc, en résumé, les principales thèses qu’on trouvera dans mes écrits abordant ensemble les signifiants « Blancs » et « racisme ». Ceci est un fait, aisément vérifiable. Nous sommes donc, sans équivoque possible, aux antipodes des allégations de M. Braunstein, qui relèvent donc de la diffamation. Je vous demande en conséquence de lire à l’antenne le présent texte (ou au moins sa partie « Mise au point ») lors d’une prochaine émission, au titre du droit de réponse.
 
Avec mes salutations cordiales,

Pierre Tevanian

P.-S.

Au regard de la gravité de ce mensonge sur les thèses que je défends, mon appartenance chimérique aux Indigènes de la République est un détail de moindre importance. Je me permets toutefois, pour simplement mentionner une contre-vérité de plus, de préciser que je n’ai jamais fait partie du Parti des Indigènes de la république, ni auparavant du Mouvement du même nom – mais seulement signé un appel en 2005 et participé jusqu’en 2012 à des luttes communes.