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La production d’un racisme respectable

Retour sur la loi antifoulard du 15 mars 2004

par Saïd Bouamama
13 mars 2014

Un rassemblement commémorera, samedi 15 mars 2014 à 15H00, Fontaine des Innocents à Paris (Châtelet), le sinistre anniversaire des dix ans de la loi sur les « signes religieux ostensibles », interdisant le port du foulard dit islamique à l’école, sous peine d’exclusion définitive. À l’occasion de ce sinistre anniversaire, nous avons republié le bilan que le collectif Une école pour tou-te-s avait réalisé en septembre 2005, concernant les effets les plus immédiats et concrets de cette loi : comment s’est-elle appliquée dans les écoles ? Quelles ont été les conséquences pour les élèves - les voilées, les dévoilées et les autres... ? Bien d’autres réflexions doivent y être ajoutées pour que le bilan soit complet, notamment sur les effets de division et de diversion de la campagne anti-voile et sur le dramatique dévoiement du féminisme qui lui sert d’argumentaire, mais aussi et surtout sur les suites innombrables qu’a eue cette loi sur le terrain idéologique, politique et social pendant la décennie qui a suivi, que ce soit la loi anti-niqab de 2010, les interdictions de sortie scolaire aux mamans voilées, l’affaire Ilham Moussaïd et plus largement la production et la diffusion massive d’une voilophobie et d’une islamophobie « respectables ». C’est sur ce dernier point que revient ce texte de Saïd Bouamama, initialement paru en 2004.

C’est de manière artificielle que le débat sur " le foulard à l’école " a été relancé au cours de l’hiver et du printemps 2003. Nous disons artificielle car la réalité sociale attestait alors, au contraire, d’une baisse notable des situations " problématiques " : Selon Hanifa Chérifi ( médiatrice de l’éducation nationale), le nombre de conflits dans les établissements scolaires était passé de 300 à 150 depuis 10 ans. Ce qui est à questionner n’est donc pas un " retour du foulard " qui n’existe pas mais les raisons, les motivations, les enjeux et les conséquences du discours alarmiste sur le foulard à l’école.

La construction d’un nouvel ennemi comme lien social national

La fin des équilibres géopolitiques issus de la seconde guerre mondiale du fait de la disparition des " pays de l’Est " a eu une double conséquence, l’une au niveau du réel social, l’autre au niveau idéologique.

Au niveau du réel, la fin du monde bipolaire fait disparaître les freins à la logique capitaliste basée sur la recherche du profit maximum, accélère les concurrences entre grands pays industrialisés et enclenche ce qu’il est désormais convenu d’appeler la " mondialisation ".

Au niveau idéologique le discours de légitimation classique ( l’unité nationale et internationale contre le danger soviétique) n’a plus de raison d’être. Il en découle le besoin d’un " nouvel ennemi " théorisé aux U.S.A. par Huntington [1] et sa " guerre des civilisations ".

Ces deux dimensions issues du changement de contexte mondial ne sont pas des réalités statiques séparées mais un processus d’ensemble dynamique au sein duquel la régression sociale en hausse et les contestations qu’elle porte nécessitent la mise en scène, toujours plus forte, d’un nouvel ennemi " visible ", " naturel " et " évident ".

A l’échelon national la logique " mondialiste " a déjà fait de nombreux dégâts sociaux mais elle a également suscité de puissants mouvements de contestation posant ainsi un clivage de type social, économique et politique. La frontière entre un " nous " et un " eux " est posée par le mouvement social sur des critères d’intérêts sociaux. Elle est susceptible de gagner rapidement du terrain au fur et à mesure que les dégâts du projet libéral toucheront de plus en plus de citoyens et de groupes sociaux. Une des modalités du combat social porte sur la définition de la frontière et le projet libéral a, bien entendu, intérêt à construire la frontière sur un autre critère : La culture, la religion, l’ethnie, la civilisation, etc. L’ethnicisation des questions sociales est donc à la fois, une résultante et un moyen, de la gestion des rapports de forces sociaux dans une phase de régression libérale.

Le droit à une scolarité gratuite est un des acquis sociaux hérités qui est remis en cause par le projet libéral. Nous ne sommes qu’au début de la remise en cause de cet acquis [2] et déjà le gouvernement est confronté à une colère enseignante importante. Il n’est dès lors pas étonnant que ce soit l’école qui soit présentée comme le terrain de combat essentiel contre ce " nouvel ennemi " qu’est " le foulard ", " le communautarisme ", etc. Le référent " laïcité " est ici mobilisé pour réunir ceux que le projet libéral divise et/ou pour diviser ceux qu’il unit. L’ethnicisation scolaire vise également à nier, masquer, voiler la réalité des clivages sociaux et des intérêts en jeu.

Ethnicisation et production d’un " arôme idéologique immédiat "

Ce processus de production d’un bouc-émissaire dérivatif n’est ni nouveau, ni typiquement français. Il n’a pas besoin non plus d’un " centre machiavélique " construisant consciemment un scénario idéologique. Il est même, en général, le résultat d’un fonctionnement systémique désignant des populations cibles du fait à la fois des imaginaires hérités de l’histoire et de la place fragilisée de ces populations dans la société. C’est ce que nous appellerons le processus d’ethnicisation de la vie sociale.

A la source de ce processus se trouvent les inégalités réelles vécues par les populations issues des ex-colonies. Celles-ci occupent une place dominée sur un marché du travail tendantiellement segmenté ethniquement. Cette place assignée apparaît naturelle et non scandaleuse du fait des images " coloniales " qui imprègnent encore profondément les imaginaires collectifs et qui sont en partie intériorisées dans un " inconscient collectif ".

Cette discrimination économique est à la fois conséquence ( d’un rapport colonial non déconstruit et non combattu) et cause des discriminations dans les autres sphères de la vie sociale : logement, santé, rapport à la police, à la justice, etc. Les discriminations sociales entérinent à leur tour et entretiennent la discrimination économique sur le marché du travail.

Nous sommes ainsi en présence d’une frontière ( entre un " nous " et un " eux ") à la fois héritée du rapport colonial et produit/reproduit par les inégalités réelles. Cette frontière est intériorisée et sert de grille de lecture ( à base raciale, ethnique, religieuse, de nationalité, etc.) des difficultés rencontrées à la fois par le groupe majoritaire [3] et par le groupe minoritaire.

Le processus d’ethnicisation de la vie sociale ne se limite pas à ce premier aspect. Il a également une fonction de production d’une " conscience de race " en lieu et place d’une " conscience de classe ". L’ethnicisation de la vie sociale s’opère sur la base d’un sous-entendu hiérarchisant rabaissant le groupe qui est discriminé et valorisant le groupe majoritaire.

Une telle fonction de valorisation/dévalorisation ne joue pas de la même façon selon les période historique et les secteurs sociaux. Elle est d’autant plus en oeuvre qu’augmentent les situations de concurrences que ce soit sur le marché du travail ou dans la consommation des " biens rares " ( écoles, hôpitaux, etc.). On comprend dès lors, en quoi le tournant libéral de la décennie 80 mis en oeuvre, par la gauche comme par la droite, est producteur d’un seuil qualitatif nouveau dans l’ethnicisation de nos sociétés.

On saisira alors également, en quoi les projets ultra-libéraux de Raffarin conduiront à une ethnicisation plus forte de nos sociétés en prétendant combattre celle-ci.

C’est dans ce contexte général articulant héritage colonial, inégalités réelles vécues par les populations issues de la colonisation, augmentation de la concurrence entre citoyens, raréfaction des biens sociaux et des sécurités sociales, etc. que s’inscrit le discours artificiel sur le " danger du foulard à l’école". Ce dernier est à la fois le fait d’une minorité consciente et idéologiquement située d’une part et d’une majorité agie par l’intériorisation de la grille ethnique de lecture d’autre part. La minorité consciente est productrice d’une islamophobie ouverte que ce soit dans les thèses du F.N, dans les écrits de Houellebecq, de Fallaci, etc. [4].

Plus nombreux sont ceux qui sincèrement pensent défendre les principes de laïcité et de service public en s’engageant dans ce discours artificiel. En déconnectant l’analyse du contexte économique, social et politique, en ne distinguant pas mobiles réels et justifications (que ce soit dans les comportements des jeunes filles ou dans ceux des personnes qui exigent une loi d’interdiction), en n’interrogeant pas les inégalités réelles de nos sociétés, etc, ces personnes en arrivent à produire la réalité qu’elle dénoncent. Il est effet désormais prouvé, depuis les travaux de Fanon et Memmi [5] qu’en matière identitaire, toutes les pressions de négations ne peuvent susciter que des réaffirmations de plus en plus caricaturées.

Le passage par le cadre de la loi n’est pas quelque chose d’anodin. Nous sommes à cet égard dans une situation différente des débats antérieurs. Une loi d’interdiction aurait objectivement
valeur de légitimation de l’ethnicisation de la vie sociale. Ce qui était jusqu’à présent résultat d’un fonctionnement social se transformerait en " idéal à poursuivre ". Pour reprendre l’expression de Gramsci, nous assistons à la production d’un " arôme idéologique immédiat " et à une tentative de le légitimer législativement.

Argumentaires fallacieux

Un " arôme idéologique immédiat " a comme fonction de faire apparaître les productions sociales comme des " naturalités ", les conséquences comme des causes, les constructions comme des " évidences ". Il imprègne alors les représentations sociales avec lesquelles sont décryptés les événements de la vie quotidienne. Il élimine les données contradictoires avec son postulat et finit ainsi par produire lui même la réalité qu’il prétend ne faire que constater. C’est dire l’importance de déconstruire un tel " arôme " et de montrer les mobiles sous les justifications.

L’amalgame

Un des mécanismes de fonctionnement du processus est l’amalgame de faits différents qui sont arbitrairement regroupés comme constituant un seul objet social. Il n’y a pas d’argumentation présentée pour justifier ces " regroupements " si ce n’est l’appel incantatoire à " l’évidence ". Il serait ainsi évident que le " communautarisme ", " le port du foulard ", les critiques lors de certains cours d’histoire, et parfois même " les violences contre les femmes ", etc., soient des facettes d’une même évolution inquiétante qu’il conviendrait de stopper fermement et rapidement. L’interdiction du foulard à l’école deviendrait ainsi le symbole d’une lutte plus générale contre le " communautarisme ".

Plus précisément, le " foulard " apparaît comme l’instrument symbolique de diffusion du " communautarisme ". Or non seulement certaines de ces évolutions renvoient à des causalités différentes, mais le " port du foulard " est présenté par certaines jeunes filles comme réactions de protection à ces dégradations du cadre scolaire. C’est dire qu’il n’y a ici nulle évidence en terme de liens et de causalités.

La dramatisation

Le second mécanisme est la dramatisation des faits que l’on prétend ne faire que constater. Le discours catastrophiste est nécessaire pour légitimer la demande de fermeté et d’interdiction. Soulignons que ce mécanisme est en oeuvre dans l’ensemble de la société c’est à dire également hors du cadre scolaire. Il est même une des spécialités du discours et de la logique sécuritaire. Les jeunes filles portant le " foulard " rendraient impossible le métier d’enseignant et perturberaient de manière insupportable le déroulement des enseignements.

Ces arguments sont assénés comme des évidences alors qu’ils sont contredits par l’expérience de nombreux enseignants qui soulignent, au contraire, que ces jeunes filles correspondent souvent au profil du " bon élève " discipliné et attentif à ses devoirs scolaires. Le catastrophisme concerne également l’avenir. Il se fait volontiers anticipatoire. Il annonce alors une épidémie de " foulards ". Or, nous avons souligné en début de ce texte qu’il n’y a aucune augmentation quantitative qui justifie le retour de ce catastrophisme.

En réalité le catastrophisme ne s’adresse pas aux enseignants ayant des jeunes filles portant le " foulard " dans leur classe. Ceux-là ont généralement une expérience concrète les conduisant à la relativisation des effets. Elle s’adresse à la majorité des enseignants à partir de la diffusion de la peur.

Le paternalisme universaliste

Il reste enfin, à jouer sur le registre des valeurs en appelant l’école laïque à " émanciper ", malgré elles, des jeunes filles enfermées par l’autorité familiale et le poids des traditions. Ces jeunes filles sont estimées ne pas avoir la maturité nécessaire pour se faire une opinion personnelle à propos du port du " foulard ".

Cette logique capacitaire permet d’invalider l’hétérogénéité des " causes du foulard " mise en évidence par plusieurs études sociologiques et surtout d’invalider les propos de ces jeunes filles. C’est pour leur bien que l’on ne doit pas prendre en compte leur avis. C’est pour les émanciper qu’il faut les contraindre. On aura reconnu ici la vieille " mission civilisatrice " de la colonisation qui prétendait " émanciper " les indigènes malgré leur désaccord.

Soulignons également que ce raisonnement simplificateur réduisant à une cause unique le " port du foulard " laisse de côté toutes les jeunes filles qui ont cette pratique au grand dam des parents.

De manière plus globale, une interrogation est incontournable pour aborder notre sujet : La génération des mères de ces jeunes filles ne portait généralement pas de foulard en arrivant en France ou après un temps donné de séjour, comment expliquer qu’une partie de la génération des filles éprouve le besoin de le porter et de le revendiquer ?

Poser un regard comparatif transgénérationnel permet d’éliminer d’emblée la vieille problématique de la " tradition " qui freinerait la " modernité ". Il permet également de relativiser l’argument de la contrainte parentale qui, même si elle existe, est loin de constituer l’ensemble de l’explication. Le port du foulard apparaît alors pour ce qu’il est : Ni simple imposition parentale, ni reste d’une tradition dépassée, ni importation étrangère, etc. , mais besoin identitaire contemporain.

Contraindre l’identité ?

Il y a donc, selon nous, une exigence (consciente ou non peu importe) de contrainte sur les identités dans la demande d’une loi interdisant le port du " foulard " à l’école. Une telle exigence ne peut pas se limiter à la sphère scolaire même si elle émerge d’abord à propos de cette institution. D’ailleurs un des projets de loi déposé propose d’étendre l’interdiction à l’ensemble des lieux publics, alors que certains élus considèrent que l’interdiction doit même concerner, .... la rue.

La défense de la " laïcité " n’apparaît ici que comme justification couvrant un mobile implicite : une vision homogénéisante des sociétés exigeant une contrainte assimilationniste. C’est donc notre conception du lien national qui est interrogée par le débat sur l’interdiction.

Un certain nombre de partisans d’une loi sur le foulard y étaient d’ailleurs opposés par le passé. La plus célèbre est Michèle Tribalat mais elle est loin d’être seule. L’explication du changement de position serait, selon leurs propres propos, la prise de conscience des dangers du " différentialisme ". Le discours se fait alors volontiers autocritique : Nous aurions été naïfs sur la revendication du " droit à la différence " en particulier, sur la " multiculturalité " en général.

Nous sommes ici loin du débat sur la laïcité. Celle-ci, en effet, a justement pour vocation de constituer un espace public commun, au-delà des différences culturelles et/ou religieuse. C’est dire que la laïcité n’a de sens que dans une société multiculturelle et multireligieuse. Elle n’est plus d’aucune utilité sociale dans une société de " clones " culturels. C’est une des raisons pour laquelle elle n’a pas de sens dans une " tribu " ou un groupe social replié sur lui-même. La laïcité est une réflexion nécessaire sur les conditions d’une vie commune dans la diversité. Ce n’est pas en supprimant ( si cela était possible) la diversité que peut se mener le questionnement laïque. Une telle attitude revient à casser le thermomètre dans l’espoir de faire cesser une fièvre.

La multiculturalité de la société française n’est pas un objet de choix politique mais un résultat social et historique. La différence et/ou la ressemblance ( ou le sentiment de ressemblance et de différence) ne se décrètent pas [6], elles se constatent à l’issue du processus de socialisation. La diversité culturelle n’est pas problématique en elle même, tout dépend dans quels cadres elle s’insère : égalitaire ou de domination. Ce qui est problématique ce n’est pas la diversité culturelle mais l’existence de chances inégales en fonction des origines culturelles. Ce qui est choquant, ce n’est pas la différence mais l’assignation à des places dominées en fonction des origines. Ce qui produit du " communautarisme " c’est d’abord l’inégalité et non l’existence de différences culturelles.

C’est dire que le développement d’une contrainte sur les identités aura l’effet exactement inverse que celui qui est proclamé. Celle-ci sera perçue comme ingérence inadmissible dans l’intime et suscitera des réaffirmations réactionnelles plus fortes, plus visibles, plus caricaturales aussi. Chaque pression assimilationniste ne peut que provoquer des réaffirmations identitaires. Une loi d’interdiction sur le foulard développera, encore plus, une ethnicisation de la vie scolaire qu’elle prétendait combattre.

La victoire idéologique du F.N.

Le retour récurrent du débat sur le foulard est, selon nous, un indicateur d’une victoire idéologique du F.N. A partir du moment où les questions liées à l’immigration ( et à ses enfants) ne sont plus posées à partir d’un vocabulaire de critique sociale ( inégalité, injustice, classe sociale, sélection, discrimination, etc.) mais à partir d’une thématique essentialiste ( nation, identité, communauté, etc.) une partie du projet de ce parti est dores et déjà en oeuvre.

Il n’est dès lors pas étonnant de retrouver J.-M. Le Pen comme partisan d’une loi d’interdiction, comme par le passé certains défenseurs de laïcité ont pu être partisans d’une christianisation des colonisés. L’ethnicisation des questions sociales et la production d’un bouc émissaire dérivatif sont le coeur du projet du F.N. Ses meilleurs alliés sont les inégalités qui touchent nos sociétés et qui produisent, elles-mêmes, une ethnicisation de l’ensemble des sphères de la vie sociale. La diffusion de son vocabulaire et de ses thématiques à des franges politiques plus larges ( que ses membres) est une de ses stratégies.

La rupture avec l’ethnicisation du débat est donc, selon nous, un impératif absolu si nous voulons éviter l’émergence d’un " arôme idéologique immédiat " ethnique justificateur d’un " nouvel ordre raciste " [7] apparaissant comme légitime et " naturel " à la majorité des habitants de notre pays. Cela devrait nous conduire à combattre toutes les positions renforçant l’ethnicisation et à défendre toutes celles remettant en cause les inégalités scandaleuses en oeuvre et qui clivent les citoyens en plusieurs catégories. Une loi d’interdiction du foulard contribue ( que ses partisans le veulent ou non) à ethniciser encore plus notre système scolaire, déjà miné ( entre autres) par l’ethnicisation produite par la discrimination ethnique en oeuvre en son sein.

P.-S.

Ce texte présente quelques-unes des grandes lignes de l’analyse que Saïd Bouamama développe dans son livre : L’affaire du voile, ou la production d’un racisme respectable, publié en 2004 aux Éditions du Geai Bleu.

Notes

[1] Samuel P. Huntington, Le choc des civilisations, Odile Jacob, Paris, 2000

[2] Pour Une vision globale du projet scolaire du libéralisme lire les ouvrages de Nico Hirtt : Les nouveaux maîtres de l’école, ed. E.P.O., Bruxelles, 2000 ; L’école prostituée, ed. Labor/ Espace de libertés, Bruxelles, 2001.

[3] Les termes de majoritaire et de minoritaire ne sont pas à comprendre ici dans leur sens statistique mais dans leur acception politique. A ce niveau une minorité peut constituer le groupe majoritaire et une majorité le groupe minoritaire.

[4] Cf. Michel Houellebecq, Plateforme, Flammarion, Paris, 2001. Voir aussi l’interview au magazine " Lire " de septembre 2001. Oriana Fallaci, La rage et l’orgueil, Plon, Paris, 2002

[5] Frantz Fanon :

- Les damnés de la terre, La découverte, réédition, 2002.

- Pour la révolution africaine, La découverte, réédition, 2001

- Peau noire, masques blancs, Seuil, réédition , 1971

- L’an V de la révolution algérienne, La découverte, réédition, 2001.

Albert Memmi :

- Portrait du colonisé, Gallimard, 1957

- L’homme dominé, Payot, 1968.

[6] Voir sur cet aspect, l’excellent article d’Abdelmalek Sayad, le Poids des mots, in " La double absence, , seuil, 1999.

[7] Nous empruntons cette expression à François Vourch, chargé de recherche à l’URMIS-CNRS.