Derniers articles

À bonne école ?

Élèves « barbares » versus enseignant-e-s civilisé-e-s ?
par Jemma Bent Seghir
30 janvier 2015

Depuis deux semaines, des enseignant-e-s, mes collègues donc, abondamment relayé-e-s par les médias, construisent la figure de l’élève supposé-e musulman-e et qui serait réti-f/ve aux « valeurs de la République », complice du terrorisme, antisémite et foncièrement obscurantiste . Tous ces témoignages visent à construire aussi en creux, par différence, l’image d’une institution scolaire et de ses membres qui seraient, eux, du bon côté de la frontière civilisationnelle, à savoir humanistes, éclairé-e-s, (...)

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  • « Je crois qu’il est fondamental que ces génocides ne soient pas occultés pour montrer jusqu’où peut amener la haine, les discriminations… alors ça commence très doucement en général, par de simples discriminations pour des postes, des fonctions, la carte d’identité des choses comme ça, et puis de montées en montées on convainc la population qu’il faut s’en débarrasser : s’en débarrasser c’est d’abord dans des camps simplement, et puis ensuite c’est de tuer. » Simone Veil « Attendez un peu et l’impensable (...)

  • Des questionnements « insupportables »... et néanmoins pertinents

    Réflexions sur et contre la criminalisation des élèves, et notamment des élèves présumé-e-s musulman-e-s (Deuxième partie)

    par Deux enseignantes 22 janvier 2015

    « Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendus les ’oui je soutiens Charlie, mais’, les ’deux poids, deux mesures’, les ’pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?’. Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs. » Ces propos proprement ahurissants, et effrayants, de la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud Belkacem, et plus (...)

  • Commémorer sans discuter 

    Réflexions sur et contre la criminalisation des élèves, et notamment des élèves présumé-e-s musulman-e-s (Première partie)

    par Deux enseignantes 22 janvier 2015

    « Même là où il n’y a pas eu d’incidents, il y a eu de trop nombreux questionnements de la part des élèves. Et nous avons tous entendus les ’oui je soutiens Charlie, mais’, les ’deux poids, deux mesures’, les ’pourquoi défendre la liberté d’expression ici et pas là ?’. Ces questions nous sont insupportables, surtout lorsqu’on les entend à l’école, qui est chargée de transmettre des valeurs. » Ces propos proprement ahurissants, et effrayants, de la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud Belkacem, et plus (...)

  • Résister à l’injonction de la répression immédiate !

    À propos du délit d’apologie du terrorisme, et de son usage récent

    par Syndicat de la magistrature 22 janvier 2015

    C’est plus que jamais lorsque l’effroi nous saisit et bouscule tous les repères que la justice doit faire preuve de sérénité et résister à la vague de l’émotion. Las, la ministre de la Justice a fait le choix d’entonner le discours de l’intransigeance de principe, et d’enfermer les tribunaux dans la justice de l’urgence... Des consignes diffusées le 12 janvier soumettent les magistrats du parquet à des injonctions contradictoires de « systématisme » et « d’individualisation », de « pédagogie » et « (...)

  • Politique de l’histoire

    À propos du « terrorisme » et de la « haine de l’Occident »

    par Pascale Casanova 21 janvier 2015

    Devenue clef de lecture incontestée de la politique mondiale, la « haine de l’Occident » relève pourtant, non d’une évidence inscrite à même les bombes, mais d’une fabrique discursive qui a ses règles et ses acteurs, et d’une conception idéaliste de l’histoire qui empêche toute réponse politique au terrorisme. Tentative pour rouvrir, sous l’interprétation exclusive du conflit, le conflit des interprétations. Attentats dans le métro de Londres, juillet 2005. Dans les minutes qui suivent, et comme à chaque (...)

  • Soutien aux deux Saïd

    Retour, une fois de plus, sur le prétendu racisme antifrançais

    par Pierre Tevanian 20 janvier 2015

    Mis en examen, suite à la plainte d’un groupe d’extrême droite nostalgique de l’Algérie française (l’AGRIF), le sociologue Saïd Bouamama et le rappeur Saïd, dit Saïdou, de la ZEP (Zone d’expression populaire), comparaîtront le mardi 20 janvier 2015 au Tribunal de Grande Instance de Paris (4 boulevard du Palais, Métro Cité), pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » – à l’encontre, oui : de la France et des Français ! L’objet du litige : un livre-disque tout à (...)

  • Une famille formidable

    Le collectif Les mots sont importants vous offre une brève leçon d’expertise décryptante, par une émergente figure de la méritocratie à la française

    L’expertise décryptante est ici : https://www.youtube.com/watch?v=qc03SlaK_KA . Quant à son auteure, la voici : Née en 1960, Nathalie Saint-Cricq est la fille de Jacques Saint-Cricq, président du conseil de surveillance de La Nouvelle République du Centre-Ouest, la petite-fille de Jean Meunier, fondateur du même journal et homme politique français, et l’épouse de Patrice Duhamel, ex-directeur général de France Télévisions et frère d’Alain Duhamel, chroniqueur politique vedette de France Télévision et (...)

  • De la « Liberté d’Expression » à la « Marche Républicaine »

    amalgames, manipulations et blanchiment d’images autour de Charlie Hebdo

    par Philippe Blanchet 15 janvier 2015

    L’assassinat perpétré dans la rédaction de Charlie Hebdo le 7 janvier a donné lieu à un emballement émotionnel bien compréhensible et à un emballement médiatico-politique beaucoup plus suspect, y compris parce que le second a très vite exploité le premier en pratiquant ce qui me semble être des confusions et des instrumentalisations par l’usage de mots ambigus. J’ai moi-même été choqué et abasourdi par cet assassinat et par ses motivations possibles en l’apprenant presque aussitôt le mercredi vers 11h30. (...)

  • Killing (in) the name of

    Sur le coût symbolique de l’allégation « pas en mon nom ».

    par Foued Nezzar 14 janvier 2015

    Des assassins jouiraient d’un adhésion unanime auprès de celles et ceux qu’ils dépossèdent, qu’ils souillent, qu’ils contribuent à humilier. Cette évidence à l’épreuve des faits constitue l’épine dorsale d’une série d’écueils avec lesquels nombre de musulman-e-s (réel-le-s ou supposé-e-s) doivent composer. Dans mes souvenirs, cet été était normal. J’avais huit ans et j’étais heureux de voir les cousins et cousines, les gamins de mon âge avec qui je jouais des heures interminables, les tantes bienveillantes et les (...)

  • De quoi Charlie est-il le nom ?

    Retour sur un slogan, une caricature, une synecdoque et une antonomase

    par Faysal Riad 13 janvier 2015

    Les tenants du slogan « Je suis Charlie » affirment qu’il s’agit simplement d’un « Oui à la liberté d’expression, non au terrorisme ». Un truc très légitime en somme. Si ce n’était que ça, je l’approuverais, je le crierais sans problème. Mais voilà, pourquoi exprimer de tels principes par ces mots ? Premier problème : ce slogan occulte les autres morts de ces derniers jours (qui n’étaient pas tous engagés dans les combats de Charlie hebdo) dont les familles, pour certains, ne tiennent peut-être pas à être (...)

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