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De la subversion

Selon Libération

par Collectif Les mots sont importants
20 septembre 2013

La défense du féminisme est de mise dans la presse française. Toutefois, cette défense se limite souvent à un certain « féminisme d’Etat », qui sert les intérêts du racisme en rabattant les violences faites aux femmes sur une géographie bien particulière. L’autre féminisme prisé par de nombreux médias a comme particularité curieuse de s’en prendre aux féministes, au nom d’un libéralisme sexuel qui n’est le plupart du temps qu’une défense des hommes accusés de violences.

Libération a pris une part active à ces deux types de « féminisme ». Ce quotidien a, en son temps, participé au lancement de Ni putes ni Soumises. Il fut aux avants-postes de la défense de Roman Polanski. Marcela Iacub, connue pour son hostilité à toute évocation de la domination masculine, y a sa tribune. Libération est allé jusqu’à parler d’une véritable œuvre « littéraire » quand elle publie un livre complaisant sur Dominique Strauss-Kahn et les pulsions masculines.

Parfois toutefois, le masque tombe et ce vernis féministe disparaît. C’était le cas ce jeudi 19 septembre 2013, sous la plume de David de Araujo. Dans son article sur le groupe Drenge, on pouvait lire cet éloge de la « subversion », à propos d’un des musiciens.

« Subversif, Eoin promet sobrement aux femmes qui le font souffrir de les "faire courir sur les collines, pisser dans leur froc, et de les casser en deux." »

Subversif : un petit mot en début de phrase qui en dit long sur ce que suscite, chez un journaliste de Libération, l’éloge le plus brutal de la violence sur les femmes.