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Non, c’est non

Présentation du livre d’Irene Zeilinger : Petit manuel d’autodéfense à l’usage de toutes les femmes qui en ont marre de se faire emmerder sans rien dire

par Sylvie Tissot
21 février 2009

Ce livre part d’un constat simple. Les femmes sont massivement victimes de violences. Se défendre réduit considérablement les chances de succès de l’agression. Pourtant, la socialisation des femmes les rend particulièrement inaptes à l’auto-défense.

Eduquées pour sourire, être jolies et gentilles, les femmes sont beaucoup moins à l’aise avec les comportements qui permettent de se protéger : l’impolitesse, la méfiance, la colère et bien sûr la riposte physique.

Ce manuel entend donc aider toutes les femmes qui ont l’habitude de « se faire emmerder sans rien dire »... à changer d’attitude. Pour se perfectionner dans l’art du coup de boule ou dans la manière d’enfoncer ses doigts dans l’œil de l’agresseur, l’auteure recommande de s’inscrire à un stage d’autodéfense féministe.

Mais l’agression physique (et toutes celles qui, souvent, la précèdent) peuvent aussi être évitées en réagissant verbalement ou mentalement de façon appropriée. Des conseils particulièrement utiles sont ainsi donnés, de la fameuse technique des trois phrases (p 165) à celle du disque rayé (p 144).

Pour illustrer l’importance des mots... pour se défendre, nous reprenons, du chapitre 5 de ce livre publié sur internet, un tableau très pédagogique. Y sont mis en parallèle, à partir d’exemples du quotidien, ce qu’ont l’occasion de penser des femmes ; ce que, parce que leur éducation leur enjoint de dire les choses "doucement" et sans "être agressive", nombre d’entre elles finalement expriment ; et enfin ce que les agresseurs, qui veulent entendre ce qu’ils ont envie d’entendre, entendent.

Parlez-vous le féminin ?

Traduction de quelques formules.

Ce que les femmes veulent dire -> Ce que les femmes disent -> Ce que les agresseurs entendent

Tu es trop près, recule ! -> J’ai l’impression que tu t’approches un peu trop. -> Je ne suis pas sûre que tu sois vraiment trop près, et le fait que tu sois trop près n’a aucune conséquence et tu ne dois rien changer.

Range tes affaires sans que je doive te le dire à chaque fois ! -> Chéri, j’ai encore trouvé des chaussettes sales au milieu du salon. Elles sont à toi ? -> Je m’occupe de tes affaires, je veux juste m’assurer qu’elles sont bien à toi. Surtout ne te bouge pas !

Hé, faites la queue comme tout le monde ! -> Excusez-moi, je crois que j’étais avant vous. -> Je m’excuse car c’est sans doute de ma faute. En plus, je ne suis pas sûre que vous m’ayez dépassée. Veuillez m’éclairer sur ce point.

Aller boire un verre avec toi ? Jamais de la vie ! -> Je suis vraiment désolée, mais ce soir, je ne suis pas libre. -> J’aurais tellement voulu prendre un verre avec toi, mais, malheureusement, je ne peux pas ce soir. Réessaie demain et je dirai oui.

(En voiture) Ralentis, tu me fais peur ! -> Tu vas un peu trop vite à mon goût. Ça te dérange d’aller un peu plus lentement ? -> À mon avis purement personnel, tu roules un petit peu trop vite, mais je peux me tromper aussi. De toute façon, ce n’est pas grave, et tu peux continuer comme ça si tu veux.

P.-S.

Ce livre est publié par les éditions Zones en 2008. Il est disponible sur internet