Accueil > Études de cas > Libéralisme et néo-libéralisme > Retraites : 12 idées reçues à combattre

Retraites : 12 idées reçues à combattre

12 – Le Président a annoncé cette réforme durant sa campagne présidentielle

par Anaïs Henneguelle
25 janvier 2020

Ce guide d’auto-défense a pour vocation de fournir des arguments à tous ceux et toutes celles qui s’opposent à la réforme des retraites mais sont parfois démunis face aux éléments de langage (parfois faux, la plupart du temps incomplets ou simplistes) qu’on leur oppose. Comment répondre aux éléments de langage du gouvernement ? Que rétorquer à son ami, salarié du privé, qui prétend que « ça fait les pieds aux fonctionnaires et aux cheminots » ? Quels chiffres simples mais efficaces mettre en avant pour exprimer sa colère ou son inquiétude ? En bref, comment (se) mobiliser contre la réforme des retraites ?

11ème idée reçue : Le nouveau système sera plus lisible

Les électeurs n’ont pas plébiscité la réforme des retraites

Rappelons d’abord que beaucoup de Français n’ont pas voté « pour Emmanuel Macron » mais « contre Marine Le Pen »... mais ça devient lassant tant on l’a déjà dit. Soulignons également que la réforme des retraites n’était pas un thème de campagne majeur du candidat Macron : il est peu sérieux, dans ces conditions, d’affirmer que les Français ont implicitement donné leur soutien à la réforme des retraites lors de l’élection présidentielle de 2017.

Cet argument est d’ailleurs peut-être le plus dangereux politiquement. En effet, il est probable qu’en 2022, l’alternative du second tour se situe encore une fois entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Mais si voter pour le second signifie lui donner un blanc-seing complet pour l’intégralité de son programme, il y a fort à parier que de nombreux électeurs (notamment tous ceux de gauche) s’en détournent... faisant alors mécaniquement monter le score du RN.

La réforme des retraites présentée n’est pas conforme au programme du candidat Emmanuel Macron

Dans le programme de campagne d’Emmanuel Macron pour l’élection présidentielle du 7 mai 2017 [1], il est écrit :

« Nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions. » (p. 13)

Certes, l’âge ouvrant le droit au départ à la retraite reste fixé à 62 ans (mais ce n’est pas l’âge de départ à taux plein !), mais le gouvernement souhaite également instaurer un « âge pivot » à 64 ans (reculant ainsi de facto l’âge de départ sans décote !) ; de plus, le niveau des pensions futures sera largement affecté par la réforme. Faut-il oublier, de plus, que ce gouvernement a déjà fait baisser le niveau des pensions de beaucoup de retraités par la désindexation et la hausse de la CSG.

P.-S.

Ce texte a été rédigé par Anaïs Henneguelle, maîtresse de conférences en économie à l’Université de Rennes 2, membre du collectif d’animation des Économistes Atterrés. Nous le reproduisions avec l’amicale autorisation de l’auteure. La liste des arguments décodés ici s’inspire de l’allocution d’Édouard Philippe du 11 décembre dernier.

Notes

[1On peut le trouver là.