Accueil > Études de cas > Politiques de la mémoire

Politiques de la mémoire

Dernier ajout : 7 juin.

Tous les articles de cette rubrique

  • « Sans nommer la cage, comment dire l’envol ? »

    Réflexions autour d’Hélène après la chute, de Simon Abkarian

    par Pierre Tevanian 7 juin 2024

    Ce qu’on nomme au théâtre « l’argument » est simple et bien connu : la tristement célèbre Guerre de Troie s’est achevée, Hélène « revient » auprès de son mari Ménélas, qu’elle avait quittée pour Pâris. Le mari humilié a tué son rival et retrouvé un semblant de ce que l’on nomme l’« honneur » et qui fait couler le sang. De son épouse surtout il a repris possession. Retenue dans sa prison dorée – décor minimal mais magnifique, qui ne bougera pas, deux heures durant – l’épouse infidèle affronte (…)

  • Trop de mémoire ou trop peu ?

    Quelques réflexions sur un 24 avril de plus

    par Pierre Tevanian 24 avril 2024

    Pour ce 24 avril, nous republions quelques réflexions parues ici-même il y a quatre ans, inspirées par un questionnement de Yériché Gorizian, du mouvement Charjoum – dans des termes crus, qui ont pu sembler excessifs à certains mais me paraissent justes sur le fond, et demeurent hélas, plus que jamais, appropriés à la situation actuelle des Arméniens, en Artsakh notamment, mais pas seulement. Ce questionnement, le voici : « Comment pouvons-nous commémorer une politique d’extermination qui a (…)

  • Admettre le meurtre, nier le crime

    Le génocide des Arméniens et sa négation dans les mémoires des Jeunes-Turcs unionistes

    par Duygu Tasalp 24 avril 2024

    Il y a aujourd’hui cent-neuf ans, le 24 avril 1915, le ministre de l’intérieur ottoman Talât Pacha ordonne l’arrestation des intellectuels ou notables arméniens à Constantinople : ecclésiastiques, médecins, éditeurs, journalistes, avocats, enseignants, hommes politiques, ce sont plus de 2000 personnes qui sont arrêtées en quelques jours, avant d’être déportées puis massacrées. Ces journées marquent le déclenchement officiel d’un génocide planifié et initié plusieurs semaines plus tôt par le (…)

  • De l’héroïsme et de sa déconstruction

    Pour en finir avec la raison d’État mémorielle

    par Pierre Tevanian 21 février 2024

    De la panthéonisation de Missak Manouchian, il y a maintes raisons de se réjouir. Cela n’interdit toutefois aucunement de voir et penser les FTP-MOI, la Résistance et l’émancipation humaine au-delà de l’individu Manouchian, ni de déconstruire le principe-même du Panthéon et de la panthéonisation, ni de crier haut et fort la tartufferie et la duplicité des panthéoniseurs qui convoquent les icônes du cosmopolitisme, de l’internationalisme et de l’antifascisme au moment même où ils endossent, (…)

  • Manouchian n’est pas un héros de « roman national »

    Quelques réflexions sur la campagne pour l’entrée de Missak Manouchian au Panthéon

    par Pierre Tevanian 21 février 2024

    « Missak Manouchian, à quand la patrie reconnaissante ? ». Tel est le titre d’un appel lancé, en deux temps, dans le quotidien Libération, en janvier et février 2022. Un appel entendu au sommet de l’État puisque le président Macron va l’annoncer ce dimanche 18 juin 2023 : Missak et Mélinée Manouchian seront panthéonisés. Le texte qui suit réagit à cette initiative, qui soulève une vraie question : celle de la « reconnaissance » d’un homme, et autour de lui d’un groupe, et d’une histoire (…)

  • Pour Missak, Mélinée, les Dix, les Vingt-Trois et les autres

    Éléments de bibliographie pour un hommage mérité (Première Partie)

    par Pierre Tevanian 15 février 2024

    Construit en deux parties, le texte qui suit poursuit une réflexion entamée il y a deux ans, lorsqu’a été annoncé le projet de panthéonisation de Missak et Mélinée Manouchian. Un premier texte, rédigé à chaud, soulignait les manipulations historiques et politiques que laissaient craindre les premiers plaidoyers publics pour ladite panthéonisation. Les lignes qui suivent insistent sur les effets positifs que produit immanquablement, en dépit toutes les filouteries opportunistes qui se donnent (…)

  • Les images de manifestants mettant à terre une statue du marchand d’esclaves Edward Colston au Royaume-Uni ou celles de la grue soulevant de leur piédestal le général confédéré Robert E.Lee et son cheval aux États-Unis ont fait le tour du monde, défrayé la chronique et excité les paniques morales. À rebours desdites paniques morales, nous avons nous même observé avec bienveillance les mouvements sociaux dénigrés souvent sous le nom de cancel culture, en soulignant la légitimité et même la (…)

  • Sociogenèse d’un crime d’état

    17 octobre 1961 : chèque en blanc à Maurice Papon

    par Emmanuel Blanchard 16 octobre 2023

    À l’occasion du soixantième deuxième anniversaire du crime d’octobre 1961, nous publions un texte extrait du livre d’Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens (1944-1962). Alors que la possibilité de manifester devient, dans la France d’Emmanuel Macron et de Gérald Darmanin, de moins en moins évidente, nous invitons chacun-e à se rendre sur le Pont Saint-Michel le 17 octobre 2023 à partir de 18h, afin de rendre hommage à la mémoire de tous les Algérien-ne-s victimes des (…)

  • « Replacer les disparus parmi les vivants »

    C’était un samedi, au Théâtre du soleil du 9 au 30 septembre

    par Irène Bonnaud 3 septembre 2023

    Du 9 au 30 septembre, le Théâtre du soleil accueille, pour le spectacle C’était un samedi, le KET, un très important lieu de création artistique et de résistance politique fondé et animé par Dimitris Alexakis et Fotini Banou à Athènes. C’est au KET qu’a été monté ce spectacle consacré à l’histoire et à la déportation de la communauté romaniote de Ioannina, l’une des plus anciennes communautés juives d’Europe : « Conçue et mise en scène par la traductrice et metteure en scène Irène Bonnaud, (…)

  • Des limites et mérites de la comparaison

    Pour en finir avec la raison d’État mémorielle (Cinquième partie)

    par Pierre Tevanian 30 août 2023

    « En finir avec la raison d’État mémorielle » : tel est l’objectif que se fixe le texte qui suit, initialement paru en conclusion du livre de Pierre Tevanian, Politiques de la mémoire, publié aux Éditions Amsterdam. En guise de feuilleton de fin d’été, et en écho à la frustrante et questionnante « panthéonisation » de Missak Manouchian, sur lequel cet été s’est ouvert, nous republions ces réflexions en six parties.
    Partie précédente : Pour une écologie politique des lieux de mémoire (…)