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Politiques de la mémoire

Dernier ajout : 8 juin.

Tous les articles de cette rubrique

  • Un humoriste qui multiplie les mauvaises blagues sur la Shoah ; des activistes qui le soutiennent en invoquant le passé esclavagiste ; des candidats à la présidentielle qui tiennent à faire connaître leur jugement sur l’histoire coloniale de la France ; des ministres et des éditorialistes qui appellent à retrouver un âge d’or républicain ; des musulmans qui se comparent aux Juifs de l’entre-deux guerres pour alerter sur leur oppression, et se le voient reprocher ; des statues de Colbert déboulonnées, (...)

  • Napoléon gayfriendly ?

    Retour sur l’extravagant pinkwashing d’une icône présidentielle

    par François Atreyu 16 mai 2021

    À en croire un récent entretien que le magazine Têtu a réalisé avec un des commissaires de l’exposition « Napoléon » au Grand Palais/La Villette, Napoléon Bonaparte aurait été « gayfriendly ». Après avoir tenté d’exonérer l’empereur de son bellicisme, de son esclavagisme et de son antisémitisme, la vulgate révisionniste semble désormais chercher à en faire le pinkwashing. Les lignes qui suivent sont consacrées à la déconstruction de cette fiction homobonapartiste.
    Les célébrations voulues par Emmanuel Macron (...)

  • Les yeux grands fermés

    Réflexions sur le relativisme d’État, à l’heure où l’on commémore, sans honte, un certain Napoléon

    par Pierre Tevanian 5 mai 2021

    Ce mercredi 5 mai, alors que nos gouvernants assument, en grande pompe, leur choix singulier de « commémorer » Napoléon plutôt que ses victimes, paraît aux Éditions Amsterdam le dernier livre de Pierre Tevanian : Politiques de la mémoire, consacré aux usages étatiques ou politiques du passé. Nous en publions ci-dessous, en guise de présentation, un extrait consacré précisément à cette consternante commémoration de Napoléon – et plus précisément à la manière dont nos gouvernants la justifient. Le constat (...)

  • Trop de mémoire ou trop peu ?

    Quelques réflexions sur un 24 avril de plus

    par Pierre Tevanian 24 avril 2021

    Pour ce 24 avril un peu particulier, puisque se profile, après 106 années de déni, une reconnaissance du génocide des Arméniens par Joe Biden, le président États-unien, une question s’impose, ici, en France, comme dans toutes les diasporas. Cette question, Yériché Gorizian, du mouvement Charjoum, la posait il y a quelques jours sur Facebook en des termes crus, qui peuvent paraître excessifs mais me paraissent justes : « Comment pouvons-nous commémorer une politique d’extermination qui a toujours cours (...)

  • Le silence en héritage ?

    Les Arméniens et le génocide, entre impératif d’oubli et travail d’anamnèse

    par Nazli Temir Beyleryan 24 avril 2021

    Il y a cent-six ans, le 24 avril 1915, le ministre de l’intérieur ottoman Talât Pacha ordonnait l’arrestation des intellectuels ou notables arméniens à Constantinople : ecclésiastiques, médecins, éditeurs, journalistes, avocats, enseignants, hommes politiques, ce sont plus de 2000 personnes qui furent alors arrêtées en quelques jours, avant d’être déportées puis massacrées. Ces journées marquent le déclenchement officiel d’un génocide planifié et initié plusieurs semaines plus tôt, qui coûtera la vie à plus (...)

  • Admettre le meurtre, nier le crime

    Le génocide des Arméniens et sa négation dans les mémoires des Jeunes-Turcs unionistes

    par Duygu Tasalp 24 avril 2021

    Il y a aujourd’hui cent-six ans, le 24 avril 1915, le ministre de l’intérieur ottoman Talât Pacha ordonne l’arrestation des intellectuels ou notables arméniens à Constantinople : ecclésiastiques, médecins, éditeurs, journalistes, avocats, enseignants, hommes politiques, ce sont plus de 2000 personnes qui sont arrêtées en quelques jours, avant d’être déportées puis massacrées. Ces journées marquent le déclenchement officiel d’un génocide planifié et initié plusieurs semaines plus tôt par le parti au pouvoir (...)

  • Atatürk, ce héros ?

    Quand Emmanuel Macron piétine (une fois de plus) l’histoire des Arménien·ne·s

    par Pierre Tevanian 27 mars 2021

    Au cours d’une soirée télévisée consacrée aux dérives autocratiques et bellicistes du président turc Recep Tayyip Erdogan, mercredi 24 mars sur France 5, le président Macron a tenu des propos sur le présent et le passé de la Turquie qui sidèrent, et constituent, pour les Arménien·ne·s d’ici comme de là bas, comme une nouvelle gifle, ou un nouveau crachat.
    Au cours de cette soirée intitulée « Erdogan, le Sultan qui défie l’Europe », beaucoup de choses intéressantes ont été dites, sur un personnage en effet (...)

  • Sociogenèse d’un crime d’état

    17 octobre 1961 : chèque en blanc à Maurice Papon

    par Emmanuel Blanchard 17 octobre 2020

    Alors que l’on commémore, ce samedi 17 octobre 2020 (à Paris, Pont Saint-Michel à 18H00), le cinquante-septième anniversaire du massacre d’octobre 1961, il nous paraît utile de revenir sur le travail d’Emmanuel Blanchard. Dans son livre La police parisienne et les Algériens (1944-1962), paru en 2011, l’historien restitue les résultats d’une longue enquête sur la police parisienne. Il montre comment, de 1947 à 1958, la préfecture de police, en réponse à ce qu’elle perçoit comme le « problème nord africain (...)

  • La mémoire sélective de Valérie Boyer

    Réflexions sur une instrumentalisation

    par Khaled Sid Mohand 30 juin 2020

    À l’heure où fait rage la guerre des mémoires, à l’heure aussi où la droite vacille à Marseille, à l’heure enfin où la France rayonne plus que jamais grâce aux génies littéraires que sont Eric Zemmour, Alain Finkielkraut, Michel Onfray ou Renaud Camus, un hommage s’impose à une personnalité politique qui ne ménage pas ses efforts pour apporter sa pierre à l’édifice de « l’exception française ». La députée de la huitième circonscription des Bouches-du-Rhône n’a jamais manqué l’occasion d’invoquer la grandeur de la (...)

  • Déboulonnage civique

    Réflexions sur la guerre des statues

    par Pierre Tevanian 21 juin 2020

    « Cachez cette statue que je ne saurais voir » : tel est le titre, odieux, nous y viendrons, d’un éditorial de Laurent Joffrin, directeur de Libération, consacré à la « controverse iconoclaste » qui secoue actuellement le monde entier : faut-il conserver ou « déboulonner » les statues ou les noms de rue glorifiant d’anciens esclavagistes ou d’anciens massacreurs, coloniaux notamment ? Si nous avons choisi d’en proposer une lecture critique, c’est qu’il condense de manière à peu près exhaustive l’ensemble (...)

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