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Le Collectif Les mots sont importants vous offre quatre-vingt kilos de testostérone…

… et / ou une bonne barre de rire

par Collectif Les mots sont importants
2 avril 2010

« Ensemble tout devient possible », disait-il. Et de fait, les limites du possible et du pensable sont chaque jour repoussées un peu plus loin par Nicolas Sarkozy, par le petit clan maffieux qui l’entoure et par la coalition d’extrême droite plurielle qu’il dirige. Les limites de l’abject le plus souvent, mais parfois aussi les limites du ridicule, à tel point que nous en sommes de plus en plus souvent réduits, nous qui aimons tant produire du méta-discours, à simplement recueillir et retranscrire tels quels et sans commentaires les dits et écrits de la clique sarkozienne.

On aurait pu par exemple penser naïvement que l’historique « Descends me le dire en face ! » lancé par le président de la République à un marin pécheur en grève était un « exploit » ou un « dérapage » – au choix – qui ne serait pas égalé de sitôt : erreur ! Et c’est une fois de plus Éric Besson qui joue les premiers de la classe, en se calant sur le virilisme présidentiel avec l’application, l’aisance et – disons-le – la classe dont il avait déjà fait preuve en termes de nationalisme, de racisme et de xénophobie.

Voici donc, sans commentaire, l’ultime paragraphe d’une grotesque tribune que le ministre de l’intégration par le jambon a réussi à faire publier par un quotidien de gauche barbichue. Après avoir accusé l’humoriste Stéphane Guillon d’être un « bobo », un « raciste » et un « acteur raté », il en vient au coup de grâce – lisez plutôt :

« Pour finir. Guillon est un lâche, tenaillé par la peur physique de croiser ses cibles sortir du studio de France Inter. En fuyant – tel un vulgaire Peillon – le face-à-face que je lui proposais et que plusieurs télévisions ou radios étaient prêtes à organiser, il a définitivement confirmé qu’il est plus facile d’étriller une cible seul face à un micro que d’accepter une confrontation exigeante qui l’aurait obligé à improviser un minimum, lui qui, visiblement, ne sait que lire laborieusement des textes totalement ficelés. En refusant, m’a-t-il rendu service ? Il se peut. J’ai été abreuvé de conseils d’amis m’expliquant qu’un ministre ne débat pas face à un humoriste, ou qu’un homme politique ne doit jamais polémiquer avec un humoriste car il lui fait de la publicité. Certes… Mais nul ne m’a jamais fait courber l’échine. Et ce n’est pas ce pleutre de Guillon qui va commencer. » [1]

Notes

[1] Éric Besson, « Des propos de facho mal déguisés sous un look bobo », Libération, 29 mars 2010.