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« Une sexualité plus rude »

Le collectif Les mots sont importants vous offre des aveux de viols en série

par Collectif Les mots sont importants
12 juin 2015

Après le « libertinage », les « affaires de moeurs » et les « parties fines », le « séducteur » ou « l’homme qui aimait les femmes », mais de préférence « à la hussarde », la France d’en haut nous propose une nouvelle appellation, tout aussi distinguée, tout aussi euphémisée, pour sa violence sexiste : voici donc la « sexualité rude »... Nous reproduisons donc les témoignages de deux prostituées ayant fait l’expérience de cette sexualité dite rude, et l’aveu hallucinant de celui qui, en toute tranquillité et en toute impunité, déclare en être coutumier.

Lors du procès du Carlton ce 11 février, Jade une prostituée raconte sa rencontre avec DSK :

« J’ai subi… une pénétration à laquelle j’aurais dit non s’il m’avait demandé. Parce que je ne veux pas de ça. A chaque fois que je vois sa photo, je revis cet empalement de l’intérieur, qui me déchire dedans. Aucun autre client ne s’est jamais permis ça avec moi ! Alors peut-être ce client-là pense qu’il peut tout faire parce qu’il a un niveau social supérieur… »

On connaissait déjà le témoignage affreux de MA :

« J’étais sur le ventre allongée sur le lit et lui était sur moi. Pendant notre rapport, j’ai senti que DSK tentait de me sodomiser. Je lui ai alors dit de ne pas continuer car je ne pratiquais pas la sodomie. E. [une autre prostituée, ndlr] est même intervenue en disant d’arrêter car je ne faisais pas ça, en plus il n’avait pas de produit lubrifiant. C’est alors que David Roquet est allé dans la salle de bains pour prendre un pot de crème hydratante […]. Je n’en revenais pas, David Roquet a donné ce pot de crème à DSK, puis David Roquet m’a tenue sur le lit pour que la sodomie puisse se réaliser alors que je ne voulais pas. Le rapport sexuel avec DSK s’est terminé par cette sodomie qui pour moi était violente. »

Réponse de Dominique Strauss-Kahn à Jade ce même 11 février :

«  J’ai pensé qu’en tant que libertine, elle aimait danser dans un club et avoir une relation avec un client. Je ne mets pas en cause la perception qu’elle a eue de notre rapport sexuel. Mais je ne l’ai pas ressenti de la même manière. Je pense que je dois avoir une sexualité, je le découvre dans ce dossier, par rapport à la moyenne des hommes, plus rude. Mais j’ai exactement le même comportement sexuel avec toutes les femmes. »

C’est donc bien d’une seule et même manière que DSK semble concevoir et goûter les relations sexuelles avec les femmes : par la violence. En d’autres mots le viol.