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Éloge d’Éric Woerth

Plaidoyer pour un ministre dévoué

par Laurent Lévy
7 septembre 2010

Que n’a-t-on dit sur cet homme ? Que de calomnies et de rumeurs, que d’acharnement politique et médiatique ! Et pourtant, que lui reproche-t-on ? Une certaine conception de la fidélité à ses engagements, ni plus, ni moins...

Car enfin, que le trésorier du parti du capital s’attache à entretenir des relations mutuellement avantageuses avec ceux-là mêmes qui ont intérêt au maintien du pouvoir en place, quoi de plus normal ? Nul n’est obligé d’avoir Robin des Bois pour modèle, et s’il veut prendre l’argent des riches pour le donner aux riches, on ne saurait lui en faire grief. Il faut bien, d’ailleurs, que les riches aient des laquais, qui les libèrent de certaines contingences. Que le même homme soit précisément chargé d’apporter sa pièce au démantèlement de la retraite est tout aussi naturel : aurait-on oublié la crise ? Les riches que quelques irresponsables voudraient saigner à blanc ne peuvent simplement plus payer pour les retraites des pauvres. À quoi servirait-il, d’ailleurs, d’accumuler du capital, si c’était pour en dépenser les fruits bien mérités à assurer une retraite oisive à ceux qui n’ont pas eu la glorieuse idée d’en faire autant ? Il peut sembler regrettable que les fins de mois étriquées qui commencent souvent le 10, que la misère, les difficultés d’accès aux soins, le mauvais logement, les vacances devant la télé, soient le prix à payer pour que les amis d’Eric Woerth et de Nicolas Sarkozy puissent s’enrichir, mais c’est ainsi que va le monde. Il n’y a pas d’alternative : c’est ça ou le communisme. À vous de choisir. Woerth, lui, a choisi. Et dès lors, lui reprocher de chercher, dans la cohérence de ses choix, le meilleur moyen de financer, non d’inutiles retraites, mais le parti de ses maîtres, c’est comme reprocher à un footballeur de ne pas marquer contre son camp. Même les supporters de l’équipe adverse ne le lui en demandent pas tant !