Icônes de la diversité ou archétypes de l’imaginaire colonial ?

Le cas Rachida Dati et Fadela Amara
par Hassina Mechaï
3 juin 2020

Face à la vague d’indignation suscitée par l’emploi du mot beurette par TF1 dans le pitch d’une série télévisée, les invités de l’émission de Pascal Praud se sont empressés de jouer, une fois de plus, les gardiens de l’ordre symbolique, en exprimant leur indignation. Frédéric Abi, auto-proclamé expert de l’opinion publique, est définitif : « les Français » seraient complètement indifférents à de tels enjeux. (...)

lire la suite
  • Retour sur une émeute

    À propos de la construction politique et médiatique du « problème des quartiers sensibles »

    par Sylvie Tissot 25 avril 2020

    Pour fêter, le mieux possible, en attendant des jours meilleurs, les 20 ans du site « Les mots sont importants », nous avons choisi d’accompagner la sortie de l’anthologie Mots et maux d’une décennie, paru mi mars aux éditions Cambourakis, d’une anthologie virtuelle, en ligne, à raison d’un texte chaque jour, un par année. Le texte que nous avons retenu pour l’année 2005 revient sur les émeutes de Clichy-sous-bois et leur traitement médiatique. Il revient plus préciément sur la réception médiatique et (...)

  • Hommes, femmes et enfants qui ne voulaient que vivre

    Réflexions anti-héroïques à partir d’un grand petit livre de Pinar Selek

    par Pierre Tevanian 24 avril 2020

    Où il est question entre autres d’un million et demi de morts, beaucoup sans sépulture, et d’un autre million d’orphelins exilés, de quelques exilés de l’intérieur, de Turquie et d’ailleurs, de 1915 et de 2016, de catastrophe et de tragédie, de victimes et de héros, de survivance et de révolte, de peur et de colère, du mythe sublime et de ses méfaits, de l’humanité ordinaire et de son inaliénable dignité.
    "Les murmures des rebuts de l’épée prennent enfin voix et se transforment en cris." Rakel Dink
    Passé (...)

  • Les plus silencieuses

    Un souvenir important

    par Pınar Selek 24 avril 2020

    Nous sommes dans un collège d’Istanbul, peu après le coup d’Etat de 1980. On y chante, comme on le fera dans toutes les écoles jusqu’aux années 2000, tous les lundis matins et tous les vendredis après-midis, cet hymne nationaliste : « Heureux celui qui se dit turc ! » – et la formule est même inscrite au fronton de l’établissement. Fille d’un dissident emprisonné, Pınar Selek est en classe avec des dizaines d’adolescentes « obsédées par les marques », quelques filles d’intellectuels de gauche, deux Juives (...)

  • Cent quatre ans, cinq jours, vingt minutes

    Réflexion sur le négationnisme d’États (Unis)

    par Pierre Tevanian 24 avril 2020

    « La semaine dernière, grâce à un vote au Sénat qui suivait celui de la Chambre des représentants fin octobre, le Congrès a formellement adopté une résolution pour "commémorer le génocide arménien en le reconnaissant officiellement". Dans la foulée, Ankara a manifesté sa colère en convoquant l’ambassadeur américain et en expliquant que ce vote "mettait en péril l’avenir des relations" entre les deux pays. » C’est en ces termes que le quotidien Vingt minutes rappelait le contexte de l’inqualifiable déclaration (...)

  • Quand Macron nous crache au visage

    Réflexions sur le génocide des Arméniens, la maison de Pierre Loti, le devoir de mémoire et les politiques du patrimoine

    par Pierre Tevanian 24 avril 2020

    Démantèlement du droit du travail, du service public, de tout l’Etat social. Liquidation du droit d’asile. La liste est longue des raisons de détester Emmanuel Macron et d’entrer, contre l’ensemble de sa politique, en résistance. Une nouvelle raison vient de s’y ajouter : la politique mémorielle du nouveau président, et la manière, plus précisément, dont il crache, au printemps 2018, à la figure des Arméniens, les 1500000 qui furent massacrés, les rescapés et leurs descendants, dont une bonne part vit (...)

  • Le silence en héritage ?

    Les Arméniens et le génocide, entre impératif d’oubli et travail d’anamnèse

    par Nazli Temir Beyleryan 24 avril 2020

    Il y a cent-cinq ans, le 24 avril 1915, le ministre de l’intérieur ottoman Talât Pacha ordonnait l’arrestation des intellectuels ou notables arméniens à Constantinople : ecclésiastiques, médecins, éditeurs, journalistes, avocats, enseignants, hommes politiques, ce sont plus de 2000 personnes qui furent alors arrêtées en quelques jours, avant d’être déportées puis massacrées. Ces journées marquent le déclenchement officiel d’un génocide planifié et initié plusieurs semaines plus tôt, qui coûtera la vie à plus (...)

  • Pour fêter, le mieux possible, en attendant des jours meilleurs, les 20 ans du site « Les mots sont importants », nous avons choisi d’accompagner la sortie de l’anthologie Mots et maux d’une décennie, paru mi mars aux éditions Cambourakis, d’une anthologie virtuelle, en ligne, à raison d’un texte chaque jour, un par année. Le texte que nous avons retenu pour l’année 2004 porte sur ce qu’on a appelé l’affaire Veinstein – une controverse qui a eu lieu à la fin de l’année 1998 à propos de la nomination, au (...)

  • « du respect pour les femmes de chambre »

    Retour sur le combat des femmes de chambre à Marseille

    En avril 2019, des femmes de chambre travaillant dans un hôtel de Marseille lançaient un mouvement de grève qui durera cinq mois, comme d’autres le feront quelques mois plus tard en région parisienne. Femmes et migrantes, certaines avaient déjà travaillé dans d’autres hôtels, en France ou ailleurs, d’autres avaient commencé à l’ouverture de celui-ci fin 2017. À l’occasion d’un changement de direction de l’hôtel, l’entreprise de sous-traitance qui les employait a été remplacée et leurs conditions de travail (...)

  • Le viol ne suffit pas

    À propos d’un procès et de tous ceux qui n’auront jamais lieu

    par Sol Brun 20 avril 2020

    Beaucoup de choses ont changé depuis les « premières lois » évoquées par Brownmiller, qui publiait en 1975 l’un des premiers ouvrages analysant le viol comme un acte politique. Mais beaucoup d’autres n’ont que très peu évolué, en particulier cette fondamentale déconnexion entre le viol comme crime odieux, qui indigne unanimement et qui est puni sévèrement[[En France, la peine encourue pour viol est de quinze ans de réclusion criminelle. C’est aussi le cas, par exemple de la torture ou des actes de (...)

  • Le petit gars

    Hommage à Daniel Bevilacqua, dit Christophe

    par Pierre Tevanian 18 avril 2020

    Ma porte d’entrée, puisqu’il en faut bien une dans cette immense et magnifique maison qu’est l’oeuvre de Daniel Bevilacqua, dit Christophe, sera celle qui fut ouverte par moi, tout jeunot, en 1985. Un passage télé, le come back un peu bizarre d’un chanteur populaire : « Ma princesse pleure dans les journaux… »
    C’est avec ce 45 tours que j’ai découvert le génie de Christophe. À une époque où le son mainstream était dégueulasse, il y avait ces synthés magnifiques, lyriques, cette mélodie envoutante, la folie (...)

0 | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 | 60 | 70 | 80 | ... | 1700