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À propos de l’islamophobie

Plaidoyer en faveur d’un concept controversé

par Alain Gresh, Mars 2004

L’utilisation du mot islamophobie a suscité un débat légitime,
qui mérite approfondissement. Le terme est-il le mieux à même de
rendre compte de certains phénomènes que nous connaissons en France,
et plus largement dans le monde occidental ?

Une remarque sémantique préalable. " Phobie " vient du mot grec "
phobos " qui signifie fuite (due à la panique), d’où un effroi, une
peur intense et irraisonnée. C’est ce caractère " irraisonné " que
met en avant le terme " islamophobie ", et non une critique rationnelle.

Premier argument contre son emploi : il reviendrait à interdire toute
critique de l’islam comme religion. Pourtant, quand la presse ou des
intellectuels dénoncent la " judéophobie ", personne ne pense qu’il
s’agit ainsi d’un refus de la critique de la religion juive ; en
revanche, pour certains, il définit mieux que l’antisémitisme
certaines formes nouvelles de haine des juifs. S’il est vrai que
certaines musulmans peuvent brandir l’islamophobie pour bannir toute
critique de l’islam, cela ne doit pas nous décourager : la
judéophobie ou l’antisémitisme est aussi utilisé par certains pour
interdire toute critique de la politique israélienne. Faut-il bannir
l’usage de ces mots pour autant ?

Chacun a le droit, en France, de critiquer les religions. Le
blasphème est même autorisé. Durant ces derniers mois, on a vu
fleurir les références à Voltaire et il est vrai qu’il fait partie de
l’héritage culturel française. Mais quand il s’attaquait à l’Eglise
catholique, il prenait des risques sérieux en s’en prenant à une
puissance temporelle et spirituelle omniprésente ; dénoncer l’islam
dans notre société ne comporte pas de danger, si ce n’est de
s’acquérir une notoriété facile. Nombre de ceux qui se réfèrent à
Voltaire ne semblent en avoir gardé qu’un souvenir assez vague. S’il
a publié une pièce, assez mauvaise - le théâtre ne fut pas son point
fort -, dénonçant Mahomet, il a aussi écrit , en 1770 :

" Dans cette
prodigieuse étendue de pays [terres gouvernées par le Koran] il n’y a
pas un seul mahométan qui ait le bonheur de lire nos livres sacrés et
très peu de littérateurs parmi nous connaissent le Koran. Nous nous
en faisons presque toujours une idée ridicule, malgré les recherches
de nos véritables savants. L’Alcoran passe encore aujourd’hui
pour le livre le plus élégant et le plus sublime qui ait encore été
écrit dans cette langue. Nous avons imputé à l’Alcoran une infinité
de sottises qui n’y furent jamais . "

Entre l’appréciation de
Voltaire et celle de Houellebecq (" La religion la plus con, c’est
quand même l’islam. Quand on lit le Coran, on est effondré, effondré ! La Bible, au moins, c’est très beau parce que les juifs ont une
sacré talent littéraire "
), il y a l’abîme qui sépare la volonté de
savoir de l’ignorance érigée en argument.

D’autres publicistes s’indignent : on aurait le droit de critiquer le
pape Jean-Paul II et l’islam serait au-dessus de tout jugement ! Mais
cela est-il vrai ? Bien sûr, on peut trouver des caricatures
insultantes du pape, mais l’image globale qui se dégage du personnage
est-elle vraiment négative ? On a célébré récemment le
vingt-cinquième anniversaire du pontificat de Jean-Paul II et les
éloges ont très largement dominé ; pourtant, au même moment, un
documentaire de la BBC révélait que des envoyés spéciaux du Vatican
envoyé en Afrique expliquaient aux populations que le préservatif ne
protégeait pas contre le sida ! Imaginons un instant l’inverse : un
haut dignitaire musulman ayant envoyé des missionnaires pour tenir le
même discours ; peut-on imaginer un instant que les médias français
donneraient de ce personnage, indépendamment de ce prêche, une image
positive ?

Quoiqu’il en soit, je le répète, le droit de critiquer les religions
est imprescriptible. Et chaque pamphlet hostile à l’islam n’est pas
forcément " islamophobe ". Alors, pour éviter toute ambiguïté, ne
vaudrait-il pas mieux préférer au terme " islamophobie " celui de "
racisme " (anti-arabe, ou anti-maghrébin) ?

Il faut revenir un moment sur les origines du mot islamophobie. Une
recherche sur la base du Monde indique que ce quotidien a utilisé
deux fois le terme entre le 1er janvier 1987 et le 10 septembre 2001,
l’une en 1994, l’autre en février 2001 .Soheib Bencheikh, souvent
présenté comme le porte-parole d’un islam libéral, l’utilise comme
titre de chapitre dans Marianne et le Prophète ; il écrit que
l’islam suscite en France " un sentiment de rejet quasi unanime,
implicite dans les discours, et assez catégorique dans l’imaginaire
collectif des Français. "
Si on consulte la base du Monde
diplomatique avant 11 septembre 2001, le terme est utilisé deux fois : l’une dans un reportage sur Marseille (juillet 1997), qui reprend
des citations de Soheib Bencheikh et l’autre par Tariq Ramadan (avril
1998), qui cite l’étude commandée en Grande-Bretagne par le Runnymede
Trust en 1997, dirigée par le professeur Gordon Conway, Islamophobia :
Fact Not Fiction
, octobre 1997.
Quant à l’affirmation de Caroline Fourest et Fiammetta Venner, dans
Tirs Croisés, selon lesquels le mot aurait été inventé par les
mollahs pour contrer les critiques du régime iranien, elle ne repose
sur aucune source précise ; et leur livre est tellement approximatif
dans ses références et citations, qu’on ne saurait prendre leur
affirmation pour argent comptant - d’ailleurs on trouve le terme déjà
utilisé dans un texte de 1925, leurs auteurs parlant d’un " accès de
délire islamophobe ".

Quoiqu’il en soit, le terme " islampohobie ", utilisé très
ponctuellement jusqu’au 11 septembre 2001, est devenu d’usage
courant, non seulement en France mais aussi aux Etats-Unis et dans
tous les pays européens. Il semble donc répondre à une conjoncture
nouvelle.

Il nous faut distinguer deux niveaux : celui du monde et celui de la
France. Le premier nous amène à nous pencher sur la politique
américaine, telle qu’elle se déploie après le 11 septembre 2001.
Jusque-là, elle était marquée par une attitude ambiguë : un politique
anti-Arabe et pro-israélienne ; une alliance avec un certain nombre
de groupes islamistes et l’Arabie saoudite dans la lutte contre
l’URSS et le communisme, alors même que la révolution iranienne crée
une certaine inquiétude. Le thème de la " menace islamique " est
limité à certains cercles intellectuels, proche des thèses du
gouvernement israélien.

Après le 11 septembre, cette vision devient celle de l’administration
Bush : l’Occident est confronté à un nouvel ennemi, aussi dangereux
que l’étaient en leur temps le nazisme et le communisme. Fleurissent
alors des ouvrages sur la IIIème guerre mondiale, au moment même où
l’administration Bush met en oeuvre une stratégie militaire et
politique d’intervention et d’hégémonie. Sans développer une
argumentation détaillée, faisons deux remarques sur cette comparaison :

- La " menace soviétique " fut largement gonflée dans les années 1980
par l’administration Reagan et par quelques intellectuels ;
l’émission " La guerre en face ", avec Yves Montand, selon un
scénario de Jean-Claude Guillebaud et Laurent Joffrin, pouvait faire
croire, sans rire, à une invasion de l’ouest du continent, sur FR3 le
18 avril 1985 - non, ce n’était pas le 1er avril ; combien
d’intellectuels français ont soutenu les moudjahidin afghans, sans
aucun esprit critique (notamment sur la question de leur vision de
l’islam), au nom de la lutte contre la " menace soviétique " ?

- la " menace islamique " n’est jamais vraiment définie. Bien sûr, il
existe des groupes terroristes qu’il faut combattre, qui mènent une
croisade au nom de leur interprétation de l’islam. Mais ces groupes
sont minoritaires et, contrairement au communisme par exemple, sont
bien incapables d’attirer de leur côté une partie significative des
opinions occidentales ; d’autre part, ces mouvements ne s’appuient
sur aucune puissance étatique significative, comme le nazisme (avec
l’Allemagne hitlérienne) ou le communisme (avec l’URSS et aussi la
Chine).

Cette vision d’un " danger mondial " - qui met dans le même sac la
lutte en Tchétchénie, celle en Palestine et Al-Qaida - s’accompagne,
en France de certaines particularités dues, à la fois à l’histoire
coloniale et à la présence de nombreux immigrés venant notamment
d’Afrique du Nord. La vision de l’islam a toujours été négative
durant la période coloniale et les propos ouvertement racistes sont
monnaie courante. La résistance des Algériens à la pénétration
coloniale - et notamment le refus de se convertir (comme en
Cochinchine ou en Afrique noire) - sont interprétées comme une preuve
de fanatisme. En Algérie, on divise la population entre les Français
de souche et les Français musulmans, ces derniers étant des nationaux
mais pas des citoyens. L’accession de l’Algérie à l’indépendance et
la fin de l’empire colonial provoque quelques changements. Les
immigrés, désignés d’abord comme Nord-Africains puis comme Arabes,
vivent un racisme quotidien et les attaques de l’extrême droite. La
place accordée à l’islam dans ces campagnes tend à diminuer, même si
quelques livres tentent de redorer ce thème : Le Radeau de la méduse,
de Jean-Pierre Péroncel-Hugoz (1982) et De l’islam en général et du
monde moderne en particulier de Jean-Claude Barreau
(1991).

La montée du Front national et la concurrence entre la droite et lui
dans les années 1980 va durcir à nouveau certains discours, comme
celui de Jacques Chirac parlant des " odeurs ". En même temps, le
racisme s’abrite de plus en plus derrière les " différences "
culturelles ou religieuses, qui mettraient en danger l’identité de la
France. Dès la fin des années 1980, notamment avec la première
affaire du foulard, émerge l’argument selon lequel l’obstacle à
l’intégration serait religieux et culturel - c’est l’islam, dans son
essence même hostile à la laïcité et à la démocratie, qui créerait un
obstacle à l’assimilation des immigrés.

C’est ce qu’explique, par exemple, Claude Imbert, directeur du Point,
selon lequel on a atteint " les limites de la tolérance " :

" Les
Français n’ont jamais craint l’immigration [assertion que dément
toute l’histoire du XXème siècle], parce qu’ils ont toujours réussi à
l’intégrer. Mais, avec plus de trois millions de musulmans, ils
voient désormais que la magie du creuset national n’opèrera pas comme
jadis avec Polonais, Italiens, Espagnols et autres Portugais. La
difficulté nouvelle n’est nullement raciale : elle est culturelle,
religieuse et tient à l’islam. "

Et de nous éclairer par " quelques
vérités " : l’islam a une " propension à mêler le spirituel et le
temporel " ; il " a développé dans certaines de ses traditions un
fanatisme abominable "
. Rien sur le chômage ou le racisme qui frappe
les jeunes d’origine maghrébine, mais quelques variations
essentialistes sur l’islam, qui deviendront l’un des thèmes favoris
du directeur du Point au cours des années qui suivent : l’islam est
incompatible avec " nos " libertés, avec " nos " sociétés, avec la
démocratie. On comprend qu’il se revendique d’abord " un peu
islamophobe "
, puis islamophobe tout court .

On voit s’affirmer une vision essentialiste de l’islam politique :
celui-ci serait monolithique et se résumerait à l’application de la
charia, aucune différence n’est faite entre les divers courants,
qualifiés tous d’intégristes pour le discréditer, mais sans qu’on
puisse savoir exactement ce que ce terme recouvre. Ainsi on met dans
le même sac, le Hamas et Al-Qaida, les Frères musulmans égyptiens et
le Jihad, l’insurrection tchétchène et le parti de l’Islah au Yémen.
En France, on confond allègrement l’Union des organisations
islamiques de France (UOIF )- elle-même divisée en multiples courants
et tendances -, le Collectif des musulmans de France, les groupes
salafites. Alors que nous reconnaissons que, au nom du christianisme,
se sont construits des courants aussi divers que la théologie de la
libération et l’Opus Dei, nous sommes aveugles devant les clivages
dans les organisations islamiques : du Coran, on " déduirait " une
seule politique, une seule vision du monde. Se renforce dans
l’opinion l’idée d’une menace omniprésente à la démocratie (avec un
composante internationale) et à la laïcité, renforcée par l’existence
d’une " cinquième colonne " massive que sont les musulmans.
Personne n’a relevé cette affirmation de Jean-François Revel, dans
son livre L’Obsession anti-américaine. Il se félicite du fait que
George W. Bush et plusieurs dirigeants européens se soient rendus
dans des mosquées après le 11 septembre, pour éviter notamment aux
Etats-Unis que les Arabo-Américains ne deviennent des cibles de "représailles indignes ". Et il affirme :

" Ce scrupule démocratique
honore Américains et Européens, mais ne doit pas les rendre aveugles
devant la haine pour l’Occident de la majorité des musulmans vivant
parmi nous . "

Vous avez bien lu : " la majorité des musulmans ". Je
ne sais si notre philosophe propose de les expulser, mais sa remarque
définit bien le discours islamophobe : sous couvert de critique de la
religion, on stigmatise toute une communauté, renvoyée à son "
identité " musulmane, qui serait " naturelle ", " biologique ". Cet
amalgame entre religion et communauté est proprement scandaleux et il
suscite aujourd’hui un trouble important chez ce que l’on nomme les " musulmans ", y compris les athées ou ceux qui n’accordent aucun poids
à la religion.

C’est ce nouveau masque du vieux fond de racisme anti-arabe et
anti-Maghrébin conjugué avec l’idée d’une " menace " internationale
que le terme " islamophobie " recouvre. Dans un texte qui critique
son usage , la Licra affirme :

" Il n’est pas sûr, voire peu
probable, qu’il y ait un rejet [en France] de l’islam, mais plutôt un
rejet des pratiques intégristes (...) L’acceptation des
Musulmans et du culte musulman progresse de façon nette ".

Mais on
peut en dire autant du judaïsme : tous les sondages le montrent,
la judéophobie est en recul dans l’opinion. Faut-il pour autant renoncer à
prendre en compte les actes, très réels, d’hostilité aux juifs, même
s’ils ne sont que l’expression d’une minorité ? Pour les musulmans, le
rejet, même en recul, reste beaucoup plus large. L’article de la
Licra lui-même reconnaît que, sur l’islam, selon un sondage de l’Ifop
fait au lendemain du 11 septembre 2001, les adjectifs à connotation
négative " restent majoritaires ", même s’ils sont " souvent moins
choisis "
qu’il y a dix ans. Et des expressions d’hostilité à l’islam
s’expriment plus librement dans les médias, mais aussi dans la rue,
par de nombreuses agressions. Il est significatif qu’après tout le
débat sur le foulard à l’école, les cas rapportés de musulmans
agressés ou discriminés pour raison de leur religion se soient
multipliés.

Il est évident qu’il y a un recoupement entre racisme anti-Maghrébin
et islamophobie, sans doute renforcé par la visibilité d’une partie
de la jeune génération, qui s’affirme " musulmane " sur la scène
publique et ne rase plus les murs. Il se développe ainsi un nouveau
racisme anti-Arabe, porté par une partie des intellectuels et des
médias, qui se camoufle sous le drapeau de la lutte contre l’islam.
Sans parler de la jonction entre une partie de la droite extrême et
de l’extrême droite juive, qui s’est opérée sur le terrain de la
haine des musulmans, comme en témoigne l’itinéraire d’un Alexandre
Del Valle ou les sites Internet dénoncés par un rapport du MRAP.
Ces " nouveaux habits du racisme " s’inscrit dans une vision du monde
marquée par le " choc des civilisations ", par la guerre qui serait
engagée entre la civilisation et la barbarie. Ainsi, un ouvrage qui a
marqué les esprits en France et reçu un éloge presque unanime, Les
Territoires perdus de la République
, développe un telle vision dont
Emmanuel Brenner, son coordinateur se fait l’expression :

" Evoquer
un conflit de valeurs, c’est aujourd’hui prendre le risque de se voir
cataloguer partisan des thèses de Samuel Huntington et de son "choc
des civilisations". Refuser de voir et de nommer un péril ne l’a
jamais fait reculer. Il l’a seulement exacerbé . "

Cette perspective n’est pas seulement, ni même principalement
française - même si elle a, dans notre pays, une dimension propre
liée à l’histoire coloniale sur laquelle il faudrait revenir plus
longuement (en Algérie aussi, " nous " voulions libérer les femmes en
les dévoilant). Elle est partie des Etats-Unis et sert de cadre de
pensée à l’administration Bush. Elle permet d’inscrire chaque fait
isolé dans une vision apocalyptique : un musulman qui effectue ses
cinq prières et porte la barbe est " un intégriste " ; un attentat du
Hamas comme le port du foulard par une jeune fille font partie d’une
stratégie planétaire. Le terme d’islamophobie a l’avantage de rendre
compte aussi d’un phénomène international.

Aucun terme, aussi précis soit-il, ne peut définir une réalité
complexe. Mais " islamophobie " me semble le mieux convenir, avec les
restrictions que j’ai définies au début de ce texte. Il ne s’agit pas
d’un usage " exclusif " - les termes de " racisme ", " discrimination ", etc. restent, malheureusement aussi d’actualité.

En conclusion, et pour éviter toute ambiguïté, je voudrais reprendre
une réflexion de Maxime Rodinson sur la manière dont un groupe donné
perçoit l’hostilité de la société. Cette hostilité, dit-il, aussi
réelle soit-elle, suscite dans le groupe visé " une hypersensibilité
aux critiques, aux attaques et des fantasmes interprétatifs qui
décèlent des agressions, des manifestations d’hostilité, même là où
il n’y en a pas, dans des attitudes, des paroles, des gestes
indifférents. Cette orientation de la perception aboutit même assez
souvent à l’élaboration d’un mythe, à la supposition d’une hostilité
mythique. Cette mythification de l’hostilité ressentie est
souvent utilisée, plus ou moins consciemment, par les cadres
dirigeants du groupe visé dans des buts réalistes, stratégiques et
tactiques. Ils élaborent une idéologie d’intouchabilité,
favorablement accueillie par la communauté, le groupe qu’ils guident,
car elle légitime ses réactions spontanées, elle en fait pratiquement
un groupe tabou . "
A cette logique, n’échappent pas les " musulmans " et il est évident que l’on ne doit pas céder à la tentation d’en
faire " un groupe à part ", un groupe - ou plutôt des groupes, tant
est grande leur diversité - au-dessus de la critique. Mais ce n’est
vraiment pas le risque que nous courrons aujourd’hui.

P.-S.

Alain Gresh est rédacteur en chef du Monde diplomatique

contact@lmsi.net