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« Oui, mais l’IAg permet de réduire les inégalités dans l’accès à la connaissance… »

Réponse à quelques arguments courants en faveur de l’intelligence artificielle générative (3)

par ATelier d’ÉCOlogie POLitique
23 août 2026

Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.

Lire le contre argumentaire 4

L’argument de la « praticité » peut également prendre la forme de la défense de l’intérêt social de l’IAg. En ce qui concerne le milieu éducatif en particulier, l’argument est le suivant : ces technologies, parce qu’elles offriraient un accès égal à la connaissance ou, mieux, à un « prof virtuel » personnalisé, seraient au service de l’inclusion et de la réduction des inégalités sociales à l’école. Cet argument est fallacieux pour au moins 3 raisons.

Cet argument procède d’une forme de « solutionnisme technologique », voire de mythe : compter sur la technologie pour régler des problèmes structurels (les inégalités, les discriminations, etc.) risque d’une part de les naturaliser et d’autre part de masquer la nécessité de mettre en place des mesures pour les traiter à la source. Pour revenir à l’école, il ne fait aucun doute que les inégalités face aux devoirs ou l’inclusion des apprenant·es en situation de handicap nécessite avant tout des moyens humains et matériels (des enseignant·es disponibles et formé·es, des locaux adaptés, etc.) et que l’IAg ne pourra jamais faire figure que de pis-aller face à ces problématiques.

Cette vision relève du même fantasme qui a pu exister aux débuts d’Internet et du web et qui ressurgit régulièrement depuis : le numérique favoriserait la démocratie, renforcerait le lien social, faciliterait l’accès à la connaissance, permettrait de personnaliser les expériences, etc. Dans le domaine du numérique et de l’éducation, cette illusion n’a eu de cesse d’être démentie ; cet argument est donc dans la lignée d’une longue tradition de promesses non tenues. De plus, dans le cas spécifique de l’IAg, on peut douter du fait que le bien commun puisse aisément émerger de son usage massif quand on connait les projets politiques et les idéologies – assumés – des entreprises développant ces technologies, qui sont à rebours de ces attentes de retombées émancipatrices.

Les inégalités sociales surdéterminent les effets des technologies. Autrement dit, les plus privilégiés disposent toujours des conditions qui leur permettent d’en tirer des bénéfices supérieurs. Par exemple, le manque d’entraînement à l’écriture induit par l’usage des IAg pénalise plus lourdement les élèves qui n’ont d’autres lieux que l’école pour l’exercer.

P.-S.

Licence : CC BY-NC-NA 4.0.

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Nous incitons à lire l’ensemble de ces textes, reproduits avec l’amicale permission de l’Atecopol, et bien d’autres, sur son site. Vous pouvez également vous abonner à sa newsletter par l’envoi d’un simple email vide à l’adresseobjectionconscienceiag-subscribe@lists.riseup.net.