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Les Arméniens de Turquie, entre stigmatisation médiatique et déni ordinaire

Les ressorts d’un « oubli » organisé

par Nazli Temir Beyleryan
14 juin 2023

L’importante thèse de doctorat soutenu en 2016 par Nazli Temir Beyleryan, portant sur la mémoire individuelle et collective des Arméniens de Turquie, vient enfin d’être publiée sous forme de livre. Cette recherche se base sur des entretiens nombreux et approfondis menés pendant trois ans (2009, 2010, 2011) en Turquie, dans plusieurs villes d’Anatolie et surtout à Istanbul, auprès de trois générations d’Arméniens et d’Arméniennes. Le résultat est aussi vivant et puissant que la rhétorique négationniste de l’État turc est scientifiquement morte et politiquement mortifère. L’autrice retranscrit longuement et fidèlement la parole de ses « enquêté·e·s », et mobilise dans son analyse aussi bien les outils, les concepts et les analyses de la sociologie (les travaux fondateurs de Maurice Halbwachs sur le concept de « mémoire collective », bien sûr, mais aussi les analyses de Pierre Bourdieu sur la domination politique, sociale et symbolique, et son concept d’habitus) que ceux de la philosophie (celle notamment de Jacques Derrida sur le « mal d’archive »), des études littéraires (Zabel Essayan, Marc Nichanian) et de la psychanalyse (Janine Altounian, Hélène Piralian, et bien sûr les analyses de Freud sur le travail de deuil). Il en ressort une dissection implacable du système génocidaire et de sa continuation négationniste, de la terreur d’État et de l’injonction à l’oubli à laquelle est soumise la minorité arménienne, par mille canaux institutionnels (de l’École aux médias, en passant par l’ensemble des rapports sociaux), et des « politiques de rappel » qui assurent la perpétuation du récit national et du silence arménien (notamment le Varlık Vergisi de 1942 et le pogrom d’Istanbul en 1955, ou plus récemment l’assassinat de Hrant Dink). Mais Nazli Temir Beyleryan n’en reste pas là. Tout en dévoilant l’ensemble des mécanismes d’intimidation et de silenciation, leur transmission et leur incorporation, en somme tous les ressorts psychologiques qui poussent à oublier, et désignent même comme impossibles la transmission et la commémoration, elle rappelle que l’oubli est lui-même tout aussi impossible, voire davantage. La condition arménienne apparaît finalement comme un état de tension invivable, et pourtant vécue, indicible et dite pourtant (quand on veut bien entendre, voire solliciter cette parole, en un espace-temps d’interlocution sécurisé, où « tout ce que vous direz » ne sera pas « retenu contre vous »), entre ces deux impossibilités : se souvenir et oublier, en tout cas selon les modalités ordinaires. Attentive aussi bien à l’écrasante puissance d’assujettissement d’un État suprémaciste et négationniste qu’à l’agentivité et la créativité des survivant·e·s et de leurs héritier·e·s pour « malgré tout » se souvenir « comme on peut », et retrouver aussi ces soupapes d’ « oubli vital », là encore « comme on peut », la chercheuse parvient à nous faire comprendre – et même sentir – comment un siècle d’oppression et de résistance, de massacre et de survivance ont façonné des subjectivités, institutionnalisé et routinisé le silence, installé la peur comme une seconde nature et imposé la mélancolie comme ultime refuge pour la mémoire et la transmission ; mais aussi comment, bien au-delà de ce qui est communément entendu derrière des mots-valise comme « résilience », les opprimé·e·s résistent (à armes plus qu’inégales) et inventent (avec les moyens du bord, qui ne sont pas exorbitants) des modes de pensée et d’existence pour vivre malgré tout, et devenir chaque jour qui passe autre chose que des « restes de l’épée » – comme continue de les appeler la « majorité morale » turque. De ce travail important, salutaire, nous proposons un extrait, en guise de présentation – et d’invitation à l’acheter, l’offrir, le lire, le méditer, le faire vivre.

Le rôle des médias, et surtout des journaux quotidiens, est primordial, tout comme celui du système scolaire, pour la reproduction du nationalisme ordinaire et du citoyen modèle. L’objectif est toujours d’apprendre à « être un bon citoyen turc » et des thèmes tels que le nationalisme et l’identité nationale sont dominants dans le discours médiatique. La sociologue arménienne de Turquie, Arusyak Yumul a par exemple analysé avec Umut Özkırımlı le discours des médias turcs en partant des exemples de trente-huit journaux quotidiens en Turquie  [1]. Dans cette analyse nous observons que la plupart de ces journaux utilisent les emblèmes, les drapeaux ou les cartes nationales dans leur présentation. Leurs slogans rappellent souvent la « patrie » et l’identité nationale. Par exemple, le slogan du journal quotidien Hürriyet [2] montre comment un élément devient un habitus. « La Turquie appartient aux Turcs » se trouve en première page, sous le drapeau turc.

Ces deux éléments rappellent à la fois l’identité nationale et la patrie par ces répétitions et dans un processus routinier [3]. Selon les résultats de cette analyse, 29 journaux sur 38 (soit 76 %) font la distinction entre les informations nationales et celles de l’étranger. Les nouvelles appartiennent aux infos nationales considérées comme « nous », ou bien sont classifiées dans la rubrique « infos domestiques » (home news) tandis que les « autres », infos du monde entier, sont qualifiées d’« informations étrangères » en Turquie [4]. Cette classification distinguant « le nous » et « les autres » nous rappelle en permanence que « nous appartenons à notre patrie ».

Lorsque la mémoire officielle est dominante dans un pays dans lequel le présent est marqué par la suppression de certains évènements passés comme le génocide de 1915 pour les Arméniens, comment est- il possible de se remémorer ? Une histoire qui s’est déroulée dans l’Empire ottoman, comment s’en souvenir ? Ces politiques du « nationalisme banal » ne servent-elles pas une politique de l’oubli ? En créant une mémoire officielle, on dresse des barrières nettes entre le passé et le présent. Le but de l’État-nation est de former systématiquement une mémoire nationale en faisant oublier le passé. Quand nous observons le processus de formation de la république en Turquie, les références à l’idée de cette séparation du présent et du passé sont claires, en particulier pour la Question arménienne. La politique négationniste s’appuie sur une négation par la nouvelle république de son lien avec l’Empire ottoman, car elle n’accepte pas la responsabilité du génocide des Arméniens qu’elle attribue à l’époque ottomane.

Ce déni est le discours officiel du pays, mais il y a aussi un autre déni, celui que nous appelons le déni ordinaire : il s’agit d’un nationalisme et d’un déni qui est présent dans la vie quotidienne d’une façon inconsciente. Une fois que tout est banalement nationalisé, le déni devient invisible et très ordinaire. La politique qui nous apprend à être des bons citoyens turcs, être de bons écoliers turcs, nous rappelle ce qui est national et nous pousse à oublier l’histoire des « autres ».

Quand nous observons la représentation des Arméniens dans les journaux, dans les médias ou dans les manuels scolaires, nous percevons mieux ce déni ordinaire. Les Arméniens sont traités comme des « ennemis », des ‘gâvurs’, ou bien en tant qu’« autres ». Les adjectifs péjoratifs, méprisants, habituellement utilisés dans les médias, parfois inconsciemment mais surtout volontairement, construisent une mémoire du déni ordinaire au sein de la société. Dans ce cadre, la recherche sur les médias effectuée par la Fondation Internationale de Hrant Dink [5] est éloquente : le discours des médias est analysé dans certains journaux au cours des quatre premiers mois de l’année 2012, en particulier, le discours de haine dirigé contre les minorités non musulmanes [6].

Parmi ces groupes ciblés, on trouve successivement les Arméniens, les chrétiens, les Juifs et les Grecs. Les appellations péjoratives sont souvent les suivantes : « Arménien assassin », « Arménien traître » ou « ennemi des Turcs ». En plus de ces discours, il y a des publications, surtout dans les journaux les plus nationalistes et conservateurs, qui contestent le génocide des Arméniens. Ce discours du déni est renforcé surtout pendant la semaine du 24 avril qui correspond à la date du début du génocide des Arméniens en 1915. Plusieurs publications déclarent que les Turcs ont été massacrés par les Arméniens, et non pas l’inverse. Ces médias véhiculent donc une idéologie nationaliste et discriminatoire, qui conforte la position négationniste [7].

Et quand nous étudions les discours de nos enquêtés, nous constatons qu’ils nous expriment un mécontentement, car ils relèvent l’image négative des Arméniens dans le discours des médias, alors que l’image de l’identité turque est toujours glorifiée. Cela gêne, blesse et par conséquent, ce discours crée une peur dans la communauté et la marginalise en l’excluant de la société. Les entretiens finissent par « je veux quitter ce pays ».

Monsieur Burak, 56 ans, éditeur, habite à Istanbul :

« Par exemple, si tu lis dans tel journal qu’“Apo est Arménien”  [8], tu crois que tu vas subir les conséquences de ce discours. Tu te sens concerné quand on prononce le mot “arménien”. Surtout si cela a un sens péjoratif ! Je vous donne un exemple : si un Arménien ou bien un Juif commet un délit, on nous montre ça en disant “un Juif a commis un délit” mais on ne dit jamais par exemple un Turc a fait ceci, cela. Le journaliste écrit son article en formulant inconsciemment un discours discriminatoire : sans doute ne s’en rend-il même pas compte. Cette circonstance est bien entendu liée aux médias qui sont soumis à l’idéologie dominante en Turquie. Même les manuels scolaires, la presse écrite sont pareils ».

Nous demandons : « Et vous, qu’est-ce que vous ressentez dans ce cas-là ? ». Il répond :

« Vous vous sentez mal à l’aise, bien sûr, et l’intensité de ce sentiment est parfois élevée, parfois pas trop, ça dépend de la période dans laquelle vous êtes. Par exemple, parfois je suis démoralisé et je me dis : « On ne peut pas vivre dans ce pays ». »

Autre exemple de cette même génération, Levon, 44 ans, dentiste :

« À l’époque où beaucoup de diplomates étaient tués à l’étranger par les Arméniens (il s’agit des attentats de l’ASALA)  [9], le lendemain vous alliez à l’université et vous vous sentiez coupable. J’avais heureusement de bons amis qui ne lisaient pas les journaux à côté de moi ces jours-là parce qu’ils écrivaient à la une, « traîtres d’Arméniens », etc. Mais il y avait des gens qui lisaient les journaux en me regardant, et là je sentais une pression forte sur moi ».

Ce discours de haine est remarqué aussi par la nouvelle génération, comme chez les anciens. Ces jeunes nous présentent leur sentiment de mépris face à ce discours national des médias.

Nubar, 27 ans, commerçant :

« Il y a toujours un problème en ce qui concerne l’arménité dans les médias. Parce que les médias sont puissants en Turquie et qu’ils nous montrent ce qu’ils veulent. Par exemple, quand il s’agit des attentats de l’ASALA, mon voisin peut croire que tous les Arméniens, même son voisin, [c’est-à-dire] moi, peuvent être des terroristes. C’est tous les Arméniens qui en subissent les conséquences ».

Nous demandons : « Et vous, qu’est-ce que vous ressentez dans ce cas-là ? » :

« C’est blessant. Mais je dis toujours la même chose. Nous, les Arméniens, il ne faut pas qu’on intervienne dans tout, parce que tout a un prix et le prix de la vie, c’est la mort. Il faut toujours être attentif ».

Ici, nous constatons la stigmatisation des Arméniens par les médias. L’image de l’Arménien, qui fait office d’« autrui » ou d’« ennemi » en temps ordinaire, devient insultante lorsqu’elle est couplée à « l’organisation terroriste ». La conséquence, chez certains Arméniens, est le repli sur soi et le regain de peur. C’est pourquoi l’envie de quitter leur pays est toujours dans leur imaginaire parce que ce pays devient de temps en temps un lieu où il n’y a rien de bon pour les Arméniens.

Un autre exemple illustre mieux le nationalisme banal et le déni ordinaire. C’est le discours du pouvoir par rapport au génocide des Arméniens. Le « soi-disant génocide » est l’appellation officielle de l’État turc aujourd’hui, utilisée dans presque tous les médias pour appuyer la politique négationniste. Ce vocabulaire nous montre que le déni s’installe dans le langage courant. Ce mot s’utilise ordinairement dans les médias, dans les institutions et donc dans tous les cadres sociaux de la mémoire. Contrôlés par le discours officiel, les cadres sociaux ne permettent donc pas la diversité d’expression. Le déni est transmis par ces institutions, il est devenu spontané, ordinaire, et s’est établi dans la langue collective et ce discours médiatique est ressenti douloureusement aussi par les interviewés : cette appellation « soi- disant génocide » est ce qui les gêne le plus.

Voici les dires de Şant, 23 ans, étudiant :

« Je crois que les médias, les journaux ont un rôle décisif quant à la Question arménienne. Parce que les gens qui ne connaissent même pas les Arméniens croient par le biais des médias qu’ils sont mauvais. Il y a une hostilité dans les médias à l’égard des Arméniens, c’est ça qui est gênant. On dit souvent par exemple le “soi-disant génocide”. Mais pourquoi ? Parce qu’on nie la vérité dans ce pays et nous, les Arméniens sommes les synonymes du mot “ennemi” ».

La deuxième génération intermédiaire est d’accord sur ce sujet avec les autres membres de la communauté arménienne.

Hagop, 49 ans, commerçant déclare par exemple :

« Quoi qu’il en soit, être Arménien en Turquie, avec son prénom, sa religion, sa langue, ce n’est pas facile. Il ne suffit pas que les lois soient modifiées positivement, il faut aussi que les mentalités changent. Ce qui est important, c’est de changer la mentalité qui a lavé les cerveaux en inculquant de fausses histoires. Par exemple, on entend souvent cette notion de “soi-disant génocide”, j’ai du mal à comprendre ce que cela veut dire... Il faut changer cette réflexion au moins pour nos enfants, pour la génération suivante ».

Natali, 45 ans, sans activité professionnelle :

« Je pense parfois à moi-même et je crois qu’il y a des moments où j’en ai marre d’être arménienne. En particulier, les moments où l’arménité est stigmatisée dans les médias en tant qu’objet d’insulte : par exemple “Arménien assassin” ou “soi-disant génocide”. Ce sont des politiques identitaires, des manœuvres politiques, je trouve. Et quand j’entends tout cela, je me dis : “Si seulement je pouvais être chinoise, française, japonaise, grecque ou arabe...” Je ne sais pas comment agir ».

Cette réflexion sur les médias nous montre comment le déni utilisé par le discours national du pouvoir s’y diffuse et pénètre dans la vie de tous les jours. En regardant la télévision ou en lisant les journaux, nous n’apercevons pas toujours ces discours de haine qui sont devenus si ordinaires. Cependant, ils sont dans notre vie et dans le langage courant. Comme l’interviewé l’a dit ci-dessus, cela est peut-être fait inconsciemment, mais en définitive, ce discours a généré une peur, un désespoir, voire le souhait de quitter le pays. Même dans la nouvelle génération, le résultat est parfois un désespoir, qui va jusqu’à envisager l’abandon de la terre natale. La terminologie utilisée pour le génocide des Arméniens, au sens plutôt social que politique, est la condition pour déterminer les liens d’amitié entre les deux peuples. Le passage du génocide au « soi-disant génocide » est un ferment destructeur de toute relation à l’autre. Au négationnisme actuel s’ajoute la façon de qualifier un tel évènement historique, « soi- disant », ce qui supprime tout dialogue possible entre les individus, empêchant les uns et les autres de nouer de véritables relations de reconnaissance d’autrui.

Suzanne, demandeuse d’emploi de 25 ans, diplômée de l’université, vivant à Istanbul :

« Quand on dit le “soi-disant génocide”, je me mets en colère, cela me blesse. Je n’arrive pas à comprendre cette formule qui n’a aucun sens à mon avis. Un évènement historique peut être qualifié de génocide ou non, mais comment peut-on dire le “soi-disant...” ? Par exemple, un jour, quand je faisais mes études de français à l’Institut, on a appris cette expression “soi-disant”. L’enseignant était français et les autres étudiants aussi étaient des étrangers qui venaient de différents pays. Bref, il fallait construire une phrase avec ce nouveau mot qu’on venait d’apprendre. J’ai dit à mon tour : “il existe, en Turquie, l’expression de « soi-disant génocide” ». Le professeur n’a sincèrement rien compris à cette phrase dans son ensemble et il a prétendu que cette utilisation était impossible... Vous voyez ce que je viens de vous dire : ça n’a pas de sens ni grammaticalement, ni étymologiquement. Et si quelqu’un me demande mon avis en ce qui concerne ce sujet, on peut en discuter bien sûr. Mais dire « un soi- disant génocide » me semble un peu vulgaire et offensant ».

Eliz, 18 ans, jeune étudiante universitaire stambouliote, nous dit :

« Bien que j’aie parfois des réactions favorables quand on apprend mon identité arménienne, le sujet du génocide casse notre dialogue. Lorsque le thème du génocide arménien est abordé, les gens que l’on voit tout le temps et avec qui on mange à la même table montrent toute leur haine et leur hostilité. Tous les masques tombent. Dans ce cas-là, tout le monde devient historien, même ceux qui ne connaissent presque rien à l’histoire arménienne. L’interlocuteur ne connaît qu’une seule personne arménienne dans sa vie et commence à défendre la thèse officielle turque. Les Arméniens ont fait ceci, cela, bla bla bla... »

« À ce moment comment vous sentez-vous ? »

« Je suis très en colère... Je souffre, puisque cet individu méprise la souffrance de mes ancêtres, les larmes de mes ascendants. Il est évident que ça me fait du mal, que cela me rend nerveuse ».

Nous pouvons dire que la formule « le génocide des Arméniens », à peine énoncée, érige une barrière entre les Arméniens et les « autres », pour la plupart des Arméniens que nous avons interviewés.

P.-S.

Ce texte est extrait du livre de Nazli Temir Beyleryan : La mémoire collective des Arméniens de Turquie. Du génocide au mémoricide, qui vient de paraître aux Éditions L’Harmattan. Nous le reproduisons avec l’amicale autorisation de l’autrice.

Notes

[1YUMUL, Arus ; ÖZKIRIMLI, Umut, « Reproducing the Nation : “Banal Nationalism” in the Turkish Press », in Media, Culture and Society, Centre for middle eastern studies, 2000 p. 21.

[2Le journal Hürriyet est un quotidien national populaire turc fondé en 1948. Il appartient au groupe Doğan Yayıncılık SARL, qui possède également les quotidiens Milliyet (la nation), Radikal (radical), Son tirage est de 360 000 exemplaires.

[3YUMUL, Arus ; ÖZKIRIMLI, Umut « Reproducing the Nation : “Banal Nationalism” in the Turkish Press », in Media, Culture and Society, Centre for middle eastern studies, 2000, 22.

[4Ibid., p. 23.

[6« Turkiye’de Nefret Soylemi », Uluslararasi Hrant Dink Vakfi, Istanbul, 2012, p. 2 http://www.nefretsoylemi.org/rapor/rapor_Ocak-Nisan_2012.PDF

[7Uluslararasi Hrant Dink Vakfi, « Turkiye’de Nefret Soylemi » http://www.nefretsoylemi.org/rapor/rapor_Ocak-Nisan_2012.PDF p. 5

[8Apo : Abdullah Öcalan, parfois familièrement appelé Apo, est le leader kurde et fondateur chef du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, Partiya Karkêren Kurdistan), organisation considérée comme “terroriste” par la Turquie, les États- Unis et l’Union européenne entre autres

[9Rappelons que l’Armée secrète arménienne pour la libération de l’Arménie (ASALA), groupe armé issu de la diaspora arménienne, a commis, dans les années 1980, des attentats visant essentiellement des diplomates, c’est-à-dire des personnes représentant l’État turc, responsable du génocide et de sa négation.