L’exploitation domestique

Avant-propos de la traduction du livre de Christine Delphy et Diana Leonard.
par Christine Delphy
13 juin 2019

Dès leurs premières apparitions, les mouvements féministes se sont heurtés à une résistance inouïe au sein de la gauche, française notamment, au nom de la soit disant primauté de la lutte des classes. La longue histoire de ce déni a déjà quasiment 50 ans, et semble ne pas avoir de fin – en témoignent les récentes offensives contre ceux-lles qui « défendent les minorités » (entendez les Noirs, les Arabes, (...)

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  • « Ce barbu aux épaules larges »

    Le collectif Les mots sont importants vous offre un classique du mouvement ouvrier, et trois questions

    L’affaire de la Ligue du LOL a mis au grand jour cette réalité cruelle pour les hommes de gauche, occultée par des années de féminisme d’Etat : le sexisme est présent et prospère dans les quartiers de centre-ville, au sein des élites cultivées, chez les mecs cool. Nous n’avons pas fini de prendre la mesure de la haine profonde des femmes qui règne dans les milieux prétendûment progressistes – et, nous voudrions le rappeler, y compris chez les notables de cette gauche radicale, intellectuelle, éditoriale, (...)

  • Sayat Nova

    Hommage à Serguei Paradjanov

    par Serge Daney 13 février 2019

    Paru il y a près de quarante ans, près de quinze ans après la première sortie de Sayat Nova (La couleur de la grenade) (1968), et quelques années avant les derniers films de Serguei Paradjanov, La Légende de la forteresse de Souram (1985) et Achik Kerib ou le conte d’un poète amoureux (1988), ce texte est une excellente introduction à une oeuvre singulière et merveilleuse. A l’occasion d’une projection en salle à la Cinémathèque de Paris Bercy ce jeudi 14 février à 19H30, nous le republions en hommage (...)

  • L’Arménien et l’Arménien

    Allez-y, essayez de les détruire

    par William Saroyan 9 février 2019

    Ecrit à New York en 1935 , « The Armenian and the Armenian » est connu pour son dernier paragraphe, très souvent cité (par exemple, dernièrement, à la fin du film de Terry George : La promesse), mais toujours dans une version remaniée – amputée de quelques grossièretés et enjolivée de références lyriques à des « prières » et des « chants » toujours renaissants, et même à une « nouvelle Arménie », qui n’ont jamais figuré dans le texte de Saroyan. Ce texte gagne pourtant (en subtilité, en beauté, en force) à être lu (...)

  • Gayfriendly

    Présentation du livre aux Mots à la bouche, le 8 février

    par Sylvie Tissot 7 février 2019

    Que veut dire être gayfriendly ? Avoir des amis gais ? Soutenir le « mariage pour tous » ? Envisager sans effroi que sa fille devienne lesbienne ? Sortir dans des bars gais et même renouveler ses propres pratiques sexuelles ? Il n’y a pas de « bonne » gayfriendliness, mais des attitudes différentes, en France et aux États-Unis, variables selon les âges, le sexe et les parcours de vie. L’acceptation de l’homosexualité, qui progresse indéniablement, n’est pas non plus réservée aux plus riches : ces (...)

  • La Femme de ma Mort

    Portrait de l’artiste en guerrière blonde nullipare : John Cassavetes, Opening Night (1977)

    par Pacôme Thiellement 3 février 2019

    Les films sont une conspiration. C’est ce que dit Minnie Moore (Gena Rowlands) à sa copine et co-spectatrice Florence (Elsie Ames), avec qui elle vient de voir Casablanca, dans Minnie & Moscowitz (1971), le premier film de John Cassavetes qui se présente aussi comme un « art poétique » – ou comme une tentative consciente d’exorcisme des puissances de mensonge et de mort. En hommage au cinéaste, disparu il y a trente ans, le 3 février 1989, voici l’exégèse, par Pacôme Thiellement, d’un autre de (...)

  • Le genre précède le sexe

    Le bonus de l’Abécédaire de Christine Delphy en accès libre

    par Christine Delphy 2 février 2019

    Cet abécédaire, long entretien filmé de Christine Delphy avec Sylvie Tissot, explore en 26 lettres les concepts clefs de la théorie féministe (Genre, Travail domestique…) tout en revenant sur les épisodes de la vie de Delphy, ses rencontres et les événements historiques auxquels elle a participé. Il figure, avec le film Je ne suis pas féministe mais…, dans un coffret DVD. Nous souhaitons aujourd’hui le rendre accessible en intégralité au plus grand nombre. Voici enfin le bonus.
    Pour beaucoup de (...)

  • Billy Wilder et le trouble dans le genre (Fin)

    Un film trans-genres ?

    par Faysal Riad 28 janvier 2019

    Tous les déguisements ne sont pas forcément présentés comme illégitimes : lorsque Joe cherche à séduire Sugar, le film les représente à un stade non abouti de leur évolution. Il demeure ce mâle méprisable dont elle se méfie tout comme elle demeure de son côté cette femme soumise rêvant d’un prince charmant. Mais les choses n’en restent pas là. Parodie de film de gangsters et de comédie romantique, les personnages confrontés aux situations habituelles de ces deux genres cinématographiques ne réagissent (...)

  • Un des premiers moyens d’éviter la mort et la répression injuste réside tout simplement dans la fuite : c’est ce que font les gangsters au début de l’histoire, et c’est aussi ce que sont obligés de faire nos trois personnages principaux tout le long du film. Le récit s’organise en effet autour de l’idée de mouvement : non seulement les personnages ne restent jamais sur place, mais la forme même utilisée pour nous montrer leurs aventures met en scène cette pulsion de fuite : la musique évidemment qui (...)

  • Beaucoup de fuites dans cette histoire. De nombreuses répétions, de nombreux échos. Certains motifs narratifs et éléments thématiques sont sans cesse répétés sous différentes formes (celles qui définissent le cinéma : éléments du scénario – situations – ou éléments du discours, de mise en scène, de thèmes mis en lumière par des cadrages, des effets de montage...) à chaque fois enrichies d’occurrences qui les ont précédés et débouchant sur une synthèse tenant un discours très clair sur certains sujets : tel un (...)

  • Billy Wilder et le trouble dans le genre

    Interprétation de Certains l’aiment chaud (Première partie)

    par Faysal Riad 28 janvier 2019

    A l’occasion de la rétrospective Billy Wilder, qui a lieu actuellement à la Cinémathèque de Paris, nous republions ce texte de Faysal Riad consacré au génial Certains l’aiment chaud – qui sera projeté à la Cinémathèque le 31 janvier prochain à 19H30.
    Nombreuses sont les interprétations positives ou négatives de Certains l’aiment chaud qui considèrent ce film comme une suite de gags plus ou moins efficaces tournant vaguement autour du thème du travestissement. Le film est certes aussi connu pour la (...)

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