Le récent passage de Youssoupha dans l’émission « On n’est pas couché » a occasionné un édifiant florilège de condescendance, voire de morgue sociale - comme il est, hélas, d’usage lorsque l’on traite du rap et des rappeurs à la télévision... Le genre rap francophone et ses artistes ont, depuis leurs premières apparitions sur les écrans télévisés, lors de la deuxième moitié des années quatre-vingt, subi des traitements médiatiques délégitimant leurs pratiques en tant qu’activités artistiques ou musicales. (...)
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La France d’en bas vue d’en haut
Dernier ajout : 21 avril 2012.
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Un billet pour les faire taire ?
Quand Ruquier, Pulvar et Polony « cherchent un peu la merde »
par 21 avril 2012 -
Parcourant un récent numéro de la revue Agone consacré à l’engagement des intellectuels , je suis tombé sur un texte d’Alain Accardo intitulé « (Auto)-Dérision », présenté comme léger et roboratif et pourtant extrêmement lourd. Lourd au sens de lourdingue, mais pas seulement : lourd aussi de présupposés eux-mêmes très lourds – je veux dire des présupposés qui font mal au ventre et mal à la tête, qui pèsent depuis trop longtemps sur la pensée et l’écriture de la gauche radicale, et qu’on aimerait tellement ne (...)
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Le collectif Les mots sont importants vous offre une leçon de larbinisme subtil
Avec l’obligeante collaboration de David Pujadas
par 22 octobre 2010Nous aurions certes pu citer la totalité de ses confrères, qui reprennent en choeur la terminologie gouvernementale pour nous annoncer en toute objectivité le nombre de « casseurs » arrêtés par la police. Nous avons préféré distinguer le meilleur d’entre tous, avec une contribution plus subtile à la disqualification et à la minoration du mouvement social en cours. Cela se passe dans le JT du 19 octobre 2010, juste avant un reportage sur l’unanime exaspération des automobilistes [1], et il est question (...)
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Bréviaire de la haine (anti-gréviste)
Petit lexique pour temps de grèves et de manifestations
par , 21 octobre 2010Une haine sublimée, une haine distinguée, un profond mépris en tout cas : c’est ce qu’expriment, sans parfois en prendre conscience, les journalistes qui, de flash d’infos en débat d’opinion, colportent comme une langue naturelle, objective et évidente, une langue automatique qui n’est rien d’autre qu’une langue de bois politiquement très marquée – favorable à « la réforme » et hostile à celles et ceux qui refusent de la subir. Le petit lexique qui suit rassemble les principaux mots-clef de cette rhétorique (...)
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En attendant la révolution
Quelques propos de Carla Bruni Sarkozy, sans commentaire
par 16 décembre 2009C’est authentique, rien n’est inventé. C’est extrait de l’émission « Sept à huit », diffusée dimanche 13 décembre 2009 sur TF1. Les commentaires nous paraissent superflus. « Beurnadette Chirac est de bon conseil. » « Moi je me sens proche des Franceus, mais peut-eutre qu’eux, ils ne se sentent pas proches de moi. » « Pour moi, la feume franceuse, c’eut une feume de tradition, reuputée dans le monde entier pour son euleugance et sa fineusse » « Je ne souffre pas de la célébrité, car je ne la sens pas. (...)
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Les trente-cinq heures, non ! L’eau ferrugineuse, oui !
Quand Nicolas Baverez parle vrai
par 7 décembre 2009Le texte qui suit est extrait du livre collectif Les éditocrates, publié par Mona Chollet, Olivier Cyran, Sébastien Fontenelle et Mathias Reymond aux Éditions La Découverte, que nous recommandons vivement. Dans un billet d’octobre 2003, Nicolas Baverez énumère « sept bonnes raisons de sortir au plus vite des 35 heures » après cinq ans de règne d’un socialisme de gouvernement très modérément dirigiste (où l’on aura, on l’a dit, beaucoup privatisé et dont le chef, Lionel Jospin, succombant à une crise de (...)
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Le Monde et la « Gestuelle Rap »
Les manifestations lycéennes vues par un « journal de référence »
par 3 avril 2008Le Monde (qui fut, paraît-il, en des temps si lointains que la mémoire humaine échoue à les envisager, un journal de référence) évoque, à la page 10 de son édition du jour, les « nouvelles manifestations de lycéens » des « mardi 1er et jeudi 3 avril ».... Sur un tel sujet, il va de soi : Le Monde évite, avec beaucoup d’application, de recueillir le point des vue des lycéens eux-mêmes, premiers intéressés (trop de polyphonie tuerait la transmission des logorrhées officielles.) Le Monde préfère citer (...)
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« Cités-ghettos », « quartiers sensibles » ou autres « quartiers d’exil » sont, depuis une vingtaine d’années, l’objet de reportages dramatisants et sensationnalistes. Mais est-ce la seule chose qui doive nous interroger ou nous inquiéter ? Car ces catégories territoriales qui émergent en France dans les années 1985-1995 ne sont pas un simple « reflet », même déformé, de la réalité sociale ; il ne s’agit pas seulement d’exagération ou de mensonges. Ce qui se joue est aussi et surtout une nouvelle manière de (...)
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Evoquant le film « Braves gens n’ayez plus peur » consacré aux politiques sécuritaires, Eric Verney revient sur la manière dont la culture dominante et l’Etat jacobin ont contribué en France à l’étouffement des paroles minoritaires. Il développe un parallèle entre les processus de stigmatisation dont ont été victimes les populations immigrées et les populations rurales. Il nous a semblé particulièrement utile, notamment pour éviter que la dénonciation de ce type de domination et la défense des langues (...)
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Bien sûr ce n’est qu’un dessin de presse. Mieux : un dessin humoristique. Alors essayons de rire... Au milieu : un homme blanc, un peu chauve ceint de l’écharpe tricolore, accablé, assis devant un parapheur. Derrière lui le buste de la République. On a reconnu l’élu. Autour de lui derrière, devant, sur les côtés, des gens ordinaires, sans écharpe, adultes et enfants dont le trait du dessinateur souligne les origines intercontinentales. L’un d’eux est sous la tente. Un autre allongé par terre sous un (...)
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